Grévistes non concernés par la réforme des retraites dans la rue! Pourquoi?

Publié le 12 Octobre 2010

                   Il n'est pas question sur ce site de s'immiscer dans le débat sur la validité ou non d'une réforme des retraites. J'ai mon avis qui est celui du bon sens. Vivant plus longtemps, devons-nous travailler plus longtemps. La réponse est dans la question.

             Comme ancien syndicaliste, je me dois de dire qu'il y a travail et travail! Il y a des chanceux pour qui le travail est un choix, un plaisir et parfois un loisir. Qu'ils travaillent plus et plus longtemps pour eux, ce n'est pas un vrai problème. Mais il y a l'immense majorité de "travailleurs" qui exerce un métier plus subi que voulu. Qui vont au turbin, à l'usine, à la mine, aux galères pour souvent un salaire de misère avec, comme accompagnement, des "petits chefs", des petits dictateurs en herbes qui se "réalisent" ou passent leurs nerfs en exercant leur petit pouvoir sur les salariés les plus faibles, les plus modestes. Ces personnes là, peuvent comprendre pourquoi mais ne pas forcèment approuver de vivre 2 ans de plus dans cette galère. Un boulot qui les a usé psychologiquement ou physiquement.

             Alors oui, il faut se pencher sur la pénibilité. Le faire individuellement est-il juste? Il y a aussi les femmes qui font des petits français futurs travailleurs ou créateurs de richesses futures. Faire un enfant est une nécessité, un bien pour une nation, une économie. Pourquoi sanctionner une femme qui a donné des futurs consommateurs?

            Je ne trancherai pas sur ce dossier bien trop compliqué et tellement ardu que les trois quart sinon plus, se retrouvent sur le bitume sans savoir les véritables tenants et aboutissants de ce dossier. Ils font dans l'ensemble confiance aux syndicats. Ont-ils raison?

           Ancien syndicaliste disais-je, je sais la part politique immense qu'il y a dans les décisions prises par les syndicats et singulièrement la CGT (communiste et socialiste) et SUD (communiste et extrême gauche). Dans une moindre mesure, FO, CFDT et CFTC (plutôt socialisants). Dans une moindre mesure mais forte tout de même. En conséquence, ce dossier est surtout un bras de force avec l'actuel gouvernement avant même l'intèrêt des mandants. La preuve? L'engagement de syndicats de la fonction publique qui ne sont pas concernés par cette réforme. L'engagement de syndicats d'étudiants et de lycéens qui ont à mon sens, autres choses à faire que de sacrifier une journée ou plus d'études pour un dossier qui ne vivront réellement que dans 50 ans. C'est ridicule et sans doute catastrophique qu'un étudiant, un lycéen songe au crépuscule (sa retraite) à l'aube de sa vie.     

             C'est la preuve que ce pays n'a plus d'ambitieux, plus de talentueux créateurs? A moins que ce ne soit lui-même qui n'a plus l'ambition de réussir et de vivre. Je vous livre la parole d'André le Lan un fidèle lecteur qui souligne: 

         l'incompréhension de beaucoup de français qui ne comprennent pas ce que fichent, dans cette grève contre la réforme des retraites, des agents des services publics. 

       Interrogé par un  journaliste qui s'étonne de cette grève alors que les  cheminots ne sont pas concernés puisqu'ils pourront toujours partir à 50 ans, le  responsable de la CGT à la SNCF , Didier Le Reste,  répond que si les cheminots ne sont pas concernés  aujourd'hui ils le seront un jour et de préciser : "Peu m'importe qu'on soit flingué en 2018 ou  2021".

          Eh oui, cela ne s'invente pas. La grève  préventive pour une réforme qui ne concerne pas les cheminots. Les usagers apprécieront. Le journaliste  insiste en lui demandant s’il n’a pas peur que les gens prennent les cheminots pour des privilégiés.  Et voici ce que ce syndicaliste  ose lui répondre :

 "Celui qui me dit ça je lui dis  de sortir sa fiche de paie. Moi après trente  quatre ans de service je touche une retraite  de 2300 euros, il est où le privilège  là". Oui, vous avez  bien lu, 2300 euros de retraite. Avec  un départ à 50 ans. Beaucoup de Français ne gagneront jamais cette somme durant leur vie active. Didier  Le Reste est, comme toutes les "élites" françaises, complètement coupé des réalités. Et ce type va dès ce  soir emmerder tous les salariés, qui pour une grande  majorité ne gagneront jamais 2300 euros de retraite,  afin que lui et ses amis puissent continuer de  quitter leur boulot "pénible" à 50 ans pour des  retraites, vous l'avez compris, misérables. Nous  devrions peut-être nous cotiser pour lui acheter des mouchoirs. En attendant, demain si vous êtes coincés dans une gare vous aurez tout le temps de méditer sur  le triste sort des cheminots français. (Fin de citation)

 

            Ancien responsable et permanent Syndical à la RATP, j'ai souvent entendu ce genre de déclaration! J'avoue même que je comprends la réaction d'André le Lan et d'autres qui subissent les aléas de ces grèves.

            Il est clair que les troupes syndicales se trouvent dans les services publics plutôt que dans le privé. Les personnels de la SNCF et de la RATP et d’autres, ne sont pas concernés même si l'on peut dire :  pour le moment ! Mais ce "pour le moment" fait toute la différence! 


            J'estime qu'il est injuste à défaut d'être illégale d'utiliser les grèves pour mener une guerre politique. Car c'est bien d'une guerre politique qu'il s'agit. En recrutant des troupes qui ne sont pas concernés comme entres auters les lycéens. Les dirigeant syndicaux et politiques, tous marqués à gauche, ne souhaitent pas autre chose que de nuire à un gouvernement qu'ils haïssent ou méprisent. Un gouvernement qui s'est sans doute montré maladroit et aussi de son Président qui aurait dû éviter de déclarer que lorsqu'une grève se déclare dans les transports, on ne la ressent plus. La provocation n'est pas une bonne méthode de gouvernement. C'est la monnaie de sa pièce que l'on voit défiler dans la rue bien plus que le dossier des retraites.

          La grève est un droit! La grève est un devoir pour un salarié qui subit l'injustice d'un patron ou souhaite l'amélioration de ses conditions de travail ou l'augmentation de son salaire. 

          Mais quid d'un agent du service public qui fait grève par solidarité syndicale ou politique? Quid d'un prof qui entraîne des lycéens dans la rue? Il faut faire des masses nous disent les syndicats, faire nombre, faire que les places et les rues des villes soient recouvertes de manifestants et qu'importe si ces manifestants ne sont pas concernés. Qu'importe si ces manifestants provoquent des risques gravissimes pour des entreprises dépendantes de leurs services!

             J'entendais ce matin un leader syndical dire que la France était riche et qu'elle pouvait renoncer à cette réforme ou pour le moins suspendre cette réforme! Attendre et voir en somme! La France est endettée de 1500 milliards d'Euros. La France est riche? Comme une famille surendettée alors!

 

            Pour conclure, monsieur Didier Le Reste patron syndical qui parle de sa retraite de 2300€ est un jean foutre! Alors que le salaire médian est de 1500€ environ on ne se vante pas d'une retraite généreuse! On ne se vante pas d'une retraite qui écrase en montant et de loin, celles des plus faibles et des moins protégés par un statut. C'est un minimum. Celui de la décence. Pour répondre à Alain Le Lan, il ne faut pas croire qu'à 50 ans, un agent peut partir avec une retraire plein pôt. Que ce soit à la RATP ou à la SNCF et ailleurs, un agent de la catégorie exploitation peut prendre sa retraite à 50 ans si il a 25 ans de service! Ce qui implique qu'il soit dans l'entreprise à l'âge de 25 ans au minimum. Toutefois, s'il la prenait à cette âge en ayant ses 25 ans de service, il n'aurait qu'une retraite très faible, au prorata de ses cotisations qui ne lui permettrait pas de vivre correctement non à plein pôt comme on le laisse entendre. C'est pourquoi, la plupart ne partent pas à 50 ans mais bien à un âge plus proche des 60 ans voire, comme tout le monde pour ceux qui ne sont pas dans la catégorie "Exploitation".       

         Par contre, Monsieur Didier le Reste dans sa fougue syndicale ne réalise pas qu'il est effectivement décalé! Décalé du monde réel, décalé des salariés du privé, décalé de la réalité des entreprises françaises! C'est pitoyable et explique en partie pourquoi le taux de syndicalisation est aussi faible que cela en France! A quand la venue d'un syndicalisme responsable ?

Gérard Brazon

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

youpla 19/10/2010 22:20



Bonsoir !


La retraite servait à la base à dissiper les inégalités : permettre à ceux qui n'avaient pas d'enfants ou qui ne recevaient pas assez d'argent de leur part, de bénéficier d'une retraite décente.


Les mentalités ont bien changé et c'est là le problème. La retraite n'est pas un droit. On part à la retraite quand on le doit, parceque le corps ou parfois la tête sont trop fatigués. Mais
avec les progrès actuels de la médecine, la majorité des gens arrivent en parfaite forme à 60 ans. Il y a 50 ans, approchant la soixantaine on devenait vieux. Maintenant, à 60 ans, on
est encore plutôt "bien conservé". Demander une retraite qui reste à 60 ans, équivaut alors à se faire entretenir, à être "en vacances au frais de la princesse", alors que l'on pourrait
continuer à travailler... D'où l'intérêt de prendre la pénibillité en compte.. je ne sais pas comment est formulé le texte de loi sur ce sujet, j'admets ne pas l'avoir lu.


Ce n'est que l'avis d'une étudiante de 22 ans, qui trouve normal de travailler tant qu'on le peut. Après tout, ceux qui disent vouloir profiter de leur retraite n'ont rien compris : c'est
durant toute sa vie avant que l'on profite =)


PS : votre blog est vraiment bien, on a enfin l'impression que l'on peut discuter de politique calmement ^^



audrey 15/10/2010 20:41



(lyceenne dans un privé)


Est ce que c'est vrai que le fait d'allonger l'âge à la retraite empêche les jeunes d'entrer sur le marché du travail? Car enfait je crois bien que c'est cet argument qui provoque des
mobilisations de lycéens.


 



muller marie-claire 12/10/2010 19:00



L’UNI-Lycée dénonce l’instrumentalisation des lycéens




L’UNI-Lycée dénonce l’instrumentalisation des lycéens


Depuis plusieurs semaines, la mobilisation syndicale contre la réforme des retraites piétine. Pour tenter de ranimer ce mouvement, les syndicats et les partis de gauche espèrent parvenir à
entraîner les lycéens dans la rue. Pour cela, ils sont prêts à tout et ils ont donné consigne à leur branche jeune de perturber les lycées.


Ainsi, à Saint-Etienne comme à Alès, ce sont les jeunes communistes qui sont à l’origine des manifestations et des tentatives de blocages, alors qu’à Toulouse et à Nîmes, ce sont les jeunes
socialistes qui étaient cette semaine à la manoeuvre.


L’UNI-Lycée, troisième organisation lycéenne, dénonce l’instrumentalisation des lycéens par la gauche politique et syndicale. En manipulant ainsi les lycéens, la gauche les pousse à
se tirer une balle dans le pied. En effet, sans réforme des retraites, le système est condamné à la faillite et les lycéens seront alors les grands perdants.


Par ailleurs, l’UNI Lycée condamne les débordements qui sont invariablement liés aux tentatives de blocages de lycées, comme à Carpentras (académie de Montpellier), dans le lycée Victor Hugo,
où une lycéenne a été gravement brûlée par un fumigène lancé par les manifestants alors qu ?elle tentait de rentrer dans son lycée. L’UNI-Lycée appelle les lycéens à ne pas se laisser
manipuler par la gauche et les syndicats.