Dettes de l’UMP : les militants n’ont pas fini d’écoper ! Par Nicolas Gauthier

Publié le 9 Juillet 2014

Nicolas Gauthier pour Bd Voltaire

Enfin une bonne nouvelle pour l’économie française : à en croire la presse spécialisée, les bonnes comédies populaires bien de chez nous feraient salle comble, rivalisant ainsi avec les « blockbusters » américains et permettant au passage d’espérer un peu de croissance. La preuve par le succès inattendu de ces derniers mois : Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?

Remarquez, l’air du temps étant ce qu’il est, c’est aussi la question que se posent les militants de l’UMP. Ainsi, ce mardi, étaient épluchés les comptes du mouvement un temps dirigé par Jean-François Copé. Avec au bout du compte, quelques 80 millions de dettes que ces braves grognards avaient déjà en partie écopés lorsque les comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy avaient été invalidés.

Les loufiats qui piquent dans la caisse, ça fait toujours de bons sujets de comédies populaires ; voyez Claude Rich dans Oscar, le comptable qui fait les poches de son patron, Louis de Funès. Oui, bon sujet, cette UMP, fameuse Union pour un mouvement populaire, mais de moins en moins populaire, dans les sondages, les urnes et bientôt devant les tribunaux. Mais beau succès d’estime devant un public qui n’en finit plus de s’exploser les zygomatiques.

Qu’on en juge, à en croire notre confrère lepoint.fr : « Pour la seule année 2012, l’UMP aurait eu près de 98 millions d’euros de charges pour des recettes de 58 millions d’euros seulement. » Trou qui a sûrement dû être un peu creusé en 2012 par « près de 23 millions d’euros en congrès et manifestations. » Soit à peine plus que les 21,5 millions empochés dans le même temps par Événements, filiale de la désormais fameuse société Bygmalion, dirigée par de jeunes gens, forts sympathiques et entreprenants, doublés d’humanistes manifestement incompris. Et par les juges, surtout, encore plus teigneux que les critiques cinématographiques.

La communication, les meetings, les brochures, ce n’est évidemment pas donné. Mais quand le PS se contente, pour la campagne présidentielle de François Hollande, d’un peu plus de cinq millions, l’UMP en lâche plus du double. Avec le résultat magistral qu’on sait…

Pour demeurer dans le registre du théâtre de boulevard, autre forme de comédie populaire, la donzelle qui dilapide l’argent du mari. Et là, c’est Le Journal du Dimanche qui nous révèle que les dépenses de billets d’avion de Jean-François Copé se montent à 27.000 euros pour l’année dernière. Les tournées en province, ça coûte des sous ; ce n’est pas Michel Galabru qui nous démentira. Plus rigolo, en revanche, sont celles de Nadia Copé, son épouse à la ville comme à la scène : 24.000 euros.

Moins indulgent, lepoint.fr, estime que la petite note atteindrait en fait le million ; bel effort d’économies, sachant qu’en 2012, année de la tournée sarkozyste des stades, la douloureuse aurait atteint « les 10 millions d’euros ». Mazette ! On dit que les voyages forment la jeunesse, mais faudrait peut-être pas non plus voir à pousser la mémère niçoise, encartée à droite depuis la mort de Jean Nohain, trop fort dans les orties…

Surtout quand ce sont les mêmes qui vous assurent, avec le sérieux papal d’un Francis Blanche ou d’un Jean Yanne, que les socialistes sont des gaspilleurs et les lepénistes des brelles en matière économique.

Alors, après le Sarkothon, plus belle arnaque de ce début de siècle ex-aequo avec Robert Madoff et Jeff Koons, comment l’UMP peut-elle encore sortir le groin de la bauge ? Se recycler dans la comédie populaire, pardi ! Allez, une idée de titre : Intouchables. Mince, flute, saperlipopette et crotte de zut ! Il est déjà pris. Et risque surtout de ne pas faire très bon effet devant des magistrats censés défendre les intérêts du peuple souverain.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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