Deux Français sur trois jugent que la campagne n'est "pas intéressante".

Publié le 6 Mars 2012

Le Monde.

François Hollande et Nicolas Sarkozy, en Corrèze, le 28 avril 2011.

François Hollande et Nicolas Sarkozy, en Corrèze, le 28 avril 2011. AFP/PHILIPPE WOJAZER

 

La nouvelle vague du baromètre d'intentions de vote, réalisée les 2 et 3 mars parIpsos-Logica Business Consulting pour Le Monde, France Télévisions et Radio France, comporte trois enseignements. Primo, une large majorité de Français juge que la campagne électorale n'est pas intéressante. Secundo, François Hollande etNicolas Sarkozy voient s'effriter les intentions de vote en leur faveur. Tertio, les trois candidats de second rang, Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon, progressent.

Tout se passe donc, à ce stade, comme si les deux principaux candidats étaient tenus pour responsables d'une campagne jugée décevante ; cela semble inciter les électeurs à explorer d'autres hypothèses de vote.

Deux Français sur trois, en effet, considèrent que la campagne pour l'élection présidentielle n'est pas intéressante: 30 % la jugent "pas du tout intéressante" et 35 % "plutôt pas intéressante". Cette déception est majoritaire dans tous les électorats, y compris chez les partisans de François Hollande (53 %) et ceux de Nicolas Sarkozy (58 %). Mais elle est particulièrement marquée chez les électeurs potentiels de Jean-Luc Mélenchon (62%) et, surtout, de Marine Le Pen (73 %) et François Bayrou (74 %).

OCCULTER LES DIFFICULTÉS QUOTIDIENNES

Indépendamment du climat de la campagne, dominée depuis quinze jours par l'affrontement incessant entre le président sortant et le candidat socialiste, c'est le contenu du débat public qui est jugé insatisfaisant. Une nette majorité de personnes interrogées estime que l'on "ne parle pas assez" du logement (73 %), des retraites (73 %), de la justice (68 %), du pouvoir d'achat (63%), de l'environnement (62%), de l'école (62%, alors même le chef de l'Etat a présenté il y a peu ses propositions sur le sujet), du chômage et de l'emploi (59 %), et de l'insécurité (53 %).

A l'inverse, une majorité relative (43 %) considère que l'"on parle trop" de la crise économique et financière. Cela ne signifie pas que les Français veulent occultercette crise. Ils sont en effet une majorité (54 %) à considérer que l'"on a raison devouloir réduire fortement et rapidement les déficits et la dette ; c'est une condition absolue pour faire face à la crise", contre 39 % qui jugent que la réduction forte et rapide des déficits et de la dette "va aggraver la crise".

La nécessité d'une vigoureuse remise en ordre des finances publiques est approuvée par tous les électorats (75 % des sarkozystes, 57 % des bayrouistes, 52 % des lepénistes et une courte majorité des socialistes – 48 % contre 46 % –); seuls les partisans de M. Mélenchon considèrent, à 65 %, qu'elle aggraverait la crise. Mais, dans leur ensemble, les électeurs souhaitent, à l'évidence, que cet enjeu n'éclipse pas tous les autres, et en particulier ceux de leurs difficultés quotidiennes.

FORTE INCERTITUDE CHEZ LES JEUNES

Pour l'instant, cette forte déception à l'égard du débat électoral n'annonce pas une poussée de l'abstention, puisque 78 % des personnes interrogées disent avoirl'intention d'aller voter au premier tour de l'élection présidentielle. Mais elle provoque un sérieux flottement dans les intentions de vote.

Ainsi, en une semaine, la certitude du choix a baissé en moyenne de 4 points (à 57 %), contre 43 % des sondés qui disent pouvoir encore changer d'avis (et jusqu'à 62 % chez les partisans de MmeJoly et 56 % chez ceux de M.Bayrou). L'incertitude est particulièrement marquée chez les jeunes (18-34 ans), dont 60 % assurent qu'ils peuvent modifier leur choix d'ici au 22 avril.

L'autre signe d'hésitation est évidemment la baisse, parallèle, des deux principaux candidats: s'il continue à distancer nettement son adversaire principal, François Hollande passe sous la barre des 30 % (29,5 %), et Nicolas Sarkozy retombe à 25%, son niveau d'il y a trois semaines, au moment de son entrée en campagne. Le constat est évidemment plus inquiétant pour le président sortant: il ne parvient pas à combler son retard sur son adversaire socialiste ; son socle s'effrite à nouveau puisqu'il ne retrouve que 77 % de ses électeurs de 2007, en baisse de 5 points en une semaine ; enfin, les intentions de vote pour le second tour restent pour lui calamiteuses (42 %).

A l'inverse, les trois candidats de second rang marquent des points:

+1,5 (à 17,5 %) pour Marine Le Pen, qui efface ainsi le tassement qu'elle avait enregistré depuis la mi-janvier;

+1,5 point pour Jean-Luc Mélenchon qui, avec 9,5 % d'intentions de vote, flirte désormais avec son objectif d'un score à deux chiffres;

+1point (à 12,5 %) pour François Bayrou, qui enraie ainsi l'érosion qu'il avait connue depuis la mi-janvier.

Ipsos Rapport Barometre Intention de Vote Vague12

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Marie-Claire Muller 07/03/2012 15:54


 







Lettre ouverte à François Hollande











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Gizardin Henri - lundi 05 mars 2012
2012, parti-socialiste, fiscalite

Cher François,


Je ne comprends pas votre obstination soudaine à fustiger les riches !?


Vous êtes depuis toujours nourri par de l'argent public. Or pour payer vos honoraires , solde, indemnités et autres primes , il a bien fallu que des contribuables
crachent sans barguigner au bassinet public.


Certes, votre CV révèle quelques mois de travail privé, chez un ami avocat, et des cours d' « Économie » (à l'IEP Paris), ce qui ne manque pas de sel, vous qui
promouvez sans réserve la dépense publique !


Depuis votre belle sortie de l'ENA à 26 ans, vous avez assumé des postes de fonctionnaire à l'indice élevé ou de conseiller dans les cabinets roses, alternés avec des mandats électifs qui
sont rapidement et définitivement devenus votre pain complet quotidien.


Dans les antres du pouvoir, vos conseils se rapportaient à l'économie et vous fûtes même un temps secrétaire à la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. C'est dire que
vous en connaissez un brin dans le bilan des comptes et décomptes publics !


Je ne peux et n'ose calculer la somme totale que les contribuables ont d'ores et déjà envoyé sur votre livret A, mais ce doit faire , cumulé, une somme rondelette ? Si vous voulez
poursuivre jusqu'à une retraite méritée vos activités au service des citoyens qui sont vos clients depuis si longtemps, il convient de préserver ceux qui lâchent tous les ans une notable
partie de leurs deniers, puisque aussi bien beaucoup de Français et la plupart de ceux qui vous révèrent depuis peu ne sont pas assujettis à l'impôt direct...


Imaginez que, suivant Mélenchon dans son délire anticapitaliste afin d'agréger au second tour ses électeurs, vous poursuiviez cette obstinée traque des « riches ». Vous risquez de vous
retrouver avec pas mal de vos comparses dans le bateau attaqué par les pirates du Fisc et qui menacerait alors de sombrer .


Je sais bien que les fédérations socialistes du Nord et des Bouches-du-Rhône, expertes en ingénierie financière, pourraient vous indiquer quelques filons pour engendre des bonus échappant
aux inquisitions des gabelous. Mais je vous sais trop attaché à une République transparente pour vous laisser glisser sur des pentes fartées au savon noir de Marseille...


Cher François , je vous en conjure, cessez vos mélopées contre ces nantis qui ont, contre leur gré, bourse déliée à votre profit !


À leur faire rendre gorge au nom de l'équité, vous risqueriez bien à la fin et comme eux, de vous retrouver du côté des spoliés !


Démocratiquement à vous,


H.Gizardin , citoyen ordinaire mais vigilant.




jpb 06/03/2012 18:20


Ipsos,belle connerie