Débat d'idées: être libéral et voter Front National, un choix impossible?

Publié le 28 Mars 2013

Un article d'un site libéral qui date de la campagne électorale de 2012.

Mais dans cet article, on peut réaliser que la cohérence du FN économique existe et que la tentation est forte de le ridiculiser par un discours un peu douteux en y mettant les adjectifs nécessaire pour ce faire, comme "populiste" et autres... Vous y trouverez les éléments de débats comme l'individu et le collectif, l'ouverture des frontières et sa fermeture avec bien sûr toutes les allusions liberticides, etc.

Qui écoute Hervé Cattégno sait que ce journaliste est de gauche et n'aime pas le Front National. Pour autant, en tant que journaliste, doit-il se moquer alors même que sa science économique est plus que limitée comme celle du fameux philosophe, ancien prof de français devenu par je ne sais quel miracle, "l'économiste" François Lenglet. (Lire ici ).

Les Français ont compris désormais que le ricanement, la moquerie, le cynisme, le caustique n'avaient plus de prise sur les esprits. La situation économique ne permet pas aux responsables de droites comme de gauche de se targuer d'une réussite!

Alors oui le Front National devient une possibilité pour beaucoup de français. Je le dis  sans faire de prosélytisme comme désormais certains lecteurs me le reprochent. Ils doivent comprendre que l'UMP comme le PS n'ont plus de leçons à donner au vu de l'ensemble des résultats économiques.

Le discours habituel sur "l'extrême droite" ne prend plus et il faudra faire avec ce parti politique qui sera un jour, amené à faire ses preuves, en tant que parti politique appelé un jour à gouverner. Pourquoi en avoir peur? C'est ce que je ne comprends pas au regard des actes commis par les politiciens actuels et ceux d'hier! 

Hervé Gattegno est un journaliste français, rédacteur en chef de la cellule investigation au Point, ancien collaborateur du quotidien Le Monde de 1992 à 2007 où il a été rédacteur en chef de la rubrique « France ». Il est éditorialiste dans la matinale de Jean-Jacques Bourdin, Bourdin & Co sur RMC, où il tient une chronique quotidienne nommée Le Parti Pris de Gattegno. Ancien élève de l'École de journalisme et de communication de Marseille, il est réputé être proche d'Arnaud Montebourg, selon le journaliste Guy Benhamou. source Wikipédia

Donc un article à lire dans le cadre de la liberté d'expression en ayant en mémoire ce filtre.

Gérard Brazon

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Par Alexis Vintray. pour Contrepoints.org 

Dans un article publié récemment, un de nos auteurs soutenait que « voter Front National est une option possible pour un libéral ». Certes, le jugement était nuancé et fondé essentiellement sur des raisons de « pragmatisme politique. [..] Le vote Front National pour un libéral n’est certainement pas un vote d’adhésion ! »… Toutefois il donnait sept raisons qui, « en tant que libéral, [lui] font préférer Marine Le Pen et son rassemblement à tout autre parti ». Ces raisons périphériques sont pourtant loin d’être suffisantes.

La première chose qui devrait pourtant alerter tout un chacun, est la constance avec laquelle le Front National lui-même se revendique d’un antilibéralisme intégral. Je pourrai aligner des centaines de citations, je n’en sélectionnerai que trois récentes :

Pour Bertrand Dutheil de La Rochère, Porte-parole de la campagne de Marine Le Pen (communiqué du 15 février 2012), « seule Marine Le Pen rejette l’ultra libéralisme qui ouvre les marchés à tous les vents mauvais de la mondialisation et qui privatise pour le plus grand profit des actionnaires ». Pour Marine Le Pen elle-même (interview par France Soir le 30 mars 2012), le FN ne pourrait faire partie d’un gouvernement d’union des droites que « à condition que la droite tourne définitivement le dos à l’ultra-libéralisme ». Jean-Marie Le Pen n’était pas en reste, avec des envolées similaires sur le thème « être ultralibéral, c'est détruire la nation pour laisser sans défense les travailleurs de notre nation ».

Les évolutions récentes du Front National vers toujours plus de socialisme sur le plan économique ne font que renforcer l’incompatibilité avec les idées libérales. Comme le notait Hervé Gattegno lors de la présidentielle de 2012, « le programme de Marine Le Pen est beaucoup plus proche des idées de la gauche que de la droite » (entendre proche du socialisme). Et de citer le maintien des 35 heures, la retraite à 60 ans, l’arrêt des suppressions de poste dans la fonction publique, ou encore la nationalisation d'entreprises stratégiques ! Que voir de libéral dans ce programme économique ? Tout en est à l’exact opposé, comme l'explique très bien cette vidéo.

 

 

Sur le plan des libertés individuelles, la compatibilité entre libéralisme et FN est tout aussi invisible, avec la promotion d’un modèle qui met au cœur le groupe, le collectif, contre l’individu cher aux libéraux. Là où les libéraux défendent la loi du plus faible selon les mots d’Alain Madelin, avec l’individu au centre de tout, pour le Front National, ce qui compte c’est la nation, la conservation de la société similaire à l’image idéale que l’extrême droite peut en avoir. Exclue la liberté de l’individu ! Inutile de s'étendre sur la liberté de circulation des individus, ennemie héréditaire du FN qui nous promet des frontières fermées. Mais le FN c'est aussi le parti qui nous explique que, "si on n'arrive pas à limiter le trafic de drogue, c'est parce que l'on ne s'en donne pas les moyens" et qu'il faut "rétablir la peine de mort pour les trafiquants". C'est le parti qui soutient que "le mariage doit rester l’union entre un homme et une femme", sans oublier une attitude trouble sur la censure sur Internet.


Rien d’étonnant à cette absence complète de compatibilité, car ce sont les philosophies, si tant est qu’on puisse employer le terme pour le FN (?), qui sont à l’exact opposé l’une de l’autre. Là où le libéralisme s’inscrit pleinement dans la société ouverte telle que décrite par Karl Popper, le Front National (et bien d’autres) s’inscrivent eux pleinement dans la société fermée, pour laquelle l’individu n’existe pas.

Une fois comprise cette incompatibilité de philosophies d’ensemble, on peut voir que les convergences de vues sur certains sujets comme motif de soutien ne résistent pas bien longtemps à l’analyse. Revenons aux principales :

1- Marine Le Pen souhaite rétablir  la souveraineté nationale. Oui le FN rejette l’Europe comme les libéraux mais là où ces derniers s’opposent à une nouvelle couche de gouvernement qui impose ses choix aux individus, Marine Le Pen veut, elle, renforcer le pouvoir de l’État français sur ses citoyens !

2- Marine Le Pen a clairement posé la question de la sortie de l’Euro. Là encore, libéraux et nationalistes se rejoignent dans l’opposition mais prônent des constructions différentes. Marine Le Pen veut reprendre le contrôle de la monnaie pour pouvoir endetter la France (?) sans contraintes. Où est le libéralisme ?

Et ainsi de suite… Chaque convergence sur un sujet est au mieux une convergence dans l'opposition à un ennemi commun. Examinez les propositions et les convergences redeviennent divergences !

C'est un fait que les libéraux seuls ne peuvent réussir et doivent réfléchir aux alliances à nouer. Mais surement pas avec un parti avec lequel ils n'ont strictement rien en commun.. (Ce qui à mon avis fera que jamais les libéraux n'auront l'occasion de prouver leur dire. ndlr Gérard Brazon)

Par Alexis Vintray.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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L'EN SAIGNANT 29/03/2013 19:52


Il est bien évident que dans le magma européen des nations aux fondements et législations aussi disparates, on ne peut parler de solidarité et encore moins l'appliquer ... Les IMBÉCILES qui ont
fait l' Europe, sans passer préalablement par la case "harmonisation" que la simple raison posait comme la base incontournable de la réussite, ne peuvent que nous faire récolter des déboires à la
chaîne .... Un gagnant et 20 + perdants .... ! La situation actuelle ne peut, qu'empirer car ce patchwork n'est pas "réparable". Seul un retour à la case départ avec des acteurs nouveaux et
honnêtes en  faisant table rase, pourrait remettre, avec beaucoup de précautions et sans précipitation  la locomotive sur les rails.!

Pivoine 29/03/2013 16:10


Il faut un certain libéralisme économique, tout en prenant garde de ne pas pratiquer une "fiscalité confiscatoire". Car c'est cela qui a provoqué les délocalisations et les faillites de bcp de
P.M.E. et T.P.I. ! Dans tous les domaines, il faut un équilibre.

Epicure 28/03/2013 20:43


Pas compris le texte....


Je crois que aucun Parti ne vaut en démocratie. Un Parti est antinomique de démocratie : ligne du Parti autorité du Parti chef du parti etc dans tous les Partis c'est pareil parce que structurel.


Seul le tirage au sort de Non-Candidats Compétents est une solution au marasme politque.


Pas plus marine que quiconque; mais Un Programme avec  Etude de faisabilité et quatre ans de législature non renouvelables. 


Le reste est oiseux.


ni le socialisme  ni le libéralisme extrêmes ,ne sont des solutions raisonables et honnêtes....Entre deux il n'y a rien non plus puisque consistant pratiquement seulement en manoeuvres
dilatoires d'accession et de maintien dans les fromages du pouvoir.