Des musulmans malais appellent à un autodafé de Bibles ce dimanche....

Publié le 26 Janvier 2013

Cela n’inspire que notre indignation et appelle à la prière pour ces cœurs durs et ces cerveaux ramollis… Que les musulmans malais se rassurent : aucun chrétien n’égorgera un de leurs coreligionnaires ni ne mettra le feu à une quelconque mosquée dans le monde en “représailles” à cette imbécillité inqualifiable.

L’État de Penang situé dans le nord-ouest du pays, se prépare à grands renforts policiers à empêcher un autodafé de bibles annoncé pour dimanche 27 janvier à Butterworth, chef-lieu du district de Seberang Perai.

La nouvelle, qui n’est connue que depuis mardi dernier, a été relayée rapidement, provoquant l’indignation des chrétiens et l’inquiétude des autorités, à quelques mois des élections générales, qui se préparent déjà dans un contexte de grande tension religieuse. En quelques heures le web s’est enflammé, tandis que se multipliaient les condamnations (ou approbations) de l’autodafé ainsi que les déclarations des différents mouvements religieux ou politiques, le grand absent de ces débats restant le gouvernement central resté étrangement silencieux.

C’est le Rév. John Kennady, pasteur de l’église anglicane St Mark à Butterworth qui a découvert mardi 22 janvier dans sa boîte aux lettre un tract invitant « tous les musulmans de Malaisie » à participer à « une grande fête » pour brûler des bibles en malais, dimanche 27 janvier à 10 heures devant le Dewan Ahmad Badawi de Butterworth.

Les organisateurs, un certain « Groupe d’action contre les bibles en malais »inconnu jusqu’à présent, expliquent avoir choisi le dimanche en raison de son caractère sacré pour les chrétiens, et concluent par cette incitation « Donnons leur une leçon ! ».

Après avoir immédiatement prévenu la Christian Federation of Malaysia(CFM), qui réunit la majorité des dénominations chrétiennes du pays (dont l’Église catholique), le pasteur a informé la police de Butterworth, laquelle a averti le gouvernement de Penang. The Malaysian Insider du 24 janvier, annonce que la police de Penang est déjà déployée sur le vaste terrain situé devant le Dewan Ahmad Badawi, un immense bâtiment municipal. La population a été quant à elle avertie de ne pas participer à un « événement » organisé par « des individus irresponsables, menaçant la paix et la sécurité des habitants ».

Première à réagir officiellement, la CFM a condamné « l’acte sacrilège » dès le 22 janvier dans une déclaration signée de son président, Mgr Datuk Ng Moon Hing, évêque anglican du diocèse de West Malaysia. Elle a également appelé les organisateurs de l’autodafé à renoncer leur entreprise « haineuse et menée à des fins purement politiques ». L’évêque anglican a souligné en effet que ces menaces intervenaient quelques jours seulement après qu’un homme politique ait lancé un appel à brûler en masse les bibles en malais.

Datuk Ibrahim Ali, chef du groupe pro-malais Perkasa et parlementaire proche de l’UMNO-BN, la coalition au pouvoir, a en effet fait scandale le week-end dernier en appelant à brûler toutes les bibles en langue malaise, celles-ci utilisant le mot « Allah » pour se référer à Dieu. Le leader extrémiste avait affirmé auparavant que des exemplaires de ces bibles avaient été distribués à des lycéens de Penang, les mettant en danger d’apostasie par l’emploi de ces termes « réservés à l’islam ». Un article duMalaysian Insider publié le 24 janvier, rapporte cependant que l’enquête de police vient de révéler que tous les exemplaires incriminés étaient en anglais et ne pouvaient donc contenir les mots en question (…).

Le ministre président de l’État de Penang, Lim Guan Eng, a déclaré qu’il prendrait « toutes les mesures nécessaires pour empêcher cet acte épouvantable qui mettant en danger l’harmonie nationale (…) « Jamais nous ne menacerions de brûler ou profaner aucun livre sacré d’aucune religion que ce soit », s’est indigné Mgr Ng, soulignant que les chrétiens « qui prêchaient la paix et l’amour, souhaitaient seulement œuvrer au bien du pays, dans la bonne entente avec les autres religions».

Les différentes obédiences chrétiennes ont elles aussi condamné unanimement la menace d’autodafé ainsi que la déclaration du chef du Perkasa qui l’avait précédée. Le 23 janvier, le président du National Evangelical Christian Fellowship (NECF), le Rév. Eu Hong Seng, a notamment appelé les chrétiens à répondre avec modération et dignité à une « initiative désastreuse et insensée » (…).

Source : Églises d’Asie

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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