ENA: Ecole National d'Administration pour "Défavorisés" Qu'est-ce que c'est - Par Gérard Brazon

Publié le 12 Avril 2011

          L'ENA pour tous? Il semble que cela ne soit pas possible! Dans tous les cas, pas pour les élèves dit "défavorisés". Car enfin, ils sont quand même chanceux les bougres d'avoir pu tenter leur chance à l'ENA. Beaucoup de petit français lambda des années 60 ou 70 n'avaient comme porte de sortie que l'apprentissage de boulanger, pâtissier, charcutier et autres maçon et charpentier.

Ces petits jeunes de cette époque n'étaient pas dénommés "défavorisés" lorsqu'ils se faisaient botter l'arrière train pour une crème brûlée, une brouette en retard, un bois de travers. Ils se prenaient une torgnole par le patron du coin et n'allaient pas se plaindre aux parents. Pour les plus chanceux, ils habitaient encore chez leurs parents. Les autres étaient nourris et logés. C'est à dire qu'ils étaient à la main d'un patron qui pouvait leur expliquer les joies du métier en toute tranquillité. A coup de pied dans le cul. 

            Pas question d'aller en 6éme à l'époque! Pour les gosses de la plupart des familles ouvrières ou peu à l’aise. De plus, il fallait passer un petit examen pour ça! Et encore, pas tous! Les meilleurs d'entre eux. Les autres, à douze ans, ils savaient ce qui les attendait. La voie de garage jusqu’aux quatorze ans, le certificat de fin d'étude (CEP) et hop, au boulot. Comme papa à l’usine ou sur les chantiers. La paye de l'apprenti dans la poche des parents.

Petits élèves en classe, petits esclaves au boulot. Mais ils n’étaient pas « défavorisés » pour autant. Enfin, on ne le savait pas. A l'époque, c'était normal. Le fils du maître d’école était en général le premier de la classe. Je sais pourquoi maintenant. Tu te prenais une torgnole par le "maître d'école" tu ne la ramenais pas à la maison. Plus tard, tu pouvais en prendre une autre par ton patron d'apprentissage? Même chose.

            Puis quand tu devenais ouvrier, soit tu avais de la jugeote, tu étais aventureux, tu étais curieux, tu avais de l'audace et tu montais ton affaire ! Soit ta vie était toute tracée à l'avance: Ouvrier puis, ouvrier-sup puis, encore ouvrier jusqu’à la retraite. Tu ne te plaignais pas trop parce que tu avais du boulot. Même si tu ne gagnais pas beaucoup.

          En ville, on regardait passer les belles voitures, les Panhard, Les Citroën, les Simca, celles qu’on n’avait pas les moyens d'acheter. On pouvait dire "à bas les flics" ! De loin…  parce qu'on les craignait quand même. On pouvait dire "je n’aime pas les pédés", "je n’aime pas les bougnouls", "je n’aime pas les curés". On n’ignorait le sens des mots d'ailleurs.

         On pouvait même se saouler la gueule au bal du samedi soir après une dure semaine à l'usine, sur le chantier, dans le fournil ou dans la cuisine ! Avec un peu de chance, on rencontrait une copine qui voulait bien nous montrer ses seins ou plus. Parce qu’il n’y avait pas de vidéos et les garçons qui n’avaient pas de sœurs se sentaient bien incultes. On ne se sentait pas "défavorisé"!  On ne savait même pas ce que cela voulait dire.

Tout môme, dans nos HLM, on respectait les vieux, les pots de fleurs à chaque étage, on jouait en bas de l'immeuble mais on faisait attention à la moindre engueulade d'un voisin. Sinon, c'était la mère ou le père qui nous tombaient dessus. On n'était pas "défavorisé" parce qu’on n’avait pas la télé, le dernier portable, le dernier mobile. Il n’y avait même pas le téléphone à la maison. Dans les caves il n’y avait pas de tournantes. Tout juste jouait-on aux docteurs. Même que les filles pouvaient êtres docteurs aussi.

On ne partait pas en vacances. Les vacances s’étaient avec les copains dans les champs ou en bas de l’immeuble. Il n’y avait pas d’associations qui te payait « les sports d’hiver » « les vacances d’été », les  municipalités ne prenaient pas en charges les frais de départ pour aller voir la famille en province. Encore moins ailleurs. On n’avait pas le sentiment d’être « défavorisés » vraiment.

Qu'est-ce qui a bien pu changer ? Pourquoi ceux qui en ont pleins les mains, pleins la bouche, qui sont bien habillés avec de belles chaussures à la mode, qui parlent mal, sont impolis,  insultent les maîtres d'écoles, crachent sur les flics, insultent les filles en passant, vendent des tas de trucs, plantent des couteaux, volent des petits vieux et gagnent plus que leurs parents sont-ils "défavorisés" maintenant ?

Que ceux qui pensent que je fais dans la nostalgie se détrompent. C’est juste un constat. La société a changé c’est certain. Je ne suis pas très sûr que ce soit en bien. Je me range à l’avis d’un brave citoyen d’autrefois qui disais : Lorsque les pères s’habituent à laisser leurs enfants, lorsque les maître tremblent devant leurs disciples et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus l’autorité de personne au dessus d’eux, alors c’est le début de la tyrannie. Cher Platon, combien tu avais raison.

Gérard Brazon

Sur ce blog, tous mes textes sont libres d’accès. Ils ne sont pas protégés par copyright. Le combat des idées nécessite cette liberté de copier et de diffusion. Pour autant, par simple respect, il vous est demandé de citer l’auteur des articles et de mettre en liens le site. Merci d’avance. Gérard Brazon / http://puteaux-libre.over-blog.com

/***********************************/

Les quinze élèves issus de milieux défavorisés qui avaient été recrutés en 2009 pour préparer le concours d'entrée à l'Ecole nationale d'administration (ENA) ont tous échoué au concours, a indiqué lundi la direction de l'école, confirmant une information de Libération. Sur les onze filles et quatre garçons sélectionnés pour cette première promotion de préparation d'un an, une seule était admissible avant d'échouer à l'oral du concours en décembre. Sur les 15 élèves, sept vont recommencer et ils auront sans doute plus de chance d'être reçus la deuxième fois, comme 52% des élèves de l'ENA, installée à Strasbourg. Trois d'entre eux ont été admis à d'autres concours (Sécurité sociale, Banque de France, administration territoriale), deux ont entrepris d'autres études (doctorat à Paris 1 et Master HEC), deux travaillent. Le dernier a également arrêté les études mais sans donner de nouvelles, a précisé la direction.
 
Le 7 octobre 2009, pour la rentrée de cette première promotion, pas moins de trois ministres - Eric Woerth alors ministre du Budget et Fonction publique, Fadela Amara, secrétaire d'état à la Ville et Martin Hirsch, Haut-commissaire aux Solidarités actives - plus le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, avaient fait le déplacement. A l'époque, les élèves s'étaient montrés très discrets. Keiza, Edouard, Christophe, Basma, Eva ou encore Soraya avaient déjà éludé les questions des journalistes. Seul Basma, 24 ans, diplômée de Paris Dauphine, avait accepté de dire qu'elle venait de "banlieue parisienne". Laquelle? "Toutes les banlieues se ressemblent, je ne souhaite pas le dire", avait affirmé la jeune fille.
 
Moins de littéraires pour la seconde promo
  
La direction de l'ENA a tiré les conséquences de ces échecs en sélectionnant moins de littéraires pour sa deuxième promotion d'élèves méritants, qui compte 14 élèves, dont 10 filles, au profit d'étudiants en droit et en économie. Les inscriptions pour la troisième promotion sont ouvertes jusqu'au 13 mai.

Par TF1 News (avec agence)

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

island girl 12/04/2011 23:40



Ceux qui sortent de l'ENA manquent de bon sens ,il ne suffit pas d'empiler les diplomes pour etre intelligent!


 



Claude Germain V 12/04/2011 19:11



Bonne publicité pour ces pseudos grandes écoles telle que l’ ENA qui fichent la France en faillite depuis presque 70 ans grâce à un corporatisme semi-mafieu .


L’ENA entre autre crée à la Libération par le General De Gaulle et Michel Debré ,celui çi d’ailleurs vers la fin de sa vie ayant reconnu que c’était une des plus grosses bêtise qu’il ait pu faire



Il est vrai que ce jour là ce brave homme aurait fait mieux de trébucher et de se tordre au moins la cheville sans lui, vouloir de mal.


Notre cher Président avec ses idées hautement lumineuses à la hauteur de sa taille évidement, nous a sorti de drôles d’inventions avec entre autre ,oh !!!! Sublime idée pour ne pas la
nommer : la discrimination positive …..Permettant, ce n’est pas toujours le cas …mais enfin…. permettant à des niveaux de  certificats d’études, sur une simple entrevue
psychologique d’accéder sans concours à l’élitisme national.


Quelle merveilleuse idée ….. pendant que Michel D… ou Jean T…. ayant bac + 5 mais habitants  l’un au fin fond du Massif Central et l’autre dans un petit village de 150 habitants
au fin fond de l’Ariège ,finiront l’un menuisier ou chômeur et l’autre livreur de pizzas ,tout cela parce qu’ils se sont crevés aux études , tandis que certains ,comme arguments publicitaire pour
notre président, finiront élite de la nation en trouvant leurs diplômes dans une pochette surprise .Le prosélytisme recruteur à de beaux jours devant lui dans le beau pays de France.


Simple coup de colère ………pas grave…..  



Gérard Brazon 12/04/2011 19:27



C'est dit... (sourire)



Johanny 12/04/2011 19:01



solution avec la discrimination positive: avec le livret d'accueil pour immigrés http://www.immigration.gouv.fr/IMG/pdf/livretaccueil.pdf


faire distribuer par la CAF le diplôme de l'ENA gratuitement sur simple demende et le tour est joué !... ON n'en est pas à ça près aujourd'hui !...