De Lampedusa aux squats de Toulouse et de Paris - de la Dépêche au Figaro.

Publié le 31 Mai 2011

Ils seraient 60 Tunisiens à vivre en toute clandestinité dans les quartiers de Toulouse. Ne parlant pas français, cherchant du travail, ils dorment à la belle étoile dans les parcs depuis plus d'un mois. Chahid (1) a 35 ans. Les yeux lessivés, les joues mal rasées, il en parait au moins dix de plus. Quitter Sidi Bouzid en Tunisie n'a pas été simple. Là-bas, dans sa ville où un étudiant s'est immolé par le feu et a déclenché la révolution du jasmin, il n'avait pas grand chose. Ici, dans les rues des quartiers du Mirail, il n'a rien… Comme ses trois amis.

Ils seraient une soixantaine, 80 selon certains, à être arrivé de Tunisie à la suite de la révolution en passant par l'île de Lampedusa, en Italie. « C'était dur, très dur », raconte Saïf, 28 ans. Depuis un mois et demi, ils errent le soir venu dans les parcs, les rues. Ils y trouvent refuge, sans faire de bruit. « J'ai embarqué dans un bateau. A bord, nous étions 234 », raconte Kazem, 36 ans. Chahid se souvient qu'ils étaient 165. « La mer était très agitée. Il y avait beaucoup de vent… C'était horrible », confie succinctement Kazem. Lors de cette traversée, un de ces voyageurs de fortune a vu son frère tomber à la mer. Malgré ses pleurs, ses protestations, le barreur a refusé de faire demi-tour. « Pas le temps », lui a-t-il dit alors que son frère s'enfonçait dans les flots. Quand ils arrivent enfin à Lampedusa, au bout de plusieurs heures de traversée, ils ne tiennent plus. Ils dorment par terre sans couverture, mangent mal… « Nous avons obtenu un visa de six mois pour entrer dans l'espace de Schengen. Nous avons vite quitté l'île », raconte Chahid.

On n'en saura pas plus sur leur chemin pour arriver à Toulouse. « Ici, on pensait avoir du travail. Mais, il n'y a rien, rien », déplore Bilal, 36 ans. Ne parlant pas la langue, n'ayant pas de papiers, ils sont terrorisés à l'idée de se rendre à la préfecture ou au commissariat. Figure des quartiers du Mirail, Mourad Gherbi demande : « Que peut-on faire ? Il n'y a pas d'association pour les aider. A Paris, mais aussi à Marseille, les collectivités se sont bougées. A Toulouse, tout le monde ferme les yeux ».

Tout le monde ? Pas vraiment. Récemment, une association de quartier a laissé son local à ceux qu'on nomme « les enfants de Lampedusa ». « Ils ont pu se faire à manger durant trois semaines », confie un habitant du quartier. Il y a quelques jours, un jeune homme a traversé en dehors des clous. Il a écopé d'un PV de 30 € d'amende et n'a pas eu à présenter ses papiers.

(1) Les prénoms des Tunisiens ont été changés.


"La législation s'appliquera"

Contactée, hier, Françoise Souliman, secrétaire générale de la préfecture estime : « Suite aux événements récents de Vintimille, si, effectivement, ils ont un visa qui a été délivré en Italie, nous les reconduirons à la frontière italienne ».

Elle poursuit : «Sinon, une mesure d'obligation de quitter le territoire (OQTF) sera déclenchée lorsque nous les contrôlerons ».

La secrétaire générale termine : « La législation aux étrangers s'appliquera comme elle s'applique aux autres ».

Source: La Dépêche

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Et à Paris?

Une cinquantaine de jeunes migrants tunisiens, pour la plupart arrivés d'Italie, occupaient ce matin un immeuble appartenant à la mairie de Paris, a-t-on appris auprès d'une association d'aide aux immigrés et d'un collectif de migrants.

Ces jeunes migrants, qui depuis plusieurs jours dorment "dans les jardins de Paris", et notamment au Parc de la Villette, ont envahi un immeuble, situé au 51 avenue Simon Bolivar, dans le XIXe arrondissement, vers 1 heures du matin, a expliqué à l'AFP Mouhieddine Cherbib, membre de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR). Des forces de police ont été déployées autour du bâtiment, a-t-il précisé.

"Nous vivons dehors, passons de 24 à 36 heures sans fermer l’oeil, nous avons peur, nous avons froid, nous avons faim et manquons de tous les besoins fondamentaux de la vie quotidienne", explique dans un communiqué le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris. "Le Collectif des Tunisiens de Lampedusa à Paris demande pour nous tous au maire de Paris un lieu pour vivre ensemble et nous organiser", ajoute-t-il, tout en soulignant que "la mairie de Paris a plusieurs fois exprimé son soutien aux Tunisiens récemment arrivés à Paris".

"Ce n'est pas une action contre la mairie de Paris. Nous voulons interpeller le gouvernement, pour obtenir des logements décents pour ces Tunisiens qui ont des autorisations de séjours provisoires délivrées par un pays membre de l'Union européenne", a confirmé M. Cherbib.

Source Le Figaro

et encore... 

Cinq cents migrants tunisiens qui s'étaient rassemblés aujourd'hui à Paris ont été dispersés par la police dans la confusion et des interpellations ont été effectuées parmi leurs soutiens. La préfecture de police a précisé à l'AFP que "15 Tunisiens et 51 anarcho-autonomes ont été interpellés pour vérification d'identité".

Quelques journalistes, dont celui de l'AFP, et des photographes ont également été interpellés avant d'être relâchés sur présentation de leur carte de presse. Interrogée, la préfecture de police a précisé qu'il y avait sur place "certains éléments que la police voulait contrôler".

A l'appel du collectif des Tunisiens de Lampedusa, le cortège des migrants parti du XIXe arrondissement (nord de Paris) qui souhaitait se rendre vers Belleville (XIe arrondissement) a été bloqué par un imposant dispositif des forces de l'ordre.

Les manifestants se sont alors dispersés et repliés vers le square de la Villette où ils campent depuis plusieurs semaines afin d'échapper aux interpellations, scandant "Liberté" et "Des papiers pour tous".

Souce : Le Figaro


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Faits Divers- Sociétés

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Nancy VERDIER 31/05/2011 21:06



Que vont faire ces gens ?? Certains ne parlent même pas français, et il n'y a pas de travail pour eux. Les renvoyer en Italie, Très bien. Et après ??? De toutes  façons c'est l'ibsécurité
qui s'installe en Europe. Un ventre creux n'hésitera pas à attaquer pour survivre. Ils ont fait la révolution pour venir chez nous ?? Vraiment quelque chose ne va pas, ou alors ils font partie
des fameux 9000 évadés des prisons tunisiennes.