Israël: Une véritable démocratie en guerre. A soutenir en priorité.

Publié le 20 Octobre 2010

          Lu dans le POINT.

         

La volonté d'un homosexuel de vivre en femme en Israël. Les bonnes âmes de France ne diront rien. Elles ne souligneront pas la valeur de la société israélienne qui accepte la liberté sexuelle de ses citoyens. Sans importance pour ces biens pensants qui n'observent en Israël uniquement ce qui ne va pas.

         La démocratie israélienne est saine! Elle est forte et pourrait avoir la prétention de donner des leçons de démocratie à tous ses voisins prisonniers de dictatures, quelles soient religieuses ou militaires, qui pendent leurs homosexuels ou les mettent en prison à vie. La religion étant le prétexte à ces attitudes barbares d'un autre âge.

         Quand on constate la proportionnelle intégrale en Israël, on se demande comment la France peut encore donner des leçons de démocratie alors qu'il y a un débat au Sénat sur le relèvement du seuil de 10% à 12,5% pour pouvoir se présenter au deuxième tour aux futures régionales de 2014. Savoir que ce sont les députés UMP qui font cette demande me choque profondément même si l'excuse est de lutter contre la montée du Front Nationale. 

         Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on baisse la température. Le risque majeur est de convaincre définitivement les électeurs, que la démocratie est captive. De donner raison au FN. Que notre démocratie ne peut s'exprimer uniquement que dans l'intérêt d'un ou de deux partis politiques au pouvoir à un moment donné. Le moins que l'on puisse dire est que c'est dangereux pour l'avenir.

          Israël souffre de l'inverse, de trop de démocratie et ferait bien d'appliquer un seuil. Dans tous les cas, je ne lui donnerai sûrement pas des leçons.

Gérard Brazon.

 

 

 

 

Julia, la drag-queen israélienne qui dérange l'ultraorthodoxie de Danièle Kriegel du POINT.

 

De notre correspondante à Jérusalem, Danièle Kriegel

Click here to find out more!
                Quand on la voit comme ça, sur scène, Julia, c'est une histoire banale. Celle d'une femme juive très religieuse, pas toute jeune et encore célibataire, dont l'objectif principal est de trouver un mari pour fonder une famille, avec le plus d'enfants possible. Sauf que Julia, elle est bien plus que cela : c'est la première "drag-queen" ultraorthodoxe juive connue et son spectacle agite en ce moment toute la presse israélienne.

              Derrière la femme très pratiquante, avec perruque de longs cheveux blonds, jupe jusqu'après les chevilles et chemise boutonnée jusqu'au cou afin de ne rien montrer de ses charmes, il y a Bar, un jeune gay qui a choisi de monter sur scène pour assumer son homosexualité et combattre les idées reçues. Dans une vie antérieure, Bar était un tout jeune homme totalement immergé dans le monde du judaïsme ultraorthodoxe : des études en école talmudique, dans le sud du paysJulia, la drag-queen israélienne qui dérange l'ultraorthodoxie, puis dans les établissements les plus renommés, à Bnei Brak, le faubourg ultrareligieux près de Tel-Aviv, et à Jérusalem, dans le "saint des saints", le quartier de Mea Sharim. Son quotidien est simple : prières, longue plongée dans les textes sacrés et fréquentation des grandes figures rabbiniques du moment, dont il a organisé conférences et séminaires.

 

L'homosexualité, "le péché suprême"

             Et puis il y a la vie d'aujourd'hui : celle d'un homme de trente ans qui a quitté la religion, mais pas Dieu et qui entend vivre pleinement son homosexualité. Le jour, c'est un designer de sites Internet, habillé de tee-shirts et de jeans. La nuit, sur scène il/elle est notre Julia. Tout sauf une victime ! Résolue conquérante, brute de décoffrage, Julia/Bar a un avis sur tout : les relations entre religieux et laïques, le couple, l'actualité politique... Et un sujet favori : l'homophobie, version Israël des années 2000.

Bar lave en public le linge sale de l'establishment ultraorthodoxe pour qui l'homosexualité reste "le péché suprême", celui qui mérite une seule punition : l'excommunication ! Et il en sait quelque chose, lui qui, du jour où il "est sorti du placard", s'est vu être jeté à la rue d'abord par sa mère, puis par ses anciens maîtres rabbins et amis. Crachats, insultes, mise à l'écart, interdiction de fréquenter la synagogue, il a tout connu. Pourtant, près de dix ans après, il ne regrette rien. Même pas d'avoir renoncé à se faire opérer pour devenir une femme. Grâce à Julia, il se conjugue au féminin quelques heures par jour, applaudi par un public acquis à son combat. Pour les juifs religieux, il est l'homme scandaleux, le pervers par excellence, celui qui n'a pas droit de cité !

Bar et Julia, Julia et Bar, deux personnes avec des désirs différents : Bar qui voudrait bien devenir papa et Julia, qui rêve d'être la star numéro un de la scène israélienne. Et pourquoi pas gagner l'Eurovision, comme Dana International, la chanteuse pop et transsexuelle israélienne qui, en 1998, avait emporté le concours, avec sa chanson Diva.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

Sarah 20/10/2010 12:14




Sarah 20/10/2010 12:08