Cri d’Europe: tout sauf la réelection de Barack Obama!

Publié le 13 Août 2012

Un soupçon paranoïaque en 2008 devient raisonnable en 2012: l’indifférence envers l’Europe de Barack Obama est-elle de nature ethno-culturelle?

Par Exutoire L-A Matilian

2012, quatre ans que Barack Obama dirige les États-Unis, volens nolens le Congrès. En politique internationale, dans le peu d’initiatives prises -rarement prix Nobel de la Paix fut autant usurpé- , il faut constater la disparition à l’agenda du volet “Europe”. Ce n’est pourtant pas les occasions de coopérer qui ont manqué: est-ce alors (1) qu’un homme ET noir ET de père kenyan ET mère tiers-mondiste ET grandi en Indonésie puis à Hawaï  ne dispose pas de l’affectif nécessaire pour préserver une relation pluriseculaire?

Cette semaine un nouvel épisode du désengagement américain en Europe a eu lieu: l’abandon complet du projet de défense anti-missiles en Pologne (2). Avec l’indifférence vis-à-vis de la Géorgie, choyée par son prédécesseur, le désengagement de Bosnie comme du Kosovo -problèmes loin d’être réglés- et un rapport (3) dénonçant les pratiques “islamophobes” des laïcités européennes, les Europeens déchantent. Ils étaient pourtant 70% à le plébisciter pour sa campagne de 2008… Cruelle hypnose d’électeurs immatures. (Je ne me sens pas concerné ayant été en 2008 contre l'élection d'Obama. Je l'écrivais sur ce blog et on peut y retrouver mes articles. ndlr Gérard Brazon)

Si le réalignement stratégique des USA vers le Pacifique est dans l’ordre des choses, avec la montée des tensions en Asie (Mer de Chine, Birmanie, Indonésie), le manque d’égards pour les partenaires européens est criant: la Pologne a appris sans préavis, par Wikileaks, la décision américaine, et ce alors que la Russie donne des signes de raidissement (voir la revendication d’une attaque de la Géorgie préparée, et non en suite à l’intervention de Saakashvili en Ossétie (4)). Pologne, fidèle allié en Irak comme en Afghanistan, la leçon est rude à Varsovie, qui désespérée demande un projet de remplacement à Allemagne et France tout en soutenant ouvertement Mitt Romney (5).

La gestion de la crise financière est le deuxième volet illustrant la déchirure transatlantique. Dans un premier temps, George W.Bush a apporté son maigre soutien à l’initiative de Sarkozy de l’automne 2007, stoppant l’hémorragie. Mais par la suite, impossible de dissuader les américains d’exporter la crise en Europe: en choisissant la planche à billets, l’Euro s’est trouvé sous pression alors même que les entreprises de la zone suffoquaient sous la hausse des taux d’emprunt liée à la crise de confiance interbancaire. Le président Obama, chéri des européens, a ainsi plongé l’Europe dans une crise économique puis politique, car celle-ci dispose d’institutions trop faibles, mal coordonnées et au final des nations peu solidaires au moment de vérité.

Ce scénario n’était pas inconnu d’Obama: Stiglitz et les économistes anglo-saxons n’ont cessé de l’évoquer depuis la création de l’Euro (6).
Cette indifférence a-t-elle été compensée par un activisme vis-à-vis du dumping des pays émergents, singulièrement la Chine? Le président américain n’a pas osé tenter le bras de fer: les USA ne disposent-ils pas des armes suffisantes (monnaie, protectionnisme) pour y faire face? Laissons donc l’Europe à son sort!
Même lors des sommets sur le réchauffement climatique Obama nous a plantés, ouvrant massivement la voie aux gaz de schiste.

Le scénario eut-il été différent si un président blanc avait été élu? Ici, gare aux égarements: les USA ont toujours défendu leur intérêt sans tergiverser. Mais l’Alliance des Démocraties (7) proposée par le challenger John McCain aux Européens montrait chez cet homme un intérêt stratégique pour les alliés “naturels” des Américains. On peut laisser tout le bénéfice du doute à Barack Obama, il n’empêche qu’il ne nous considère plus comme ses alliés “naturels”. Et que veut dire “naturel” sinon partageant une solidarité ethno-culturelle? Je ne dis pas une solidarité des valeurs à dessein: si les “valeurs” primaient dans l’alliance euro-américaine, alors la ségrégation raciale, l’initiale réticence à la création d’Israël, la forte religiosité, la peine de mort, la démocratie indirecte, la légalité de l’intervention en Irak et tant d’autres auraient condamné notre alliance.
C’est que celle-ci repose sur notre ressemblance, culturelle comme ethnique, et ce critère est aussi sulfureux que déterminant.

(1) les “ET” s’ajoutent, car aucun facteur seul ne peut être tenu pour déterminant, notemment le facteur racial: un noir de Louisiane a sûrement plus d’accointances avec l’Europe qu’un blanc de californie; désormais, 20¨% des Américains se déclarent d’origine américaine, signe que l’éloignement de l’Europe dépasse la personne de Barack Obama.

(2) La Pologne a appris le désengagement américain par… Wikileaks! How Obama lost Poland FP 30/07 ; Poland calls “mistake” cooperation with US over missile defense 04/08

(3) US hits out at Europe, Egypt over religious freedoms; nous comparer à l’Egypte, où les chrétiens sont harcelés, violés, leurs églises incendiées, il fallait oser. Parole de Sikh.

(4) Ex-adviser to Putin , Ilarionov says order to attack Georgia was given on August 4th (Soit 4 jours avant le début de la guerre)

(5) Poland wants to build missile defense system with France, Germany Ria 11/08; Poland welcomes Romney’s visit, WSJ 21/07

(6) La Grande Désillusion, 2002.

(7) John McCain’s League of Democracies

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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yves IMBERT 14/08/2012 00:43


Depuis 1945 les US donne des coups de couteau dans le dos de la France , indo, algérie , islamisation avec le bama cela a été le point cuminant


Cet a pour seuleidu indiv qualité d'être à demi noir c'est  un adversaire de la culture occidentale et donc chrétienne, il a réussi a être pire que bush fils