Des syndicats français boycottent le Qatar.

Publié le 16 Octobre 2013

Des syndicats français ont décidé de ne pas se rendre au prochain Forum mondial de la sécurité sociale, en novembre au Qatar. Ils dénoncent les conditions de vie et de travail dans l’émirat.

La Croix.fr

Le prochain forum de l’Association internationale de la sécurité sociale (AISS) – elle regroupe 360 organismes de protection sociale de plus 150 pays –, aura lieu du 10 au 15 novembre à Doha, au Qatar. Ce riche pays du Golfe qui a obtenu l’organisation de la Coupe du monde de football en 2022, est accusé depuis plusieurs semaines d’exploiter les travailleurs étrangers employés sur les chantiers du Mondial.

« Un certain nombre d’organisations de salariés ont fait part de leur désaccord sur ce choix (du Qatar, NDLR) lié aux conditions de travail des migrants », a annoncé lundi 14 octobre, Jean-Louis Deroussen, président du conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf), pour justifier leur décision de ne pas se rendre au Qatar.

DES VALEURS INCOMPATIBLES AVEC LA SÉCURITÉ SOCIALE

Seule la CFE-CGC devrait se joindre à la délégation française qui se limitera à 20 représentants cette année, contre 80 lors de la précédente édition organisée au Cap en Afrique du Sud en 2010.

« Les valeurs de la sécurité sociale sont incompatibles avec les conditions de vie et de travail de ce pays », a justifié Jean-François Naton, conseiller confédéral en charge du travail et de la santé à la CGT. « Ils achètent tout, même le PSG, mais on n’achète pas la Sécurité sociale », a-t-il ajouté.

« Le Qatar est un État membre de l’AISS, le Qatar est membre de l’ONU, le Qatar est membre de l’OIT. Il a postulé, comme tous les pays membres de l’AISS peuvent le faire, pour l’organisation de ce forum et il a été retenu », a riposté Jean-Louis Deroussen.

Afin d’attirer sur son sol les réunions internationales, le Qatar met en avant ses nombreuses installations hôtelières et de congrès. Mais de plus en plus, l’émirat est montré du doigt par les organisations de défense des droits de l’homme. En 2011, elles avaient dénoncé l’arrestation et l’emprisonnement du poète Mohammed al Ajami. Son crime ? Avoir écrit un poème dans lequel il critiquait largement les gouvernements du golfe Persique, affirmant : « Nous sommes tous la Tunisie face à l’élite répressive ».

L’AFFAIRE DU LYCÉE BONAPARTE

Récemment, les relations France-Qatar ont eu à souffrir de deux contentieux concernant deux lycées français. Début septembre, le proviseur du lycée Bonaparte de Doha (il dépend de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger, rattaché au ministère des Affaires étrangères), a dû quitter précipitamment Doha. Il était menacé de procès à la suite d’une plainte d’une employée pour « attitude antimusulmane », selon le site d’information en ligne Mediapart.

Le Quai d’Orsay a confirmé le retour en France de ce proviseur, présenté comme « une solution de compromis » à la suite « d’un différend avec une employée ». Selon le site Mediapart, qui a interrogé des parents d’élèves témoignant sous couvert de l’anonymat, un conflit a éclaté entre le proviseur et la directrice financière du lycée. Il lui reprochait de ne pas détenir les diplômes requis pour ce poste et qu’elle disait avoir. C’est elle qui de son côté aurait porté plainte pour « attitude antimusulmane ».

LA MISSION LAÏQUE S’EST RETIRÉE DE LA GESTION DU LYCÉE VOLTAIRE

L’autre affaire concernait le lycée Voltaire qui dépendait de la Mission laïque française. Fin 2012, son proviseur, Franck Choinard, avait été poussé vers la sortie. Selon Mediapart il avait été accusé de pédophilie, une accusation qu’il réfute.

Auparavant, la mission laïque française qui gérait le lycée Voltaire avait été accusée de détournement de fonds. Une plainte déposée en ce sens en France vient d’être classée sans suite par le parquet de Nanterre, a indiqué Yves Aubin de la Messuzière, président de la mission laïque.

Plusieurs médias français avaient rapporté qu’à l’origine de ces péripéties se trouvait un conflit sur les programmes, les dirigeants qatariens contestant le contenu de certains livres d’histoire et de sciences naturelles, jugés selon eux anti-islamiques. La gestion du lycée Voltaire est maintenant assurée par le Qatar.

 

AGNÈS ROTIVEL

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Pivoine 17/10/2013 11:49


Même pour un salaire mirobolant, je n'irais jamais travailler dans un tel pays !