De la Berbérie à l’Algérie » de Jean-Pierre Duclos-Aprico (éditions Dualpha)

Publié le 19 Avril 2012

 Les Pieds-noirs n’ont rien à regretter, ils n’ont pas à se repentir, ils ont fait un pays là où il n’y avait rien !  » Entretien avec Jean-Pierre Duclos-Aprico

(propos recueillis par Pierre Cardinal)

 

2012 est l’année du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. Pourquoi revenir aux origines berbères du pays, désormais arabe par sa langue et sa culture ?

J’ai voulu aller au-delà des passions toujours présentes en plongeant le lecteur dans les faits historiques pour y chercher les enseignements du passé, et la vérité.

Gaston Boissier, historien du XIXe siècle, disait : « … pour savoir ce qu’un peuple pourra devenir, il faut d’abord connaître ce qu’il a été. »

Le pays des Berbères a toujours été sous domination étrangère, phénicienne, romaine, vandale, byzantine, arabe, turque, française.

C’est une réalité, les Berbères se sont le plus souvent moulés dans le mode de vie et les mœurs de leurs occupants, rien de ce qui a été réalisé dans le pays n’a été de leur fait.

Les Arabes leur ont volé leur langue et leur culture, et leur ont imposé leur foi.

Ils sont désormais retranchés dans leurs bastions de Kabylie, des Aurès, ou du Hoggar et Tassili (pour les plus purs et authentiques d’entre eux).

Il est de bon ton aujourd’hui, notamment à gauche, de vouloir faire acte de repentance pour avoir occupé pendant 130 ans un pays qui n’existait pas. Il m’est apparu nécessaire de faire savoir ce qui a été fait en Algérie par la masse des « petites gens » que la France est allée chercher sur les rives de la Méditerranée, petites gens qui ont apporté la force de leurs bras pour faire de ce pays inculte et inorganisé, ce pays moderne qu’ils ont laissé.

Les Pieds-noirs n’ont rien à regretter, ils n’ont pas à se repentir, ils ont fait un pays là où il n’y avait rien !

 

Voulez-vous dire que vous regrettez l’Algérie des Français ?

Je n’ai pas dit cela. Je regrette surtout que nous n’ayons pas su faire l’économie d’une guerre ! Je regrette surtout que les Pieds-noirs aient été poussés à partir ! Je regrette surtout qu’ils aient été aussi mal accueillis par les métropolitains qui, eux, n’ont rien « compris »

L’indépendance était inéluctable, inscrite depuis toujours dans les droits de l’homme.

Héritiers des conquérants de 1830, la France a entretenu les Pieds-noirs dans des droits qui résultaient de la conquête, dans le même temps elle enfermait l’indigène dans un statut de régnicole, régi par le code de l’indigénat. Elle n’a pas su pratiquer l’intégration, comme elle ne sait toujours pas le faire dans nos banlieues.

On semble avoir oublié qu’avant nous, il y avait un peuple, une culture, une histoire, on a voulu ne voir qu’un peuple vaincu.

Napoléon III n’a pas été entendu, Ferhat Abbas non plus, Albert Camus de même ! La révolution algérienne était dans la logique des choses.

La majorité  des Pieds-noirs ont payé, mais les quelques dizaines de colons qui, eux, avaient placé leurs avoirs en France ou à l’étranger depuis les années 50, ne sont pas rentrés avec une valise, ils ne font pas partie des rapatriés, et non plus des associations Pieds-noirs.

 

Pourquoi considérez-vous que l’Algérie n’est pas encore une nation ?

Parce qu’un pays qui a tué 250 000 des siens (auxquels on doit ajouter 50 000 disparus) depuis 1992 – sans négliger les 100 000 harkis en 1963, massacrés dans des conditions ignominieuses –, un pays intolérant où on détruit les églises, un pays dont les pères fondateurs juifs ont été expulsés en raison de leur judaïté, ne peut être considéré comme une nation.

Qu’est-ce qu’une nation ? C’est d’abord une unité linguistique, culturelle, économique. La Langue et la culture Berbères ont été capturées par les Arabes ; quant à l’économie, elle est entre les mains des caciques du Pouvoir.

L’Algérie est encore un état voyou, notamment vis-à-vis de son peuple.

 

 

De la Berbérie à l’Algérie. Des origines à Bouteflika. Un pays, un peuple, pas encore une nation, de Jean-Pierre Duclos-Aprico, éditions Dualpha, Collection « Vérités pour l’Histoire », dirigée par Philippe Randa, 422 pages, 35 euros.

Du même auteur, chez le même éditeur :

Touareg.Massacre à l’uranium (200 p. - 25 euros)

Peuple libre et fier, peuple miroir de notre nostalgie pour une vie de liberté, peuple porteur d’une part capitale de la mémoire de l’humanité, les Touareg – un million et demi d’hommes et de femmes repartis dans l’immensité d’un désert mor­celé par des frontières arbitraires – luttent pour leur survie et la sauvegarde de leur identité. Les lois du désert, pour y vivre, nécessitent une liberté et une maîtrise absolue de l’espace.

 

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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