Curieuse campagne électorale aux USA. Par Charles Gave

Publié le 25 Septembre 2012

Par Charles Gave

Je suis aux USA depuis un mois et je voudrais rendre compte aux lecteurs de mes impressions.La première chose qui me frappe est un total sentiment de déconnection entre les sondages et les réalités économique et géopolitique.

Réalité économique.

L’économie US ne va pas bien et la preuve en est que la Reserve Fédérale se croit obligée de prendre des mesures sans précédents pour essayer d’améliorer la situation. L’excuse présentée par l’administration sortante est bien sur que la situation laissée par Bush était catastrophique.

Certes, certes, mais c’était il y a quatre ans et toutes les mesures prises pour enrayer la crise financière (avec succès) furent prises par l’administration du précédent Président, laissant Mr. Obama prendre les mesures qui devaient relancer la croissance et ramener le taux de chômage à moins de 5.5 % au moment de l’élection Présidentielles en 2012 (d’après les prédictions du Président élu).

Quatre mille milliards de dollars  ont été dépensé depuis, avec les brillants résultats que chacun connait : la reprise a été la plus faible depuis 1945, le taux de participation (emplois divisé par population active) est au plus bas depuis 1981 tandis que le chômage reste supérieur a 8 % et  que les rentrées fiscales sont au même niveau qu’en 2007, ce qui amène déficits budgétaires et dettes a des niveaux incroyables.  Mr. Obama a fait exploser la dette fédérale plus que TOUS les Présidents Américains réunis depuis le début de la République…

On ne peut donc que constater  (une fois de plus) l’échec total de ces relances Keynésiennes qui ont échoué toujours et partout…

Réalité géopolitique.

Dans son discours au Caire le Président Obama avait annoncé que les problèmes du moyen Orient venaient en grande partie de l’action des autorités US qui auraient « manqué de respect » vis  a vis des Musulmans et favorisé les dictatures locales au détriment de la Démocratie. Trois ans après ce remarquable diagnostique, le Moyen Orient est à feu et à sang, un ambassadeur Américain  a été assassiné avec trois autres diplomates  et le sport local consiste à bruler la bannière étoilée un peu partout.

Monsieur Obama pensait que pour se réconcilier avec les Arabes, il fallait se fâcher avec Israël, ce qu’il a fait avec beaucoup de talent… Voila qui accroit d’autant la probabilité d’une frappe d’Israël sur l’Iran avant que ce pays n’atteigne le seuil nucléaire,  tant le fait de se sentir coupé de son principal allié peut amener ce petit pays à  prendre des décisions dangereuses.

Face a ce qu’il faut bien appeler une série de désastres tant sur le plan économique que géopolitique, on aurait pu s’attendre  a ce que les sondages enregistrent un effondrement de la popularité du Président sortant. En fait, il n’en est rien du tout. Les sondages restent imperturbables et rien ne semble bouger. Un peu ahuri de cette extraordinaire stabilité, j’ai décidé d’aller  essayer de comprendre comment ces sondages étaient fabriqués. Je commence par la photographie du corps électoral telle qu’elle est bien connue des spécialistes

Le corps électoral se divise entre 35.4 % de «  Républicains » (inscrits comme tels), 34 % de Démocrates (Inscrits comme tels) et de 30 .5 % « d’indépendants » inscrit ni dans un parti ni dans l’autre et pouvant voter l’un ou l’autre au gré de leurs préférences.

D’après les sondages, 97 % des électeurs inscrits comme Républicains voteront Romney et 98 % des électeurs inscrits comme Démocrates voteront Obama.

Voila une égalité quasiment parfaite, ce qui veut dire qu’une fois de plus les résultats dépendront des indécis. J’ai donc été voir comment les sondages étaient faits dans le détail et quelle ne fut pas ma surprise au vu des résultats.

Les échantillons retenus par les grandes sociétés de sondage aux USA comprennent sur un échantillon de 1300 personnes en général 51 % de Démocrates, 44 % de Républicains et le reste d’indépendants.

La surreprésentation  des Démocrates, et la sous représentation des indépendants dans les sondages expliquent a elles seules les bons résultats du Président sortant. Si l’on corrige  en appliquant les pourcentages officiels entre les trois catégories de votants, Monsieur Romney mène de plus de 7 points à peu prés partout aux USA

Je n’ai pas la moindre compétence dans l’art des sondages et apparemment toutes les sociétés de sondage pratiquent le même genre de corrections statistiques, ils doivent donc savoir quelque chose que je ne sais pas, mais j’ai trouve cela assez… étrange

Les Américains en moyenne ont l’air de juger leur Président sortant incapable. Les sondages disent le contraire. Nous verrons bien le résultat des élections…

Mais avant de clore cet article, je voudrais faire part d’une dernière impression : Jamais je n’ai vu les grands media de la côte ouest ou de la côte est aussi acharnés a détruire un homme autant que je l’ai vu pour Mitt Romney, présenté comme un monstre froid, égoïste et détestant les « pauvres »

L’homme  est en fait plus qu’honorable.

  • Il a créé l’une des sociétés de capital risque qui a le mieux marché dans l’histoire des affaires depuis trente ans (Staples et l’une de leurs créations).
  • Ayant vendu ses parts, il devient gouverneur du Massachussetts qu’il fait passer d’un deficit budgétaire a un surplus tout en aidant  a la création de plus d’emplois  que la quasi totalité des Etas adjacents. Pendant toute cette période, il se sert un salaire de…1$  par an. Bien peu pour un homme que seul l’argent intéresse
  • Appelé au secours pour reprendre en mains les jeux olympiques d’hiver qui s’enfonçaient dans la désorganisation, il redresse la situation en 6 semaines et verse les 1. 6 millions de dollars qu’il a touché à des « charités »
  • Dans les deux dernières années, il  a payé $ 5 millions en impôts (13 % de ses revenus, ce qui est parfaitement en accord avec la moyenne des gens très riches aux USA) mais il a donné $ 7 millions  a diverses charités, ce que personne ne le forçait a faire.

Bon père (cinq fils), bon mari, remarquable homme d’affaires, gérant intègre des deniers publics quand il était au pouvoir, que voila un candidat idéal

L’ennui c’est que tout son discours et toute sa vie sont une illustration de ce qui fait la force des USA, et que ce discours est haï à un point incroyable par tous les « oints du Seigneur » des universités, des media et des milieux syndiqués  et  donc par tous les membres de ce qu’il faut bien appeler une cléricature qui vit noblement aux dépens des ceux qui travaillent en prenant des risques.

Combien de lecteurs Français savent ils que les fonctionnaires aux USA sont payés 70 % de plus a compétence égale  avec de bien meilleurs avantages sociaux que les pauvres gars qui travaillent dans le secteur privé ?

Nous avons donc une élection entre le Tiers Etat, représenté par monsieur Romney et le clergé étatique, représenté par monsieur ObamaEst-ce pour cela que les membres de la clericature essaient d’influencer les résultats des élections en faisant croire que monsieur Romney n’a aucune chance ?

Peut être. Apres tout une semaine avant l’élection de Reagan, les sondages donnaient Carter vainqueur.

Plus que 6 semaines  à attendre…

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

LMarie-claire Muller 25/09/2012 17:06


Hussein O est l'antithése de Mitt Romney,il a triché sur son passé pour se faire élire il est pro islam et antisémite,il est idôlatrer par les médias de gauche aux States et en France.Mitt Romney
est capable,honnête,et ami d'Israël,il représente ce qui a de la valeur dans un Pays et dénonce la corruption (celle de l'argent et des idées)