Déçus ou punis par Olivier Dassault

Publié le 8 Juillet 2012

Valeurs actuelles cette semaineMais qui donc a voté pour François Hollande ? Les Français à revenu modeste, persuadés que les socialistes amélioreraient leur niveau de vie ? Ils doivent être bien déçus après le coup de pouce en trompe l’oeil donné au smic, qui ne leur changera pas la vie.

D’autant que les 21,50 euros par mois seront vite absorbés par l’augmentation des cotisations vieillesse et l’imposition des heures supplémentaires.

Les fonctionnaires, à qui l’on avait promis la fin de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et de la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ? Sans doute les enseignants se réjouiront-ils du recrutement de quelque 60 000 collègues ou auxiliaires supplémentaires (qui ne seront pas tous fonctionnaires, donc pour certains en emploi précaire). Mais pour tenir cet engagement, Jean-Marc Ayrault devra comprimer les autres ministères, geler les rémunérations et les effectifs. Si bien qu’au bout du compte, ce seront sans doute deux fonctionnaires sur trois plutôt qu’un sur deux qui ne seront pas remplacés !

Les écologistes avaient comme un seul homme reporté leur voix sur le candidat Hollande au second tour. Ironie ! Il n’a pas fallu quinze jours pour que celui-ci confirme les autorisations accordées à Shell pour forer des puits au large de la Guyane et au CEA et à Bouygues pour construire un prototype de réacteur à neutrons rapides. Adieu, crabes et petits oiseaux ! Les Verts devront se contenter de couleuvres.

On se doute aussi que d’autres, inquiets des projets de Nicolas Sarkozy de rapprochement avec l’Allemagne, avaient apporté leurs suffrages au candidat socialiste. N’avait-il pas promis de contraindre Angela Merkel à renégocier le pacte budgétaire et à ouvrir les vannes du crédit en acceptant les eurobonds pour financer une « nouvelle croissance » ? Mais voilà qu’au retour du Conseil européen, François Hollande se dit prêt à ratifier le pacte budgétaire qui implique l’introduction de la règle d’or sur l’équilibre des comptes publics qu’il avait juré de ne jamais accepter. Et le pacte de croissance se limite à 120 milliards d’euros, 1 % du PIB européen, dont bien peu profiteront à la France. Bien entendu, toujours pas d’eurobonds pour ceux qui étaient pour, toujours la monnaie unique pour ceux qui étaient contre et toujours plus de contrôle de Bruxelles sur notre procédure budgétaire…

Heureusement, pourrions-nous dire, nous qui redoutions l’arrivée de la gauche au pouvoir, la France bénéficie d’une haute administration compétente ! Elle a su contraindre ses amis de gauche à ranger au placard leurs projets utopiques en les mettant face aux réalités. Il en est de même de l’économie mondialisée, où les marchés imposent leur discipline en étant capables de freiner toute velléité de gabegie par la seule vertu des écarts de taux d’intérêt appliqués aux dettes souveraines. Bercy et la City ont convaincu François Hollande qu’il fallait que “tout change pour que rien ne change”…

Il serait pourtant hasardeux de se réjouir trop vite. Car s’il y a des déçus à gauche, ceux qui, au contraire, n’ont pas voté Hollande ont des motifs d’être inquiets. En effet, faute de pouvoir tenir ses promesses, la gauche cherchera des boucs émissaires à qui elle fera payer cher ses renoncements. Elle ne manque pas de mettre sur le compte de la gestion précédente une situation pire que prévue. Et puisque la droite est coupable, les électeurs de droite porteront l’essentiel de l’effort de « redressement dans la justice » promis par Jean-Marc Ayrault : impôt sur le revenu alourdi, ISF rétabli dans son ancienne version sans bouclier fiscal, surtaxe des dividendes avec lesquels se rémunèrent les entrepreneurs, le collectif budgétaire et la loi de finances 2013 prendront la forme d’une expédition punitive contre tous ceux qui produisent de la richesse et des emplois. Seront aussi pénalisées les banques et les grandes entreprises, coupables de gagner de l’argent partout, sauf en France. Il ne fait pas bon réussir dans un pays dont les responsables politiques sont voués à l’échec.

Car en définitive et malgré leurs renoncements, les socialistes ne peuvent réussir sans se renier, puisqu’ils défendent une idéologie qui a fait la preuve de son inefficacité. Ou bien ils se révéleront incapables d’engager les réformes nécessaires au redressement durable du pays et finiront par administrer la preuve de leur incapacité, ou bien ils seront condamnés à les mettre en oeuvre et ils perdront leurs soutiens à gauche. S’il ne s’agissait pas du sort de la France, on se réjouirait presque de les voir enfermés dans un tel embarras.  

Olivier Dassault           

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

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Marie-claire Muller 09/07/2012 21:17


06 juillet 2012


La Défense des Français absolument pas prioritaire pour le Gouvernement


Le budget de la Défense, "le premier contributeur de l’effort décidé par le gouvernement" est celui dans lequel le Gouvernement va tailler la plus grande part de ses économies. Sur le dos
des Français. Lu ici :



"Le nouveau gouvernement issu des dernières élections a présenté au Parlement un second projet de loi de finances rectificative pour l’année 2012 (un premier texte avait été soumis par le le
précédent Premier ministre, François Fillon, en février dernier).


Ce texte, basé sur des hypothèses de croissance revues à la baisse, sera discuté en juillet par les parlementaires dans un contexte de crise, où l’objectif affiché est de réduire les déficits
publics à 3% du PIB avant la fin 2013. Ainsi, il prévoit des hausses d’impôts de plus de 7 milliards d’euros ainsi que des annulations de crédits alloués aux différentes missions de l’Etat, à
l’exception de celles considérées comme prioritaires par l’exécutif.


Ce projet de loi de finances rectificatives a été mis en ligne par le
député François Cornut-Gentille (UMP), un ancien membre de la commission de la Défense qui siège désormais à celle des Finances, ce qui ne l’empêche pas, apparemment, de suivre les questions
budgétaires ayant trait aux forces armées.


Ainsi, l’on apprend, en page 70 du texte, que 29,2 millions d’euros seront pris sur le budget de la Défense, qui est, selon le parlementaire, « le premier
contributeur de l’effort décidé par le gouvernement ». L’Enseignement supérieur et la Recherche ainsi que la Justice devront se passer respectivement de 24,9 millions d’euros (dont 7,6
millions concernent le secteur spatial) et de 5,3 millions.


Dans le détail, les crédits d’équipement des armées seront les plus affectés, avec une annulation de 21,8 millions d’euros, « ce qui revient à faire porter l’effort en partie sur les industries
de défense et sur les hommes engagées sur les théâtres d’opérations » estime François Cornut-Gentille, en soulignant « qu’aucune précision » n’a été donnée au sujet des programmes qui «
souffriront de ces annulations ».