Des nouvelles d'Iran - Par Iran-Résist. Préface de Gérard Brazon

Publié le 24 Mai 2011

Voilà un pays dont on parle peu en ce moment mais qui est secoué par une crise de confiance forte, liée au positionnement des Pasdarans (Gardiens de la Révolution) qui semblent avoir compris que le régime est en phase de déliquescence.

        Si le régime iranien devait tombé, la seule question importante qu'il faudra à se poser est, pour qui ? Si c'est pour une autre sorte de république islamique, grand bien leur fasse. Si c'est pour une restauration de la monarchie iranienne, c'est déjà mieux. Si c'est pour un régime laïc, alors la face du monde en sera changé. Surtout au regard du printemps arabe qui commence à ressembler plus à un automne.  l'Iran des libertés est-il possible? C'est en Iran que se trouve les clefs concernant Israël, c'est l'Iran qui contrôle le Hetzbollah et le Hamas, C'est l'Iran qui fait peur à la péninsule arabique, c'est l'Iran qui menace l'équilibre actuel du Moyen Orient. Pour autant, laisser la place nette aux sunnites, serait également une erreur.

Les sunnites et singulièrement l'Arabie saoudite sont les propagandeurs de l'islam dans le monde mais surtout en Europe. C'est l'argent des saoudiens, protégés par les Etats-Unis, qui sert à construire la plupart des mosquées en europe. Ce sont les sunnites avec les wahabites qui sont, parmi toute la population musulmane, les plus rétrogrades sur le plan des libertés politiques et des libertés des femmes. Il ne faut jamais oublier que c'est en Arabie Saoudite que l'espace publique est totalement interdit à d'autres religions que l'islam. Y compris les routes et autoroutes qui mènent à la Mecques. Et ne pensez pas que cela est normal alors que toutes nos cathédrales sont libres d'accès. Ce qui ne les empêche pas de protester contre lois françaises sur le voile islamique comme étant islamophobes. 

Gérard Brazon

de Iran Résist

La montée de la tension : des raisons d’agir dès le début de la semaine Il y a environ deux mois, le 15 mars, les Iraniens se sont rassemblés dans les rues pour enfreindre ostentatoirement les lois islamiques en dansant dans des réunions mixtes à l’occasion d’un événement formellement interdit par le régime, la Fête du Feu qui coïncidait avec l’anniversaire de la naissance de Reza Shah, le fondateur de l’Iran laïque. Les Pasdaran qui contrôlent l’ensemble des forces armées ne sont pas intervenus pour disperser ces rassemblements ouvertement anti-régime. Deux mois auparavant, ces mêmes miliciens avaient boycotté l’anniversaire de la révolution islamique et la commémoration du retour de Khomeiny en Iran en 1979. Il était clair qu’ils affichaient silencieusement leur soutien aux adversaires du régime. Cette union non déclarée des Pasdaran avec le peuple a permis d’espérer une nouvelle révolution.

Les derniers partisans du régime ont paniqué : ils se sont mis à vendre leurs biens pouracheter de l’or et préparer leur fuite. Le régime ne pouvait pas les raisonner ou les rassurer car sa seule défense était le Mouvement Vert conçu pour accompagner les soulèvements afin de dévoyer leurs revendications et ainsi éviter une révolution. Le Mouvement Vert ne servait plus à rien avec la possibilité d’une révolution grâce à l’adhésion des Pasdaran avec le peuple. Pour qu’il puisse accomplir sa mission de modérateur, le régime devait éliminer la possibilité de la révolution en empêchant l’union des Pasdaran avec le peuple.

Le bras de fer | Le régime a alors menacé de s’en prendre aux familles des Commandantsdissidents, mais ces derniers et leurs subalternes ont confirmé leur rupture en boycottant les manifestations en l’honneur de la création de cette milice chargée de défendre la révolution islamique. Le régime a sanctionné ce geste par l’exécution de trois commandants dans un accident de la route. Les Pasdaran n’ont pas reculé. Le régime a augmenté leur salaire. Ils n’ont pas changé de position.

Face au boycott permanent des Pasdaran faisant état d’une rupture définitive et alarmante, au début de ce mois, le régime a inventé le scénario de l’ambition dévorante des Pasdaran qui encourageraient un soulèvement pour assoire leur propre pouvoir, une rumeur destinée à faire peur au peuple et neutraliser le pas en avant des Pasdaran vers le peuple.

A défaut de soumettre les Pasdaran, le régime a inventé un moyen pour figer tous les élans de soulèvement qu’ils soient provoqués par des appels de l’opposition, par un nouveau boycott des Pasdaran ou encore provoqués par des manifestations spontanées.

Mais il est vite devenu clair que la rumeur de la vague menace des Pasdaran basée sur une vague querelle entre le Guide et Ahmadinejad ne suffisait pas pour convaincre le peuple et ainsi rassurer les derniers partisans du régime.

Il fallait sortir du scénario de l’épouvantail à l’effigie des Pasdaran et mettre en scène des actions coup de poing de la part des Pasdaran prétendument putschistes. Cela étant impossible, le régime a choisi d’abandonner les premiers motifs de putsch devenus encombrants via une inexplicable réconciliation entre le Guide et Ahmadinejad. Le projet était mort et le régime dépourvu de tout moyen pour se défendre contre l’unité potentielle entre les Pasdaran et le peuple.

Dans ce contexte, vers le 7 mai, le prince Reza Pahlavi a évoqué l’opportunité des grèves dans les secteurs clefs. Le régime a immédiatement réactivé le Mouvement Vert pour initier une grève dans les universités le dimanche 14 mai afin de prendre de l’avance sur les évènements pour contrôler toute action de ce genre.

Il a également décidé de relancer la rumeur intimidante du coup d’Etat des Pasdaran dans le cas où le Mouvement Vert ne réussirait pas à contrôler. Le prétexte choisi a été une querelle entre Ahmadinejad et le Parlement personnifié par Larijani, le président de cette assemblée, mais aussi actuel patron du régime, à propos d’une fusion illégale et anticonstitutionnelle de certains ministères dont celui du pétrole.

Mais le régime a vite réalisé qu’avec une grève générale, on serait en révolution et qu’en conséquence, on verrait très vite que les Pasdaran sont du côté du peuple. C’est pourquoi il a préféré proposer une reprise de dialogue aux Européens pour obtenir une pause dans les sanctions pour signer des contrats et ainsi se donner les moyens financiers d’augmenter les salaires dans l’espoir de calmer les mécontentements.

Mais les Européens bien qu’opposés aux sanctions qui visent leurs intérêts ont refusé car le fait de les choisir au lieu de choisir les Américains dénonçait une manœuvre passagère : Téhéran allait encore rompre le dialogue les forçant à adopter les sanctions qu’ils veulent éviter. En refusant, Ils ont sauvé leurs intérêts sans tenir compte des attentes de Téhéran. Le régime avait échoué et seulement réussi à révéler son isolement. Dès le refus européen, il a eu peur que ses hommes d’affaires le lâchent pour rejoindre le camp des opposants. Il s’est rabattu sur son épouvantail à l’effigie des Pasdaran pour contribuer à la méfiance vis-à-vis d’eux.

Mais le régime n’avait pas su exprimer la menace avec la querelle insipide entre Ahmadinejad et Larijani et pour y parvenir, il avait annoncé une manœuvre géante de tous les super commandos fanatiques des Pasdaran pour la fin de la semaine sur labase de Fatemieh. Cette démonstration de force a réuni très peu de monde. Nous avions parlé d’un échec.

Par la suitenous avons appris que la base militaire en question était celle de la brigade Qods, le corps d’élite des Pasdaran, qui est chargé de l’encadrement du Hezbollah et des services secrets du régime. Cela voulait dire que les plus zélés et ceux des services de renseignements n’en voulaient plus de ce régime. Le régime avait donc des raisons d’agir dès la fin de la semaine dernière par une action forte pour affirmer son autorité en montrant sa capacité de réprimer et d’arrêter ses adversaires.

Mais le samedi 14 mai, premier jour de la nouvelle semaine en Iran, le régime ne s’est pas engagé dans cette riposte évoquant sa capacité de répression car avec une telle capacité, il devrait étouffer toute action alors qu’à ce moment, il devait bien au contraire laisser son opposition officielle, le Mouvement Vert, entrer en action pour initier une grève afin d’être aux commandes et contrôler la situation. Le régime a retardé sa riposte pour ne pas décrédibiliser cette fausse opposition, unique moyen de dévoyer tout soulèvement.

Par ailleurs, par un hasard de calendrier, le régime devait organiser diverses conférences pour la promotion du commerce avec ses derniers partenaires commerciaux : d’une part, les pays de l’Asie Centrale, membres du groupe ECO et d’autre part, ceux de l’Asie Pacifique, membres du D8. Téhéran était tenu d’être sage. Il ne pouvait se permettre d’évoquer sa fragilité car ils auraient tourné les talons pour attendre un changement de régime.

Cette nécessité de rester calme a même déteint sur la « Conférence contre le terrorisme et pour une paix juste » qui se tient chaque année à Téhéran à l’initiative du régime pour dénoncer Israël comme un Etat terroriste. On n’a guère eu droit à des petits (gros) mots d’Ahmadinejad alors que le régime avait soigné le casting. 
© WWW.IRAN-RESIST.ORG 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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island girl 25/05/2011 16:27



Le régime iranien sera déstabilisé parce que sa population est jeune et au 21eme siècle les femmes iraniennes et certains hommes ne peuvent plus subir les privations que leur impose les fous de
dieu...internet existe ...la révolution viendra par la jeunesse!



Claude Germain V 24/05/2011 11:45



Rappelez vous l’ ayatollah khomeyny  (celui qui disait qu’il était normal de sod….ser des jeunes enfants ) "L'homme peut avoir un plaisir
sexuel avec un enfant, de sexe féminin aussi jeune qu'un bébé. Cependant, il ne doit pas pénétrer par devant, mais le sodomiser. Si l'homme pénètre l'hymen et cause des dégâts, alors il devra
être responsable de la fillette toute sa vie. Celle-ci, cependant, ne compte pas comme une de ses quatre femmes permanentes. L'homme, par contre, ne peut pas épouser sa sœur." hébergé
en France vers 1978  par les futurs collabos islamistes et monsieur Giscard d’Estaing (c’est de famille décidément) ,les américains en tête avec les français bien entendu pire
que des Judas (parce que dans la réalité des faits ,le dénommé Judas fut un grand-initié qui devait sur ordre de son Maitre le Christ accomplir une tache terrible , dans une autre dimension il
est certain que le dénommé Judas Iscariote se trouve dans la gloire de son Maitre . )


Décidément c’est exactement comme 2011 ,cette manie des américains ,des anglais et leurs alliés  du moment les parjures français ,avec cette propension à trahir leurs alliés
 de la veille .A commencer par Sadam Hussein (qui aurait pu facilement etre "remis" au pas ,sous certaines conditions et tous les dirigeants des pays d'Afrique du Nord .A qui
faire confiance ? c'est a vous dégouter d'avoir des pseudos alliés .


Les Palhavi de 1978 ont fait les frais de cette trahison sous prétexte de dictature ,ce qui s’est avéré faux par la suite lors des vengeances effectuées par Khomeyny
  sur les anciens du régime . Reza Shah Pahlavi fut effectivement un enfant de cœur à coté de ce qu’ont
fait  subir  Khomeyny et ses successeurs actuels au peuple Iranien .


Anecdote historique et ethnique les Iraniens ont un grand lien de parenté avec nous autre les européens ,c’est peut etre pour cela qu’ils ont conservé c’est
esprit frondeur et révolutionnaire.


Le Miracle concernant l’ Iran serait que les derniers Palhavi reviennent au pouvoir ,souhaitons le au peuple Iranien .


Bonne journée .



mfh 24/05/2011 09:11



le debut de la descente aux enfers a commence chez eux en 1979...ils ne peuvent que remonter;ca donne de l espoir:ils entraineront peut etre les autres dans leur resascension ou tout du moins une
chute moindre...mf



Nancy VERDIER 24/05/2011 08:30



C'est bien, ça avance doucement. Si le peuple et une partie de l'Armée s'allient, c'est bon signe.  Mais prudence. Les religieux savent manipuler. Qu'Amandinejad saute et le fils du Shah
revienne dans le jeu me ferait quand même très plaisir. Rien n'est simple à présent. C'est une partie d'Echecs avec le Hezbollah en prime.