Des femmes algériennes courageuses. Elles sont où les femmes françaises?

Publié le 25 Octobre 2010

L'auteur Wassyla Tamzali est une avocate féministe qui a dirigé pendant 20 ans le programme sur la condition des femmes à l'UNESCO.

            Elle est de passage cette semaine au Québec et elle ne mâche pas ses mots. Devant plus de 200 personnes réunies mercredi soir à l'Université de Montréal pour une conférence intitulée «Laïcité et droits des femmes», cette grande dame à la chevelure argentée et au regard soutenu a multiplié les mises en garde vis-à-vis du port du niqab dans l'espace public et autres accommodements raisonnables. Elle n'est pas islamophobe. Wassyla Tamzali est née dans une famille musulmane en 1941, dans l'Algérie coloniale. [...]

             Wassyla Tamzali se scandalise des «atermoiements» des féministes canadiennes, lorsqu'il s'agit de se positionner vis-à-vis des femmes qui revêtent le voile intégral. Ces féministes canadiennes qu'elle avait eu tant de plaisir à côtoyer du temps qu'elle les invitait à l'UNESCO et qui poussaient les hauts cris du fait qu'on ne féminisait pas les termes dans les documents officiels. «Elles mettaient des "e" à professeur, à écrivain; je leur disais que ça ne passerait pas au service de correction de l'UNESCO, mais elles n'en démordaient pas!» Ces féministes venues du Québec avaient un «ton de liberté » rafraîchissant pour leurs consoeurs européennes et maghrébines, se souvient l'avocate féministe algérienne : «Elles menaient un combat. Et maintenant, pour le niqab, elles ne mènent plus de combat? », s'insurge Wassyla Tamzali.

             Quant aux femmes qui disent se voiler par choix, Wassyla Tamzali rejette tous leurs arguments. L'idée que ces femmes respectent une tradition, évoquée par le prophète dans le Coran, la met en émoi. «J'en ai assez de me battre contre des bouts de chiffon. J'en ai assez d'interpréter le Coran. Le Coran est un livre ouvert qui dit tout et son contraire. Et je peux vous répondre très longuement sur le contraire. Mais je ne le ferai pas, parce que ça suffit.» [...] Enfin, que répondre à une femme montréalaise qui dit porter le niqab par soumission à Dieu? «Oui! Sauf que le dieu est dans son lit le soir, raille-t-elle. C'est ça le problème

Source : Radio-Canada,

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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