Décryptage d'un texte construit pour propager la crainte des musulmans. Par Annie Kezsey.

Publié le 12 Novembre 2012

Dans le cadre de la liberté d'expression, voici une réponse d'Annie Keszey qui réfute mes propos sur les dangers de l'islam que j'ai émise dans le précédent article sur le prétendu "Mythe sur l'islamisation"! Vous remarquerez que son propos reste limité et n'aborde pas l'ensemble du texte. Quant au propos "populiste", j'assume! 

Première approximation d'Annie Kezsey, c'est que ce n'est pas la crainte des musulmans mais bien la peur de l'islam qui justifie l'islamophobie. La plupart des musulmans qui vivent en France ignore la nocivité de leur livre saint sur les libertés fondamentales à commencer sur les droits de la femme.

La plupart sont musulmans de famille, par tradition comme je suis chrétien. Beaucoup d'ailleurs ne sont pas plus croyants que moi. En clair, chère Annie, je ne crains aucun musulman mais oui, par contre j'ai peur de l'islam et de ce qu'il fait en ce moment dans tous les pays ou la charia est en vigueur. Afghanistan, Pakistan, Iran, Arabie Saoudite, Somalie, Yemen, Soudan, et maintenant Egypte, Libye, Tunisie, Algérie et même le Maroc avec ses lois liberticides concernant les non musulmans!

Oui j'ai peur de l'islam et j'attends que l'on me cite un seul pays musulman ou les chrétiens et les juifs ont rigoureusement les mêmes droits civils et religieux alors même que cette religion est la troisième dans l'ordre d'apparition.

Qu'Annie Keszey est cette innocence est bien naturelle! C'est une humaniste sincère! Un peu comme les juifs avant 1930. C'est après que cela s'est gâté, c'est à dire trop tard... 

Gérard Brazon

****

Par Annie Keszey

Il s’agit d’un court extrait, pris au hasard, dans un "argumentaire populiste" (souligné par Gérard Brazon) sur la Belgique. Il permet de clarifier un procédé d’écriture, trompeur, au service d’une idéologie périlleuse.

« …Sur l'immigration, faut-il rappeler que Bruxelles sera à majorité musulmane en 2030. Que des quartiers entiers sont musulmans en Belgique, que des partis islamiques existent et que deux élus aux dernières élections municipales belges ont annoncé que la Belgique sera un état islamique dans les années qui viennent déclenchant de fait une réaction vivace des partis belges. Si l'immigration était anodine, pourquoi donc des quartiers entiers islamisés où déjà  la femme ne peut plus circuler librement? Faut-il rappeler qu'un Parti Musulman de France existe à Roubaix dont presque plus de la moitié des habitants sont musulmans!... »

Proposition d’une écriture informative, à partir de sources reposées.     

Il n’existe en Belgique aucune étude démographique, au sens mathématique et scientifique, sur les appartenances  religieuses ou philosophiques de la population: ce qui explique les données statistiques mouvantes, floues et contradictoires du présent. Les projections sur 20 ans ne sont alors que des gageures.

La première phrase de l’extrait, affirmative ici, mais interrogative à son origine, amputée d’une partie, ce qui en dénature le sens, est celle d’une invitation à un colloque de la droite laïque radicale publiée, en particulier, dans le quotidien belge « Le Soir », en  2010. Une majorité musulmane à Bruxelles en 2030: comment nous préparer à vivre ensemble ? Felice Dassetto, sociologue qui étudie l’islam depuis 40 ans, expert  légitimé, était interrogé sur ce colloque, par le même quotidien, le 13/11/2010 : Une majorité musulmane à Bruxelles en 2030 : info ou intox ?

« Crier au loup est une erreur.  Cette façon de présenter les choses témoigne à la fois d’une méconnaissance des réalités du terrain et d’une crainte de principe. Cela relève un peu du fantasme, d’une attitude typique du 19e siècle qui consiste à faire front face aux dynamiques religieuses. (...) C’est une approche purement quantitative qui soulève un épouvantail démographique. Et de manière erronée, elle assimile toutes les personnes d’origine musulmane à des « religieux ». Parmi les citoyens d’origine musulmane, il y a beaucoup d’indifférents, d’agnostiques ou d’athées. Et, parmi les religieux, tous n’ont pas la même conception de l’islam et leurs conceptions évoluent dans le temps. L’islam est multiple, beaucoup plus complexe qu’on ne l’imagine. »

Felice Dassetto était interrogé dans «  le Soir » à l’occasion d’une conférence qu’il faisait à l’Académie royale des sciences intitulée simplement : Bruxelles, ville musulmane ? Il s’agissait pour lui de répondre à la question : comment penser la présence musulmane à Bruxelles, du point de vue du territoire ? « D’autres ont ce questionnement, mais essentiellement sur base démographique, en postulant –par erreur – que toute personne d’origine musulmane est nécessairement musulmane. Avec, en toile de fond, une vision de l’ombre de l’Islam menaçant qui plane sur Bruxelles. Mon approche est plus scientifique : c’est celle du sociologue et de l’anthropologue. (...) Beaucoup de recherches ont porté sur la ville, sur les relations interculturelles, mais on y aborde très peu l’Islam. Il fait partie du non-dit implicite. En revanche, l’Islam est devenu le cheval de bataille de polémistes et d’imprécateurs, voire de certains politiciens qui clament la peur de l’Islam (...) 

Dans le livre qu’il a  publié en 2011, L’Iris et le Croissant, le sociologue dépeint une communauté arabo-musulmane multiple, en mutation. Au terme de 150 entretiens de terrain, il a dressé une typologie de la population islamisée de Bruxelles. Sept façons très différentes, voire antagoniques, de vivre son islamité. Une évolution plurielle qui démontre, selon lui, à quel point il serait abusif d’imaginer Bruxelles sous la coupe d’une « majorité musulmane » homogène, d’ici 20 ans. Il craint qu’à force d’agiter la prétendue menace islamique, on accroisse les antagonismes plutôt qu’œuvrer à la coexistence pacifique. «  Bien entendu, il faut rester attentif aux courants qui traversent l’islam. La société, les musulmans et non-musulmans, doivent être lucides au sujet de l’islam et de son devenir. Il faut connaître et être conscients des formes radicales et fondamentalistes : c’est une question à débattre, à gérer, mais pas par des peurs irrationnelles et inutiles. La stratégie qui consiste à crier au loup, à se scandaliser « entre nous », me semble politiquement erronée. »

Les autres propos de l’extrait idéologique ne résistent pas davantage aux analyses des experts. Non, il n’y a pas de quartiers entièrement musulmans à Bruxelles, mais 5 quartiers sur 17 à fortes concentrations. Corinne Torrekens,  politologue et chercheuse-doctorante au Groupe d’études sur l’Ethnicité, le Racisme, les Migrations et l’Exclusion (GERME) de l’Université Libre de Bruxelles justifie cette répartition géographique par de nombreux critères: lieux des emplois occupés par une population étrangère massivement appelée par l’Etat dans les années 1960, bas coût des logements en centre - ville, lieux d’entraide…Son étude complète est accessible sur le site www.flw.ugent.be

En Belgique, les étrangers, sous conditions précises, ont le droit de vote et le droit de se présenter aux élections.  Qu’il y ait X élus de confession musulmane est une conséquence prévisible. La chercheuse Fatima Zibouh précise que le débat ne sera pas de savoir combien de députés musulmans siègent au Parlement bruxellois mais bien "d’examiner comment ils vont s’inscrire dans le registre de la défense de l’intérêt des Bruxellois, tout en faisant de leur différence une plus-value au service des quartiers ou des citoyens les plus fortement touchés par les discriminations et la précarité". Quant au fait que ces élus menaceraient la Belgique d’y promouvoir un Etat islamique, ils ne seraient pas les seuls à prendre leurs rêves pour des réalités! Cet argument idéologique sert d’ailleurs l’épouvantail classique en France et en Europe agité par Pierre Cassin, Oskar Freysinger, Renaud Camus, Yvan Rioufol, Christopher Caldwell, Michèle Tribalat, Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Jean Sevillia du Figaro-Magazine !... 

Pour finir, provisoirement,  abordons la « perle de l’extrait idéologique » : Faut-il rappeler qu'un Parti Musulman de France existe à Roubaix dont presque plus de la moitié des habitants sont musulmans!... »  Damien Roustel a déjà, en 1997, réfuté cette ânerie, par une longue enquête publiée dans le Monde Diplomatique : Anatomie d’une DESINFORMATION, comment Roubaix est devenue « une ville à majorité musulmane ». Le Maire de Roubaix conteste le chiffrage et y décrit la situation de sa ville avec finesse et justesse. La mise au point de Damien Roustel qui dénonce les malhonnêtetés imbriquées, dont celles d’une certaine presse nationale, nécessaires à  ce mensonge  stratégique  est toujours consultable sur www.monde-diplomatique.fr/1997/06/ROUSTEL/8738

Une idéologie serait-elle obligatoirement incompatible avec LE VRAI ? Diable !

Annie Keszey.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

Commenter cet article

DURADUPIF 12/11/2012 21:34


C'est fou ce que les autruches mettent la tête dans le sable même quand il n'y en a pas. Ces dhimmis exotiques nous mèneront à la catastrophe et n'ouvriront les yeux quand le désastre sera
consommé. Ils n'ont pas vu Lénine, ils n'ont pas vu Staline, ils n'ont pas vu Hitler, ils n'ont pas vu Mao, ils n'ont pas vu Pol pot, ils n'ont pas vu Castro et maintenant ils n'ont pas vu Allah.
Ils ne s'inspirent pas du passé, mais pourtant ils veulent NOUS projeter dans leur avenir. Comment font-ils ces maîtres sorciers ?

Mascara83 12/11/2012 14:04


Ces 2 articles tombent à "pic" Gérard! et répondrai tt simplement avec ma plume de primaire à ce professeur dhimmi et votre amie: béni-oui-oui inconsciente du danger de l'islam et se laissant
hypnotiser par leurs mensonges..... En effet, faisant qq fois appel à des artisans, l'un d'eux m'a raconté tt récemment ceci: mon ouvrier X. que vous connaissez bien et qui est d'origine
Tunisienne a 1 soeur jumelle qui a épousé un Français de souche avec lequel elle a eu 2 enfants. Depuis, ses parents l'ont répudiée!! alors que, tous deux ont fait leurs études
en France et sont employés par des Sté Françaises! quant au garçon,il vit en concubinage avec une charmante Française, et, lorsque sa mère Tunisienne lui rend visite, il demande à sa concubine de
quitter les lieux pour ne pas se brouiller d'avec sa mère...  Pour conclure, cette femme Tunisienne, porte la burka en France, mais, dès l'instant qu'elle est en Tunisie, elle retire tout
cela et s'habille en djin, donc, à la Française!  A tel point, que les Tunisiens résidants les appellent:  moi, j'ai tout là-bas!!  En conclusions, ces islamistes
"modérés", ne sont ni plus, ni moins que des anti-Français...et provocateurs de surcroît...