DE CINCINATUS À HARLEM DÉSIR - par Luc Sommeyre

Publié le 26 Novembre 2012

de cincinatus à harlem désir

Par Luc Sommeyre

L’histoire de Lucius Quinctius Cincinnatus nous est rapportée par Tite-Live. Cincinnatus était un patricien paysan à qui une délégation de sénateurs vint demander de régner sur Rome quelques semaines, alors que la tribu des Èques assiégeait l’armée romaine, aux premiers temps de la République. Cincinnatus recruta tous les hommes en âge de porter les armes et infligea une sévère défaite aux Èques. Après avoir sauvé sa patrie, il retourna à la terre et à ses travaux des champs sans demander de récompense et sans tenter de conserver le pouvoir.

Cincinnatus (auquel les Américains assimilent George Washington – d’où le nom de la ville de Cincinnati) est l’exemple le plus respectable d’« Homme politique » de toute l’histoire de l’humanité.

Aujourd’hui, il n’est qu’à considérer l’image de nombre d’hommes politiques pour déplorer que les copies ressemblent si peu au modèle.

La politique

La Politique (en Grec : πολιτική – politikè)  est l’art de gérer les rapports entre les citoyens. Ce terme vient du mot πόλις  (polis = la cité) avec le suffixe -ικος (-ikos). En son sens fondamental, la politique consiste donc à coordonner des actes administratifs dans le but de réguler les relations entre les habitants de la « polis ».

Les partis politiques

Malheureusement, le drame vient du mot « Parti ». Un Parti (comme une partie) se dissocie de l’ensemble en ce qu’il ne concerne qu’une portion du tout : une vue parcellaire. Chacun pense détenir « la » vérité et tente à s’approprier la suprématie sur l’ensemble. Comme disait Nietzsche, « les convictions sont des ennemis de la vérité plus dangereux que les mensonges »Et encore ! S’il ne s’agissait que de convictions profondes et honnêtes… Voilà donc illustré le glissement de Cincinnatus à Harlem Désir ! Un long chemin, sans doute…

Les déviances

L’actualité illustre aujourd’hui à merveille cette dichotomie entre l’ardeur de certains à prétendre promouvoir le bien commun et leurs intérêts personnels. Intérêts strictement personnels s’entend, étroitement imbriqués dans la multitude d’alliances et de compromissions qui leurs servent d’étais. François Mauriac ne disait-il pas avec pertinence que « en politique, chacun est enfermé dans la matière de son parti » ? D’un bout à l’autre de l’échiquier, la bassesse des ténors fillonesques et autres chantres copéïstes au sein de l’UMP a atteint, voire dépassé, le burlesque de la désignation du candidat socialiste à la Présidence de la République. Rappelez-vous, ça n’est pas si lointain : rue de Solferino, le mot d’ordre fut alors confiné au plus petit dénominateur commun ! Ce qui a permis aux Français d’élire un président hollandais. Je suis persuadé que notre Président actuel est au fait de la pensée de Louis XI dit "Le Prudent" qui s’exprimait en ces termes : « en politique, il faut donner ce qu’on n’a pas et promettre ce qu’on ne peut pas donner. »

La chute

Abrutissant les citoyens honnêtes, c'est-à-dire l’immensité majorité des Français, par des concepts pervers dont la récursivité confère une légitimité de façade (Napoléon disait que « la répétition est la plus forte des figures de rhétorique »), la Pieuvre Mondialiste – serait-elle verte ? – inocule en goutte-à-goutte médiatique à notre Peuple un SIDA intellectuel qui le prive de toute défense immunitaire.

Le « bienpensance » et le « politiquement-correct » – les mots sont lâchés ! – aboutissent à cet ethnomasochisme pervers sublimé en sa forme aigue avant la catalepsie qu’est la repentance. Il ne nous reste plus qu’à tendre la gorge au couteau de l’égorgeur, déjà fort établi en nos murs, avec des complicités intérieures aussi nocives que méprisables.

Le sursaut ?

Pensez-vous que les Français puissent fonder leur espoir en tout cet attirail politicard pour faire valoir leur droit à la Vie et à la Renaissance après une longue maladie ? Combien de nos compatriotes, aujourd’hui, ne pensent-ils pas comme Ernest Hemingway que « chacun de mes contacts avec la politique m’a donné l’impression d’avoir bu dans un crachoir » ? Nombreux sont-ils, assurément !

Les Fédérations de l’UMP reçoivent chaque jour de multiples cartes coupées en deux, assorties parfois de messages peu amènes à l’endroit de leurs dirigeants. Et voilà ce parti, jadis bien structuré, qui s’est maintenant habillé d’une jupette ! Question de mode, me direz-vous.

Des amis m’ont affirmé qu’il en est de même au Parti Socialiste, car on peut être « de Gauche » ET lucide ! Moins qu’à l’UMP sans doute, car nombre d’entre ses adhérents se laissent bercer par l’illusion du pouvoir. Mais l’illusion est éphémère.

Le sursaut !

Nous assistons aujourd’hui au spectacle désolant d’une classe politique fatiguée, usée par les compromissions et les mensonges. Les apparatchiks ne songent qu’à une chose et une seule : s’assurer un fauteuil à Bruxelles ou caresser les cassettes municipales. Vous allez les voir, ces vautours, tournoyer dans le ciel de 2014 !

Voilà pourquoi les comités de vigilance de la république ont choisi résolument et avec détermination la voie apolitique. Quelles que soient les sensibilités propres aux individus qui les rejoignent.

De tout ce fatras vulgaire où nos édiles se vautrent avec une abjection répugnante, naîtra bientôt une grande Formation Nationale, à n’en pas douter. La lave gluante et sulfureuse du volcan précède toujours la naissance d’une terre fertile.

Mais aujourd’hui, trop c’est trop !

Nous considérons à juste titre notre Organisation comme un « caisson de décompression » ou une « aire de repos » où les Militants pourront se ressourcer et consacrer toute leur énergie à faire barrage aux avancées menaçantes de la subversion, d’où qu’elle vienne et quelle qu’elle soit.

Nous nous réclamons en conscience de l’esprit fondateur du comité de salut public.

Pour illustrer ce qu’est, pour nous, la « vraie politique », je citerai enfin mon Maître-à-penser, Aristote : « La politique a pour fin non pas la connaissance mais l’action » et cet admirable auteur russe qu’est Fiodor Dostoïevski : « La Politique, c’est l’amour de la Patrie, rien de plus ».

Luc SommeyrePrésident des CVR 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Yves IMBERT 26/11/2012 21:43


gloire à Cincinnatus et Aristote, maintenant on fait quoi ?