Djihadisme version Rachida Dati - Par Francoise Lerat

Publié le 27 Novembre 2014

Je voudrais revenir sur les récents propos de Rachida Dati assurant qu’en France « le djihadisme n’est lié ni à l’islam, ni à l’immigration » (sic).

Propos difficilement admissibles venant d’une ex-ministre (et non des moindres, puisqu’elle avait en charge un grand ministère sous Nicolas Sarkozy) car ils relèvent de la plus totale bêtise.

C’est bien au nom de Mahomet et non de Jésus-Christ que des musulmans partent faire le djihad, il est donc bien question d’islam.

En dédouanant l’islam, Madame Dati ne fait que répéter bêtement ce qu’on entend dire dans les milieux autorisés, c’est-à-dire les milieux qu’on autorise à s’exprimer sans censure car détenteurs patentés de la pensée unique, à savoir qu’il ne faut pas confondre islam et islamisme, on connaît le refrain! Pourtant, si ce n’est pas la même chose, ça y ressemble quand même réellement puisque c’est bien à propos de l’islam qu’il y a problème.

C’est bien aussi à cause de l’immigration qu’on n’a pas voulu et donc pas su réguler que l’islam s’est propagé en France. Et à très grande vitesse comme on peut s’en rendre compte en voyant les nombreuses mosquées sortir de terre pour satisfaire des populations d’immigrés dont la plus grande proportion nous vient de pays musulmans du Maghreb et d’Afrique … Si nous n’avions pas ou peu d’immigrés pratiquant l’islam comme cela était il y a encore 30 ans, il n’y aurait pas autant de djihadistes actifs à nous imputer.

En dédouanant l’immigration, Madame Dati ne veut voir dans les djihadistes que des franco-français, se faisant l’écho bêtement de la nouvelle tendance dans les milieux qu’on autorise trop, compte tenu de leur mauvaise foi évidente, de ne considérer le djihadisme que venant de français de souche convertis, ceux que la récente propagande de l’Etat islamique a pris le soin de bien mettre en vedette dans ses dernières vidéos, propagande dirigée vers l’Occident et plus particulièrement la France, pépinière incontestable de l’islam radical puisque celui-ci semble avoir trouvé dans notre pays si tolérant à l’islam une bonne base de lancement de son idéologie criminelle. Normal, dans notre pays, critiquer l’islam vaut quasiment le bannissement via les tribunaux.

Si les franco-français sont de plus en plus nombreux à partir faire le djihad, il ne faut pas oublier que réellement le contingent le plus important de ces abrutis de l’islam se compose de membres issus de l’immigration souvent récente, ceux qui sont français à cause du droit du sol qui leur a été octroyé mais qui n’en n’a pas fait pour autant des citoyens français sincères propres à aimer notre pays.

Au monument du déshonneur, on peut en citer de nombreux, criminels souvent au cours d’actes de terrorisme : Khalel Kelkal, Boualem Bensaïd, Zacarias Moussaoui, Fateh Kamel, Smaïn Aït Ali Belkacem, Mohamed Merah, Medhi Nemmouche, Djamel Beghal…

Je n’oublierais pas de mentionner par respect d’exactitude des français de souche comme Christophe Cazé, Lionel Dumont, tout autant méprisables et ayant dans leur sillage… une suite importante de personnages pas très « catholiques » comme: Achour,  Bouguelane, Zemmri, Bendaoui, Benbahlouli, Souimdi, Elahiar, Altinkaynal, Djouina… Autant de noms qui ont bien un rapport si je ne me trompe pas avec l’immigration.

On aurait donc tort de tomber dans le panneau des propagandistes de l’Etat islamique qui nous montrent quelques arbres bien français qui cachent l’immense forêt des binationaux français et autres nationaux de terres d’islam devenus djihadistes. Pour ceux-là, pas de visages, pas de noms, on préfère les mettre en réserve pour d’autres basses oeuvres criminelles à exécuter à leur retour en France ou ailleurs avec les conséquences qui risquent d’être de plus en plus dramatiques…

« La paix est le temps où l’on dit des bêtises, la guerre le temps où on les paie. » (Robert de Saint-Jean).

Françoise Lerat

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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maury 27/11/2014 22:20


Samuel Laurent : «Ils se radicalisent aussi dans les mosquées»


Publié le 18/11/2014 à 03:54, Mis à jour le 18/11/2014 à 08:34


International - Samuel Laurent, Consultant international, auteur de «L'État islamique» (Ed. Seuil)




Samuel Laurent : «Ils se radicalisent aussi dans les mosquées»



Des Français au cœur de l'État islamique. Comment expliquez-vous l'attractivité de ce groupe terroriste ?


Ce n'est pas nouveau mais ça se développe et ça s'étend. Il faut prendre les choses à la base et ne pas considérer que les jihadistes qui partent représentent le problème. Ils ne sont que la
partie émergée de l'iceberg. Si les jihadistes partent, ce n'est pas seulement à cause des vidéos de Daesh, ou à cause d'une soi-disant radicalisation sur internet. C'est beaucoup plus
complexe que ça. Depuis plus de dix ans, on a laissé se développer une communauté salafiste islamique radicale en France, en Europe, en considérant qu'à partir du moment où il n'y avait pas
de jihad, il n'y avait pas de danger. Cette communauté s'est développée, elle est extrêmement solide et très bien organisée avec des mouvements comme Sharia for Pakistan, Sharia
for Holland, etc. Tout cela est devenu plus secret, plus souterrain mais se renforce. La base de l'attractivité pour les jihadistes français, ce n'est pas Internet qui n'est que
l'élément déclencheur de quelque chose qui mûrit depuis bien plus longtemps et qui est l'éclosion, le développement et la montée en puissance de cet islam radical contre lequel on ne fait
rien pour l'endiguer. On considère que le jihadisme est un problème mais pas l'islam radical. Très peu de mesures sont prises pour endiguer le problème. On a l'impression qu'on essaie de
découpler les deux : à la mosquée, on apprend l'islam modéré et sur internet l'islam radical. C'est faux. Aujourd'hui, les mosquées sont responsables car dans toutes, on trouve des noyaux
durs. La mosquée n'a pas besoin d'un imam salafiste pour contenir des salafistes. Ces derniers sont honnis par les fidèles modérés mais ils prospèrent. Le recrutement n'est donc pas virtuel.
Il est dans nos villes, dans nos cités. Il y a véritablement des cellules, des mouvances qui favorisent cette éclosion.


Ces Français ont-ils un rôle particulier dans l'organisation de l'EI ?


Non, ces gamins ne sont que des sous-fifres. Celui de la vidéo de dimanche se montre à visage découvert. Il n'a pas de valeur pour EI comme le chef des bourreaux, sinon il serait lui aussi
masqué. Il est là pour mourir et a une valeur négligeable. On le met en avant pour donner la version officielle de l'État islamique qui est «je me radicalise tout seul en France.» Les
cellules en France, les relais sont une vérité que veut cacher l'État islamique. Celui-ci contrôle tout ce qui sort, tous les échanges avec les journalistes. Il ne faut donc pas prendre pour
argent comptant les propos des jihadistes français.


L'État islamique est donc un mouvement plus organisé qu'Al Qaïda ?


Bien sûr. Al Qaïda était une organisation volontairement décentralisée, c'était une franchise idéologique. C'était un programme avec une structure très paranoïaque. Daech, c'est l'inverse ;
c'est un État. Eux ont pris le parti de réinstaurer le califat islamique, créé par le prophète. Alors qu'Al Qaïda disait que cela prendrait des décennies voire des siècles pour le remettre en
place, eux disent, le califat islamique c'est maintenant. Fatalement, c'est une image plus directe, un dénominateur plus simple et cela attire les gens. La structure de Daech est très
différente, très lourde.


Donc plus difficile à combattre ?


Daech est une force qui attire du monde, draine des revenus et leur permet de constituer une véritable armée. Mais c'est un piège : en tant qu'État, ils ont besoin de beaucoup d'argent, et
celui-ci venait des revenus pétroliers. Avec les frappes aériennes, ils se sont taris. Maintenant c'est une course contre la montre avec la tactique d'étranglement mise en place par
l'Occident. On va voir qui craque le premier…



Recueilli par Philippe Rioux




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