Dhimmis et harbis : la nouvelle langue française

Publié le 11 Avril 2012

L'Allemagne nazie a eu la LTI (Lingua Tertii Imperii); la Russie soviétique, la TFT (toufta);

le communisme et les pays où il a régné, la novlangue; les organisations socialistes ou

autres, la langue de bois; la France a aujourd'hui sa NLF ou Nouvelle Langue Française, la

langue écran ou herse ou camisole de force des bien pensants qui, en nous imposant des

mots frelatés, veulent nous interdire de saisir le réel et de le penser.

 

Dhimmis et harbis 

Il est des faits occultés ou méprisés : c’est ceux qui touchent les dhimmis, à savoir ces peuples qui, leur pays ayant été conquis, pillé, mis en coupe réglée par les arabes et les ottomans islamisés, se sont soumis aux conquérants et envahisseurs et se sont trouvés dans leur propre pays en moins de deux ou trois siècles minoritaires, mais « protégés » (c’est le sens du mot arabe: dhimmi) par les nouveaux seigneurs du monde devenu islamique.

Bat Ye’or, une femme née dans la communauté juive d’Egypte, est la seule spécialiste du monde arabe et musulman à prendre pour objet d’étude la condition de dhimmi. La condition de dhimmi ou dhimmitude, vieille de plus de quatorze siècles, dure encore dans les pays d’islam qui n’ont pas été totalement purifiés : l’Irak, la Syrie, la Jordanie, l’Egypte, le Soudan.

Contrairement aux chercheurs estampillés qui se pressent dans les pays d’islam pour se prosterner aux pieds des oppresseurs, Bat Ye’or prend le parti des opprimés pris « dans le lacis des contraintes discriminatoires » qu’impose l’islam. Si les organisations dites antiracistes et autres ligues dites des droits de l’homme étaient fidèles à ce qui les justifie, elles militeraient pour que ces discriminations soient abolies. Elles ne le font pas.

Pour Bat Ye’or, c’est « le négationnisme historique » consubstantiel à ces organisations qui explique leur très pieux silence ou leur ignorance crasse.  « Etre dhimmi, c’est avant tout une façon d’être au monde, en fonction d’un conditionnement inconscient de la totalité de l’être », façonnée, modelée par une expérience millénaire vécue par des millions d’hommes et surtout régie par des lois. « L’histoire des sociétés esclaves ne peut pas être analysée avec les mêmes paramètres que l’histoire des peuples libres », écrit-elle. Elle les sort du double avilissement (islamique et occidental) dans lequel ils sont tombés.

Pour les législateurs de l’islam, et cela, depuis le VIIIe siècle, le monde se divise en deux zones : dar el islam ou "maison de l’islam", et dar el harb ou "maison de la guerre"Les gens du Livre, les juifs et les chrétiens, se répartissent en dhimmis, quand ils vivent dans le dar el islam, et en harbis quand ils vivent dans la zone de guerre. La notion qui règle tout est celle de harb. Le monde, selon les théologiens de l’islam, est régi par le djihad : cet « effort » que s’imposent les musulmans pour islamiser le monde, faire entrer les harbis dans le dar el islam et soumettre l’humanité tout entière à la loi d’Allah.

La condition de dhimmi résulte du djihad. « Les lois édictées par la charia touchent à tous les domaines de l’existence ». Les dhimmis sont soumis à des impôts particuliers. Il leur est interdit de construire, agrandir, restaurer leurs lieux de culte (églises ou synagogues) ; leur culte n’est pas interdit, mais il doit se faire discret ; leur témoignage contre un musulman n’est pas recevable ; ils sont condamnés à mort s’ils épousent une musulmane ou s’ils ont l’audace de faire du prosélytisme ; il leur est fait obligation de pourvoir à l’effort de guerre qui pousse les musulmans à conquérir de nouveaux territoires. La possession du sol leur est interdite. Leur terre est dite fey : c’est un butin de guerre. C’est donc l’islam victorieux qui décide des interdits dont pâtissent les dhimmis et des droits qui leur sont abandonnés. La négociation n’est pas possible.

Le dhimmi est un ancien harbi qui a accepté la victoire des armées de l’islam. Dès lors, il est protégé des lois du djihad qui autorisent l’esclavage, les massacres, les pillages, le butin. C’est en ce sens que l’islam entend la protection offerte aux dhimmis - ce dont les orientalistes déduisent une tolérance qui serait consubstantielle de l’islam.

Si le dhimmi se rebiffe, il redevient harbi et les lois du djihad lui sont appliquées.

En arabe, l’adjectif harbi dérive du nom harb, qui signifie « guerre ». Il est aussi employé comme nom pour désigner des hommes à qui la guerre est faite et qui, définis par la guerre qu’on leur fait, sont réduits à ce seul être. Il n’existe pas en français d’adjectif ou de nom qui équivaille à harbi. Le concept est étranger à notre histoire ou à notre pensée. Pour les Français, il est concevable que des hommes soient réduits à cet être. Seule l’injonction « Tuez-les tous et Dieu reconnaîtra les siens » que Simon de Montfort aurait adressée à ses soudards chargés d’exterminer les Albigeois suppose un être qui correspondrait à celui de harbi, mais aucun mot n’a été forgé pour signifier que cet être était « à tuer ».

Le mot ennemi ne traduit pas harbi. On peut avoir des ennemis sans leur faire la guerre et ces ennemis, après une guerre, peuvent devenir des alliés. Harbi n’est pas provisoire, mais permanent. Il ne cesse qu’avec l’extermination de ceux à qui la qualité est attribuéeHarbi disparaît avec les harbis. Ils sont à ceux qui leur font la guerre ce que les juifs étaient aux Nationaux-Socialistes (Nazi) en Allemagne, de 1933 à 1945, et dans les pays que les armées allemandes ont envahis et occupés de 1939 à 1945. Même à exterminer ne donne pas une représentation exacte de ce qu’est un harbi.

Il faut comprendre l’islam en fonction de ce qu’il dit, de ce qui le fonde, des actes qu’il inspire, des croyances qu’il génère. Dhimmis et harbis rendent compte avec plus de pertinence de ce qui se passe dans le monde que les pauvres explications des spécialistes de sciences sociales.

 Publié dans Mythologies intellotesSignes 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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