Déconstruction du néologisme: islamophobie

Publié le 17 Septembre 2011

Par le Mérovingien

Il paraît important, dès lors que le contexte oblige tout individu responsable à s'aventurer intellectuellement en terrain glissant, de bien faire la différence entre ce dont il est, ou pas, légitime (voire permis) de débattre.

Si les propos racistes sont (selon moi) absurdes et d'un autre âge (qui plus est, interdits en France par la loi Gayssot), rien n'empêche le constat de nuances culturelles entre des groupes (cf. Le déni des cultures), qui peuvent s'aggraver en oppositions irréconciliables; ni même l'établissement dehiérarchies, relevant à la fois du fait et de la subjectivité (et j'apprécierais qu'en France on soit, en premier lieu, sensible à la culture de ses nationaux).

Pour illustrer, tout en amenant le dernier angle d'attaque: les sociétés occidentales sont supérieures en ce sens qu'elles ont durement lutté pour atteindre un stade où la critique des idéologies et religions est, également, permise.

Partant, la rhétorique d'opposition à ces débats s'attachera désespérément à établir que vous avez franchi la ligne jaune, par procès d'intention, ou en déformant vos propos jusqu'à les faire tomber dans le champ de la loi Gayssot.

Le texte qui suit n'est pas de moi, mais d'un contributeur fdesouche.com sous le pseudo Father McKenzie, dont la plupart des textes sont plutôt édifiants. On peut le retrouver dans son contexte ici.

***************

«Revenons aussi sur ce terme d’islamophobie, néologisme incapacitant forgé par les islamophiles à destination des crétins politico-médiatiques ignorant des bases de la propagande sémantique et qui l’ont avalé tout cru comme une loche bouffe un hameçon.

Ce petit bijou de 
novlangue a un plan de fabrication un mode d’emploi et un but. Le prototype en est le mot Xéno-phobie, peur de l’étranger, par extension crainte irraisonnée et par extension encore détestation puis par une expansion césarienne cette fois-ci: acte ou opinion exprimée haineux envers un étranger ou un groupe d’étranger en cette qualité. La loi française condamne la xénophobie. D’évidence elle ne condamne pas une crainte, ni une opinion secrète jamais exprimée, on voit donc que la dernière définition est la bonne et que deux critères, au moins, sont exigés pour constituer la xénophobie, sa manifestation concrète par une expression ou un acte et l’aspect haineux ou susceptible de provoquer volontairement la haine envers ledit Xenos, l’élément de volontarité coulant de source est non spécifique à ce délit.

Quand au Xenos, il couvre l’étranger en tant qu’individu ou groupe d’individus, il ne couvre évidemment pas les concepts, les idées, les êtres imaginaires, les productions intellectuelles, d’un individu ou d’un groupe d’individus. Il est interdit d’appeler à la haine envers les Bretons ou «un Breton en tant que tel» mais il n’est pas interdit d’affirmer que l’on déteste les crêpes, que l’on souhaite l’interdiction du biniou ou que l’on veut exterminer les Korrigans.

De même, l’interdiction de l’expression de la haine n’implique pas l’obligation d’aimer.

Sous cet éclairage on voit mieux comment et pourquoi ce mot d’islamophobie a été construit et pourquoi il a été, à l’instar de tout le vocabulaire incapacitant (sans-papiers, jeunes, double peine, racisme…) instillé de façon normative auprès du grand public sans défenses intellectuelles dans le cadre d’une subtile manipulation mentale. On sait depuis Orwell que celui qui tient le langage tient le pouvoir en délimitant le bien du mal et que ce charme permet d’inverser le sens des mots et les valeurs, voire de supprimer des éléments du réel car ce qui ne se nomme pas, ne peut se conceptualiser.

On a voulu fabriquer un mot-valise afin d’en charger les compartiments avec des armes paralysantes. On a opéré un glissement de sens. L’Islam n’est pas un individu ou un groupe d’individus, c’est une religion, un concept immatériel. Une religion n’a pas de système nerveux, elle ne peut pas souffrir il n’est donc pas criminel de l’attaquer ou de la détester et de le faire savoir. Quand au suffixe “phobie” il a l’immense avantage de faire passer le rejet pour une névrose (au passage on ne voit d’ailleurs pas comment une névrose pourrait constituer un délit) déqualifiant ainsi l’adversaire par un processus bien connu des totalitarismes qui va de la médicalisation des opinions à l’animalisation de l’adversaire pour aboutir à la transformation en choses des opposants puis à leur liquidation ou gazéification pure et simple. En même temps ce mot de “phobie” permet d’instaurer une limite floue entre rejet et manifestation haineuse factuelle permettant d’adapter la répression à toutes les circonstances.

On voit donc que ce mot est une arme métapolitique, fabriqué par un glissement de sens à partir de deux suffixes bien choisis et dont la réunion opère l’équivalent d’une arme binaire de destruction massive dont l’objectif est la liberté d’exercer la moindre critique sur un concept, l’Islam. Il n’a rien à voir avec les mots similaires utilisés par le législateur et qui ont été choisis pour protéger les hommes des fruits de la haine et pas les idées de la critique acerbe ou du rejet.

Un piège grossier.

Je note d’ailleurs avec amusement que depuis que je tape ce texte le mot islamophobie apparait en rouge, visiblement il est aussi récent que les intérêts en France de ceux qui s’en servent et personne n’avait ressenti l’utilité de le construire avant qu’un Islam jusqu’ici discret n’émette des prétentions à imposer des restrictions aux libertés. Il a l’ancienneté et la légitimité ici de ses propagandistes salafistes et wahabites, c’est à dire pas grand-chose et le correcteur d’orthographe de Windows l’ignore, il a bien raison et nous devrions nous en inspirer.»


Father McKenzie, 16sep2009

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

Commenter cet article

Bertrand 20/09/2011 01:11



Je vous renvoie aux articles réalisés en octobre 2008 sur ce malheureux professeur Sven Kalisch du centre de recherche de Munster (RFA) toujours disponibles sur les sites de Libération
: http://www.liberation.fr/monde/0101165219-un-prof-de-theologie-vire-pour-avoir-doute-de-l-existence-de-mahomet    
ou bivouac-id.comm : http://www.bivouac-id.com/billets/mahomet-nexistait-pas-estime-le-directeur-dun-centre-de-recherche-religieuse/


Réformer l'islam... Depuis l'instauration du dogme hanbalite par le calife abbasside Jaffar Al MUTTAWAKIL en 854, les portes de l'ijtihad (i.e. l'exégèse historico-critique et scientifique du
coran et donc de l'islam) se sont fermées. Les salafistes présentés comme "réformateurs" par les islamistes, conscients de l'incompatibilité de l'islam hanbalisant avec l'évolution de la pensée
et les progrès de la science occidentale, pour sortir de l'impasse patente ont tenté de proposer l'hypocrite concept de contextualisation (appliqué le temps d'imposer l'islam...) tout en
précisant que l'islam ne devait surtout pas s'écarter des principes posés par ses fondateurs et qui constitue l'essence même de la sunna i.e. la TRADITION... D'où est directement tiré
l'appellation "sunnisme" (qui se réfère à la tradition...). Quelle est donc cette tradition ? Celle d'un coran incréé, immuable, intangible, parole d'Allah descendue du ciel en une fois,
copie du livre mère qui est dans les cieux mais que l'ange Djibril (Gabriel en Français) a laborieusement pris le temps d'enseigner à un pauvre orphelin gardien de chèvre d'une petite oasis
que cette tradition situe sans preuve dans le désert du Hedjaz en un lieu totalement insalubre et inhabitable à l'époque... La légende d'un guerrier unificateur des tribus arabes
surnommé Muhammad (le loué ?) a été forgée à la demande du second calife abbasside, Abu Jaffar Al Mansur après 754 (soit tout de même plus d'un siècle après la mort présumée en 632 du
pseudo-prophète...). Cette commande passée à un scribe judéo-chrétien d'origine perse du nom d'Ibn Ishaq était une véritable hagiograhie apologétique dont se sont inspirée plusieurs auteurs
arabo-musulmans pour nous rapporter cette légende en partie expurgée de ses extravagences. La version la plus célèbre de cette "biographie" apologétique reste celle composée par Ibn Isham
(dont les origines restent floues) popularisée sous le nom de "Sîra al-nabiy" et préférée aux autres textes ou recensions que ce soient celle d'al-Bakkâ'î ou d'Ibn Bukayr ou de Salama
Ibn al-Fadl... Aucun de ces textes anciens ne permet d'identifier un personnage du nom de Muhammad et il n'existe aucune trace de ce Muhammad avant la création des monnaies ommeyades sous le
règne du melik (roi de Syrie palestine) Abd al-Malik 1er. Or c'est précisément sous son même règne que les savants orientaliste datent les plus vieilles recensions de ce que l'on peut appeler le
coran. Certains pensent d'ailleurs que le coran a été construit sur les ordres de ce roi ommeyade pour utiliser un seul livre concurrent de la Thora et des Evangiles, pour servir de base à
l'unité religieuse et donc politique du nouvel empire ommeyade en rupture de tutelle tant religieuse qu'économique et monétaire avec Byzance...


Bon nombre d'ouvrage existe sur ce sujet, notamment les fondations de l'islam d'Alfred Louis de Prémare ou "Le Messie et son prophète, aux origines de l'islam" d'Edouard Marie Gallez... J'ai
personnellement engagé un travail pour tenter de vulgariser les travaux des chercheurs sur ce sujet. La preuve de l'existence de Muhammad ne peut pas être rapportée. En revanche celle d'un
coran créé par Abd Al Malik 1er soit après 695 (presque un siècle après la descente hypothétique du coran du ciel...) et moultes fois modifié par les autres rois ommeyades puis les califes
abbasides avant d'être figé tardivement vers le 9ème siècle dans sa version actuelle, est devenue une hypothèse de recherche qui passionne de nombreux orientalistes car elle est corroborée par de
nombreuses preuves. Je vous renvoie aussi à l'article des professeurs Alfred Louis de Prémare et de Gerd Rudiger Puin au sujet de cette thèse du coran créé :



http://209.85.129.132/search?q=cache:saqmvsmGaSEJ:anglesdevue.canalblog.com/archives/religieusement_votre/index.html+Alfred-Louis+de+Pr%C3%A9mare+:+%E2%80%98Abd+al-Malik+b.+Marwan+et+le+Processus+de+Constitution+du+Coran&hl=fr&ct=clnk&cd=2&gl=fr


Bonne lecture, en espérant avoir répondu à votre demande.


PS : pour le livre je vérifie qu'il est publié éventuellement en Français (j'en doute...).



Bertrand 17/09/2011 17:10



Contribution intéressante qui part d'un constat exact : une phobie est effectivement une peur irraisonnée. Mais aussi d'une volonté de limiter l'islam a sa nature religieuse sans
l'étendre à cette matrice qui lui donne corps et qui est son bras armé. Contrairement à nos intellectuel islamophile, l'auteur ne confond pas la civilisation avec une grand I et le projet
politico-religieux écrit avec un petit i. L'islam ne se conçoit pas sans sa composante temporelle car dans l'escatologie islamique dérivée de ses racines judéo-araméenne, le salut ne
passe que par la communauté et les actes de chacun engageant la communauté, chaque musulman doit s'efforcer d'agir en consequences pour défendre et faire prospéere la commuanuté. De ces
principes sont directement née les concepts de fitna et de jihad avec le petit et le grand jihad. Lutter contre toute forme de dissension interne et maintenir l'unité de la communauté est
essentiel et à ce titre il devient vital de condamner toute hérésie et toute apostasie. D'où l'interdiction d'apostasier en islam qui induit explicitement une absence de liberté de
conscience donc d'opinion, évidemment incompatible avec les valeurs de notre civilisation occidentale. Ne pas le reconnaître c'est faire l'autruche. Le projet politique porté par l'islam moderne
que l'on identifie à l'islamisme dans le langage courant se réclame effectivement des "réformateurs" salafistes qui ont inspiré le wahabisme et les Frères musulmans. Leur idéologie repose sur un
théo-totalitarisme que les composantes organisationnelles de l'islamisme ont résolu d'instaurer en occident en manipulant les élites oligarchiques pour les contraindre progressivement à
collaborer en se jouant des faiblesses des démocraties. Cette stratégie d'influence consiste dans sa phase de démoralisation à déconstruire les valeurs de notre société en s'appuyant
sur le recrutement de ces idiots utiles que sont les collaborateurs politiques. , comme le faisaient les agents d'influence durant la guerre froide, leur faisant lesMais comme toujours
lors du déclenchement de la seconde phase, une fois le pays déstabilisé (en crise sociale ouverte voire en guerre civile) les premiers a devoir être éliminer sont précisément ces idiots
utiles car ils n'ignorent rien de objectifs de la première phase. Or dans l'islam un kafir reste un kafir avec tout le mépris que savent lui réserver les musulmans. L'idiot utile même converti ne
sera pas traité comme un égal si l'on se réfère aux premiers temps de l'expansion musulmane auxquels se réfèrent précisément les adeptes d'un retour à la salafia... Il faudrait développer
l'ensemble des points qui ont de quoi faire peur notamment le statut d'esclave des non-musulmans persécutés en terre d'islam et le statut d'infériorité des femmes que la charia et
le coran ne considèrent pas juridiquement comme l'égale de l'homme. Encore deux incompatibilités avec les valeurs universelles qui servent de base à notre civilisation. Jouer les naïf à
des fins électoralistes ne peut qu'effrayer les non musulmans. Des raisons d'avoir peur il y en a bien et elles me semblent toutes parfaitement raisonnées. Dans son argumentaire bien
construit, Father McKenzie n'a précisément pas oublier de dénoncer cette odieuse tentative de manipulation des esprits qui consiste à inverser les rôles en faisant de celui qui
s'oppose au projet islamique donc à l'instauration de l'islam en occident, un malade qui relève de la psychiatrie, pusqu'atteint d'une phobie. Toutes les dictatures font interner leurs
opposants dans des établissements psychiatriques après les avoir fait passer pour fous... Donc lutter contre le projet politique théo-totalitaire des islamistes ne relève précisément que du bon
sens et de la survie des valeurs de notre civilisation. Et l'hsitoire de l'expansion musulmane montre bien que la complaisance avec l'islam ne s'est jamais bien terminé pour les naïf et les
collaborateurs. Le seul point qui fait défaut dans cette argumentaire, c'est de savoir quels sont les réformateurs de bonne foi dans l'islam. Le critère est simple : ne peuvent être considéré
comme fondamentalistes et donc comme susceptibles d'accepter une exégèse moderne et une purge des versets du coran, que ceux qui reconnaissent le coran comme l'oeuvre créée par les
meliks ommeyades à partir d'Abd Al Malik 1er puis manipulé par les califes abbassides, avant d'avoir été figé pour des question de pouvoir par les hanbalites en 854...
L'honorable professeur Muhammad Sven Kalisch qui formait les enseignants à l'islam au centre de recherche en religion (SRC) de Munster en Allemagne, ayant osé remettre en question
l'authenticité du coran comme parole incréée d'Allah et ayant déclaré que Mahomet srait un mythe faute de preuve historique de sa réelle existence, atout simplement été relevé de ses fonctions.
Pourtant tous les orientalistes s'accordent sur ces points. D'ailleurs ce chercheur soutenu par ses collègues du SRC de Munster et par la communauté scientifique a écrit un livre à paraître
en Allemagne faisant précisément état de ses recherches sur ces sujets... Evidemment les fondamentalistes de l'islam hanbalisant et salafiste ont levé leurs cimetères et leurs boucliers pour
faire barrage à l'odieuses vérité que tous les oritalistes et scientifiques connaissent depuis longtemps. A obscurantisme ne fait décidément pas bon ménage avec la science et le progrès. Mais
c'est peut-être ça l'adaptation de l'islam à la modernité que Tarik Ramadan appelle "contextualisation", il me semble...



Gérard Brazon 18/09/2011 17:32



Tenez-nous au courant de cet livre à paraître. Sino, faîtes-nous un bel article sur ce sujet et cet homme qui voulait réformer l'islam. Bien à vous.



Claude Germain V 17/09/2011 16:15



Merci .... pour moi du moins ,c'est ce que j'avais compris .


Donc je résume : " si je lis le Coran ,mais je le lis bien dans tous les coins et recoins ,donc dans ce cas là je suis islamophile .jusque là nous sommes d'accord ?. donc âpres avoir lu le coran
,j'essaye de réfléchir sur les textes ...nous sommes toujours d'accord ? là par contre ou le bas-blesse et comme je m'estime etre une personne normale ,humaine ,compassionnelle etc..etc...âpres
avoir bien réfléchi et pesé le pour et le contre ,je deviens donc islamophobe ,normal ?....heu .....? sommes nous toujours d'accord ??? ,enfin bref pour moi ...c'est logique ...et ? pour vous ?
.................. "



PPKC 17/09/2011 15:56



Les "islamophiles" sont ceux qui ont lu le coran. Les "islamophobes"
ceux qui l’ont compris. 


 




p { margin-bottom: 0.21cm; }


Gérard Brazon 18/09/2011 17:33



Tout à fait! 



Claude Germain V 17/09/2011 12:13



Super excellent les deux textes ,de l'humour mais quand meme serieux .