Désaccord ouvert entre les Etats-Unis et Israël : les grandes manœuvres conjointes annulées.

Publié le 16 Janvier 2012

 

Barak Obama

 

La discorde américano-israélienne à propos de l’action à mener contre l’Iran est passée en surmultiplié, dimanche 15 janvier, lorsque la Maison Blanche a annulé Austere Challenge 12, les plus grandes manœuvres conjointes que les Etats-Unis et Israël aient jamais mis sur pied, prévues pour se dérouler au printemps, en représailles causées par un commentaire de l’adjoint au Premier ministre, Moshe Ya’alon, lors d’une interview tôt dans la matinée à la radio. Il disait que les Etats-Unis étaient hésitants en ce qui concerne les sanctions contre la Banque Centrale Iranienne et le pétrole, par crainte que les prix du pétrole n’atteignent des sommets.

 

 

La bataille rangée entre Washington et Jérusalem est, à présent, ouverte, provoquant sans aucun doute des réjouissances à Téhéran.

 

 

Rien n’a été dit concernant les 9,000 hommes de troupes qui ont atterri en Israël, plus tôt ce mois-ci, pour un séjour de longue durée. Pas plus concernant la visite prochaine du Général Martin Dempsey, Président de l’Etat-Major interarmes américain, prévue pour jeudi.

 

 

L’exercice a été officiellement reporté du printemps 2012 au dernier trimestre de l’année, du fait de « contraintes budgétaires » - une formule diplomatique évidente pour parler d’une annulation. Cela a été diffusé en urgence à une heure inhabituellement précoce, selon l’horaire de Washington, d’après les sources de Debkafile, pour souligner la désolidarisation totale de l’Administration Obama, concernant tout préparatif visant à frapper l’Iran et mettre l’accent sur sa position disant que si une attaque avait lieu, seul Israël devrait en être tenu pour responsable.

 

L’adjoint au Premier ministre a attisé davantage l’un des désaccords les plus aigus dans l’histoire des relations américano-israéliennes, au sujet des objections de l’Administration Obama à l’encontre d’une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes sous quelque forme que ce soit. Ya’alon s’est aventuré en terrain miné, lorsqu’il a pointé du doigt que le Congrès américain avait fait preuve de résolution en adoptant la législation sur les sanctions avec un réel mordant. Mais [que] la Maison Blanche « hésitait ». IL a poursuivi en disant : « Une opération militaire est le dernier recours, mais Israël doit être prêt à se défendre par lui-même ».

 

La friction était déjà alimentée, depuis la semaine dernière, par le profond ressentiment qui est survenu en Israël, du fait de la sévère condamnation, par Washington, de l‘assassinat, mercredi dernier, 11 janvier, du scientifique nucléaire, le Prof. Mostafa Ahmadi-Roshan, qui se voulait être un démenti absolu de toute implication américaine.

 

Bien que Téhéran ait, depuis lors, accusé les Etats-Unis de l’attaque, la Maison Blanche l’a interprété comme un signe de défiance au sujet d’une opération militaire israélienne unilatérale contre l’Iran, à laquelle l’Administration est catégoriquement opposée.

 

 

Vendredi 13 janvier, le Pentagone a annoncé le renforcement substantiel de sa puissance de feu autour de l’Iran, positionnant près de 15 000 soldats au Koweit – deux brigades d’infanterie de l’armée et une unité d’hélicoptères – et en faisant garder la région par deux port-avions : l’USS Carl Vinson, l’USS Steinnis et leur groupes d’attaque.

 

 

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Les sources militaires de Debkafile révèlent qu’un troisième porte-avions accompagné de son groupe d’attaque, l’USS Abraham Lincoln, est également en route vers le Golfe Persique.

 

Ce renforcement massif indique, soit que le Président Obama met la barre très haut, dans ses désaccords à l’encontre d’une frappe israélienne et qu’il renforce les défenses des moyens militaires contre des représailles iraniennes – soit, alternativement, que les Etats-Unis tentent de coiffer Israël au poteau en attaquant eux-mêmes l’Iran.

 

L’objectif officiel de la visite du Général Dempsey, jeudi prochain, était censé concerner la coordination entre les forces armées américaines et Tsahal. Mais son principal objet constituait une nouvelle tentative de dissuader le gouvernement d’Israël et ses dirigeants militaires de se lancer dans des plans d’attaque de l’Iran sans le consentement préalable de Washington.

 

 

Le prétexte des “contraintes budgétaires” saisi pour annuler Austere Challenge 12 est difficile à créditer, puisque la majeure partie du financement a déjà été dépensé, lors du transport des 9,000 hommes de troupe américaines en Israël  ce mois-ci. Bien que l’exercice auquel ils devaient participer ait été facturé comme devant tester les systèmes de défense anti-missiles israéliens et américains, le Commandant des opérations, le Lieutenant Général Frank Gorenc, de la Troisième Force aérienne américaine avait annoncé que l’évènement était plus un « déploiement » qu’un « exercice ».

 

Son annulation met Washington et Jérusalem à couteaux tirés, dans quatre domaines déterminants :

 

1. Le Président Obama pense qu’il fait le maximum sur le terrain des sanctions contre la Banque Centrale d’Iran BCI et les restrictions pétrolières. Il a besoin de temps pour persuader plus de gouvernements de le soutenir. Israël ne perçoit que de bien maigres progrès dans les tentatives diplomatiques rampantes, à la recherche de soutiens, et est impatient de passer à l’action. Au rythme où les sanctions se mettent en place, elles ne seront pas opérationnelles avant la fin de 2012 et, à ce moment-là, l’Iran aura déjà acquis une arme nucléaire.

 

Les dirigeants israéliens soupçonnent aussi que l’Administration Obama pourrait traîner des pieds délibérément, dans l’espoir d’encourager l’Iran à entrer en négations et ainsi éviter une épreuve de force militaire. Ils remarquent que tous les précédents cycles de pourparlers ont été exploités par l’Iran pour progresser d’un bond dans leur quête de l’arme nucléaire, les mains libres de toute tracasserie internationale.

 


2. Le Président Obama insiste pour que les Etats-Unis agissent seuls, s’ils devaient attaquer l’Iran, soit sans implication militaire israélienne. Cela lui laisserait les mains libres pour décider exclusivement quand et comment lancer une opération. Il compte sur l’étroite coopération militaire et du renseignement qu’il a instauré entre les deux forces armées et agences, pour préserver Washington de toute surprise d’une action solitaire d’Israël. Mais Israël a décliné de remplir cet engagement – même face aux plus grands efforts de persuasion menés par les responsables américains.

 

3.  Les stratèges militaires américains comptent que des représailles iraniennes suite à une attaque contre ses sites nucléaires, soient restreintes et limitées à quelques atouts militaires américains dans la région, des cibles israéliennes et des installations pétrolières dans le Golfe Persique, comprenant une fermeture temporaire et partielle du Détroit d’Hormuz, à travers lequel s’achemine un cinquième du pétrole mondial.

 

Ils s’attendent à ce qu’Israël réfrène toute action de réplique en cas d’attaques iraniennes et laisse l’option des répliques entièrement entre les mains des Américains. Des responsables américains ont fait savoir qu’ils craignent qu’un trop grand nombre de morts israéliens pousse à l’extrême l’opération militaire américaine toute entière vers le déséquilibre et que cela ne génère des conséquences imprévisibles.


Les troupes américaines arrivées étaient, par conséquent, armées de l’intercepteur de systèmes anti-missiles THAAD (Terminal High Altitude Area Defense hit-to-kill weapons), pour démontrer au gouvernement israélien que les Etats-Unis restaient au maximum de leurs possibilités concernant tous les mouvements militaires tentés contre l’Iran- aussi bien offensifs que défensifs.

 

Sur ces trois points, les Etats-Unis et Israël sont en désaccord. Pas plus le Premier ministre Binyamin Netanyahou, que le ministre de la Défense Ehud Barak ou l’adjoint au premier ministre Ya’alon, qui sont responsables de toute décision concernant l’Iran, ne veulent placer toute leur confiance pour défendre Israël entre les mains américaines ni renoncer aux options militaires unilatérales contre l’Iran. Ils croient les responsables américains, lorsqu’ils affirment que l’Administration est prête à empêcher l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire, mais ils veulent voir des preuves du pudding [selon l’expression : la preuve du pudding c’est quand on le mange] et des actions concrètes qui aillent au-delà de la rhétorique. A la lumière de renseignements crédibles que l’Iran est très proche d’atteindre son objectif nucléaire, Israël tient plus que tout à son option militaire, malgré les objections américaines.

 

http://www.debka.com/article/21652/

DEBKAfile  Analyse exclusive  15 janvier 2012, 3:31 PM (GMT+02:00)

Adaptation : Marc Brzustowski

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Marie-Claire Muller 17/01/2012 18:03


C'est Israël qui a reporté ces manoeuvres voici l'article sur ESSEKELE:



L’exercice conjoint américano-israélien
annulé par Netanyahou, à la grande surprise de Washington.



 





Le Premier Ministre israélien Binyamin Netanyahu


 


Les sources de Debkafile dévoilent en exclusivité que, contrairement à ce qui a été mentionné dans les  récents
rapports publiés à Washington, Jérusalem –et y compris sur ce site- c’est le Premier Ministre Binyamin Netanyahou, pas l’Administration Obama, qui a décidé d’annuler le plus grand exercice
conjoint américano-israélien jamais mis sur pied, Austere Challenge 12, prévu pour avril 2012.


 


Cette décision a décontenancé Washington. On l’a perçue comme la marque de la désapprobation d’Israël quant à l’apparente hésitation
de l’Administration à se lancer vers les seules sanctions fermes qui aient la moindre chance de marcher, contre le programme d’armement nucléaire de l’Iran : pénaliser sa Banque Centrale et
bloquer les paiements de ses exportations pétrolières.


 


C’était la première fois, depuis toujours, qu’Israël ajourne des manœuvres militaires conjointes ; cela a généré un véritable
séisme dans les relations entre les Etats-Unis et Israël, dans une période où l’Iran n’a jamais été aussi proche de produire une arme nucléaire.


 


Cette semaine, Netanyahou a, de plus, orchestré une série de déclarations faites par ses principaux ministres plus critiques qu'à
l’accoutumée : l’adjoint au Premier ministre, Moshe Ya’alon a décrit l’Administration Obama comme « hésitante » (15 janvier), après quoi le ministre des Affaires étrangères a
exhorté les Américains à « passer des paroles aux actes » (16 janvier).


 


Le message sous-jacent laisse entendre que le gouvernement israélien se sent libre d’attaquer de lui-même les sites nucléaires de
l’Iran, si nécessaire et au moment de son choix.


 


Les sources de Debkafile rapportent que Netanyahou a décidé d'adopter cette voie extrême, après avoir minutieuses considéré
la façon d’évaluer la résolution de l’Administration Obama d’empêcher un Iran nucléaire de pavoiser, comme l'indique quatre types d'omissions :


 


1. Washington n’a entrepris aucune action contre la capture par l’Iran du drone furtif RQ-170, le 4 décembre, plus d’un mois après
l’évènement, et même pas cherché à appuyer l’exigence du Président Obama, le 12 décembre que le drone soit renvoyé sur-le-champ.


 


 


Téhéran, pour sa part, continue de faire son miel de cette histoire : cette semaine, rapportent nos sources iraniennes, la République
Islamique a mis en circulation un nouveau jeu informatique appelé : “Abattez le RQ-170”. Les joueurs assemblent le drone à partir des composants montrés sur leurs écrans et ensuite le lancent
dans des attaques contre l’Amérique.


 


 


2. Le silence de Washington a aussi accueilli le commencement de l’enrichissement d’uranium à 20%, dans l’installation
souterraine de Fordo, près de Qom, lorsqu’il a été annoncé, le 9 janvier. En novembre dernier, le ministre de la Défense Ehud Barak avait averti, lors de deux interviews télévisées aux Etats-Unis
(les 17 et 22 novembre) que, dès que l’installation de Fordo se mettrait en marche, l’Iran pourrait commencer à donner un coup de fouet au reste de ses installations nucléaires dans des bunkers
souterrains, hors d’atteinte et d’observation par la surveillance américaine et israélienne.


 



Barak avait exposé clairement, à l’époque, qu’Israël ne pourrait pas vivre avec une telle évolution ; par conséquent, le Gouvernement Netanyahou pense que la crédibilité d’Israël est, à
présent, en jeu.



3.  Il y a exactement trois semaines, le 3 janvier, le Lieutenant-Général Atoallah Salehi, le chef de l’armée iranienne, a annoncé que le porte-avions USS Steinnis et d’autres
“navires ennemis” seraient dorénavant interdits d’entrer dans le Golfe Persique, en passant par le Détroit d’Hormuz. Mais depuis lors, aucun porte-avions américain n’a mis à l’épreuve cette
menace, en tentant la traversée. On a préféré laisser Téhéran pavoiser.

Marie-Claire Muller 16/01/2012 18:08


Sur DREUZZ/CES manoeuvres mieux planifiées mieux préparées se dérouleront  dans environ 6mois