Dans les ministères, la course aux 400 postes-clés du nouveau pouvoir

Publié le 23 Mai 2012

David Revault d'Allonnes

Quinze jours en mai (12)Hauts fonctionnaires expérimentés, spécialistes de la communication politique, conseillers techniques juniors : le "mercato" gouvernemental bat son plein, avec plus de quatre cents postes à pourvoir. "Ces derniers jours, tout le monde a nommé dans tous les sens", commente un proche d'un des poids lourds du gouvernement, pour qui les cabinets sont "des PME qui se montent en quinze jours".

Toute cette semaine, les recrutements vont se poursuivre. A grande vitesse. Entretiens d'embauche, recommandations, réseaux personnels... "On challenge nos CV", glisse un ministre, qui, comme ses collègues, en épluche par douzaines. ENA, Cour des comptes et Conseil d'Etat : les réseaux traditionnels de la haute fonction publique comptent, bien sûr. Mais aussi ceux, plus politiques, des anciens des cabinets du gouvernement de Lionel Jospin, de retour en force.

"Après, on fait ses choix en fonction de ceux qu'on connaît ou de ce qu'on entend", ajoute un autre ministre. Plus de temps à perdre. D'ailleurs Matignon, comme l'Elysée, a déjà attiré les meilleurs.A Matignon Jean-Marc Ayrault, qui a bénéficié de quarante-huit heures d'avance pour constituer son équipe, est le plus avancé. Son cabinet sera dirigé par Christophe Chantepy, 52 ans, énarque, centralien et conseiller d'Etat, ancien directeur de cabinet de Ségolène Royal à l'enseignement scolaire, puis pendant la campagne présidentielle de 2007.

Chef de cabinet de la candidate socialiste en 2007, Camille Putois, ancienne chef du bureau des élections au ministère de l'intérieur, a été nommée directrice adjoint du cabinet en charge des affaires régaliennes. Une autre directrice adjointe, Odile Renaud-Basso, 44 ans, ancienne chef de cabinet adjoint d'Herman Van Rompuy à la présidence du Conseil européen, y suivra les dossiers économiques et sociaux.

Premier conseiller du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Jean-Pierre Guérin, 47 ans, sera le chef de cabinet de Jean-Marc Ayrault. Ex-directeur de cabinet adjoint de M. Hollande rue de Solférino et ancien secrétaire général du groupe PS à l'Assemblée, Olivier Faure officiera comme "conseiller spécial" du premier ministre.

La filière parlementaire a du bon : autre collaborateur de M. Ayrault au Palais Bourbon à le rejoindre à Matignon, au poste de conseiller pour les élus et le Parlement, Thierry Lamaire. Le conseiller social du Premier ministre sera Christophe Devys, ex-conseiller technique de Lionel Jospin à Matignon. Sonconseiller institutions Jean-Philippe Thiellay, énarque et conseiller d'Etat, ancien du cabinet de Martine Aubry. Et son conseiller diplomatique Laurent Pic. Par ailleurs,Rodolphe Gintz s'occupera des comptes publics et Jean-Paul de Gaudemar, ex-recteur de l'académie d'Aix-Marseille, de l'éducation.

Au Quai d'Orsay Le directeur de cabinet de Laurent Fabius, Denis Pietton, fut le directeur adjoint du cabinet d'Hubert Védrine. En un mois, il aura par ailleurs occupé trois postes successifs : ambassadeur de France au Liban, directeur du département Afrique du Nord-Moyen Orient (ANMO), et directeur de cabinet de M. Fabius, donc.

Rue de Grenelle Vincent Peillon met en avant un cabinet de "connaisseurs". Sonconseiller spécial Jean-Paul Delahaye et son directeur adjoint de cabinet, l'inspecteur des finances Alexandre Siné, ont planché tout l'hiver avec lui sur le programme éducatif de François Hollande.

Inspecteur général de l'éducation nationale, M. Delahaye, ancien conseiller du ministre Jack Lang, a connu tous les grades du système. Moins connu rue de Grenelle et plus jeune, Alexandre Siné, inspecteur des finances et normalien, est un bon connaisseur de Bercy, mais aussi de l'assemblée puisqu'il y a travaillé deux pour le groupe parlementaire dirigé par Jean-Marc Ayrault.

Ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Chevènement, Pierre-Yves Duwoye, nommé directeur de cabinet, connaît l'éducation nationale sur le bout des doigts pour y avoir effectué une bonne partie de sa carrière. Mais il est aussi de la promotion Voltaire à l'ENA. Celle de François Hollande. 

Place Vendôme Christian Vigouroux, conseiller d'Etat nommé directeur du cabinet de la ministre de la justice, connaît parfaitement la place Vendôme, il a notamment été l'influent directeur de cabinet d'Elisabeth Guigou après avoir été celui du ministre de l'intérieur. Son adjoint est Jean-François Beynel, président du tribunal de grande instance de Mulhouse depuis 2010, ex-conseiller technique chargé de la politique pénitentiaire au cabinet de Mme Guigou et adjoint au directeur de l'administration pénitentiaire.

A Bercy Pierre Moscovici a choisi pour directeur de cabinet Rémy Rioux, normalien et énarque, fils de l'historien Jean-Pierre Rioux, conseiller à la cour des comptes et ancien conseiller au cabinet de Daniel Vaillant à l'intérieur. Il a également recruté, comme directeur adjoint de son cabinet, Alexis Kohler, sous-directeur au Trésor ; et, au poste de responsable de sa cellule diplomatique,Pascal Brice, ex-conseiller d'Hubert Védrine.

A ses côtés, le nouveau ministre du redressement productif Arnaud Montebourg a fait le choix, pour diriger son cabinet, de la plume de Laurent Fabius, noniste convaincu : Stéphane Israël, un normalien de 41 ans, conseiller à la Cour des comptes puis de Louis Gallois à EADS.

Le "conseiller spécial" de M. Montebourg sera Christophe Bejach, membre du directoire de la compagnie financière Saint Honoré. Aux yeux de celui qui pendant la primaire entendait "mettre la finance au pas", ce spécialiste présente un avantage : "Il saura parfaitement nous en décrire les dangers et perversions".

Aux affaires sociales et au travail Au ministère des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine a opté pour un préfet, Jean-Luc Névache, comme directeur de cabinet. Il avait quitté en 2011 la préfecture de Haute-Corse pourdevenir délégué interministériel à la sécurité routière. Il sera secondé par une nouvelle venue du cabinet du président du Sénat Jean-Pierre Bel, Aurélie Lorrain-Itty.

Michel Sapin, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, a à l'inverse choisi un grand habitué des cabinets ministériels de gauche : son directeur de cabinet Gilles Gateau est passé par le cabinet deMartine Aubry au ministère du travail, puis fut le conseiller emploi de Lionel Jospin à Matignon, avant de gagner la direction des ressources humaines d'EDF. 

Place Beauvau Le jour de la passation de pouvoir, jeudi 17 mai, Manuel Valls est arrivé en retard, mais déjà accompagné par deux préfets. L'un, son nouveau directeur de cabinet, faisait partie des préfets de confiance sur lesquels la gauche pouvait compter. Jean Daubigny, 64 ans, ancien membre du cabinet de François Mitterrand à l'Elysée, était jusqu'ici préfet de la région Pays de la Loire.

L'autre, son nouveau directeur-adjoint, a un profil plus inhabituel. Renaud Vedel, quadragénaire, brillant énarque, est, depuis 2002, l'homme de confiance du préfet de police, Michel Gaudin - souvent considéré comme un proche du président sortant. Un troisième homme constitue une pièce maîtresse du dispositif, le nouveau conseiller politique Yves Colmou, 57 ans, ancien des cabinets Rocard, puis Vaillant et ex-directeur de campagne adjoint de Lionel Jospin en 2002.

A la Défense, c'est l'arrivée de Jean-Claude Mallet comme conseiller spécial du ministre Jean-Yves Le Drian, qui a été remarquée. Ce normalien etconseiller d'Etat de 57 ans, ancien secrétaire général de la défense nationale, avait piloté la rédaction du livre blanc de 2008, la feuille de route stratégique du pays. Philippe-Xavier Bonnefoy, cadre du PS proche de M. Hollande, devient conseillerpolitique et parlementaire de M. Le Drian.

David Revault d'Allonnes,

avec la rédaction Le Monde

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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BobbyFR94 24/05/2012 21:41


Dans mes préconisations concernant les salaires, il y a ceci :


 


"Les salaires des politiques seraient plafonnées à 3000€ maximum, nous verrons qui veut toujours servir la France...


Idem pour les retraites, mêmes "avantages" que la retraite de base, et, bien-sûr, même nombre d'annuités...


--------


 


Extrait de la mise à jour de la déclaration des droits de l'homme & du citoyen - celle que M ROBESPIERRE a écrite et lue devant les Jaconbins le 21 avril 1793, et adoptée de suite par ces
derniers :


 


ART. 14. Le peuple est le souverain ; le gouvernement est son ouvrage et sa propriété ; les fonctionnaires publics sont ses commis. Le peuple, dès lors que
des élus ne remplissent pas ou plus la mission qui est la leur, soit en prenant des décisions contraires à l'intérêt du peuple, soit en en prenant allant uniquement dans leur intérêt propre et
particulier, ou en ne consultant pas le peuple par référendum sur une loi ayant des conséquences contraires aux intérêts et/ou à la volonté du peuple, est automatiquement en droit d' exiger une
explication publique sur les actions du gouvernement et de leur demander des comptes.


 


ART. 14.1. En fonction de la gravité des faits reprochés, de leur conséquences avérées, la justice du pays ou le peuple peut immédiatement mettre fin aux
mandats des accusés, procéder à leur remplacement dans les conditions prévues par la loi dans ce type de situation, et parallèlement, les juger et  les condamner pour haute
trahison envers le peuple


...


ART. 21. Tous les citoyens sont admissibles à toutes les fonctions publiques, sans aucune autre distinction que celle des qualités physiques, morales et
intellectuelles, sans aucun autre titre que la confiance du peuple.


 


ART. 21.1 Les citoyens admissibles doivent être citoyens de nationalité française selon les lois en vigueur au moment de leur dépôt de candidature à une
fonction publique ; aucun étranger résident légal ne peut occuper de fonction publique à responsabilité ; ce niveau de responsabilité est déterminé par la loi de l'état français


...


ART. 29. Lorsque le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits, le
plus indispensable des devoirs et la première des libertés


 


ART.29.1 Si le gouvernement n'est plus en mesure de garantir la sécurité, la sureté, les droits & libertés du peuple, d'une portion du peuple, fut-elle
composée d'un seul individu, sur l'ensemble du territoire, alors le peuple, ou cette même portion du peuple, fut-elle composée d'un seul individu, est en droit de se défendre contre tout
agresseur, ou bande d'agresseurs par tout moyen en sa possession, hors les cas fixés par la loi, et nulle charge ne peut être retenue contre le ou les agressés, car le ou les agresseurs, en
agissant de manière illégitime et en violation de la présente déclaration, sont devenus des ennemis du peuple en vertu de l'article 28 


 


ART. 29.2 Si l'incapacité du gouvernement à ne plus pouvoir garantir la sécurité, la sureté, les droits & libertés du peuple, ou portion du peuple,
fut-elle composée d'un seul individu, a pour origine les causes indiquées dans l'article 14 et suivants, alors le peuple se voit de facto transféré les pleins pouvoirs de la justice, et peut
prendre toute décision pour garantir la sécurité, la sureté, les droits & libertés pour lui-même, ou pour une portion de lui-même, contre tout ennemi des droits & libertés énoncés dans la
présente déclaration ; il acquiert en tout premier lieu le droit de destituer, de juger et de condamner tout membre du gouvernement responsable de l'incapacité telle qu'explicité dans les
articles 14 et suivants. 


 


L'article 30 est applicable de droit, et aucune poursuite ne saurait être engagé, ni la légitime défense non retenue, si la conséquence du défaut de garantie
de sécurité est la mort d 'un ou de plusieurs agresseurs ; ceci n'empêche pas les enquêtes judiciaires d'usage telles que prévues par le code pénal du pays, mais le citoyen, en l'absence
d'éléments infirmant la légitime défense ne pourra être mis en prison pour ce seul motif.