Courage politique: Est-ce que les graines d'une guerre civile ont-été plantées?

Publié le 26 Mai 2010

Dans son dernier édito, Yvan Rioufol fait des remarques judicieuses et souligne les alarmes des Maires de villes confrontés à la poudrière des banlieues. Particulièrement les maires de gauche qui découvrent que la solidarité citoyenne, l’aide aux défavorisés, le soutien aux déshérités, la compassion bien comprise avec l’immigration ne suffit plus pour calmer le jeu. Dans un de mes articles, je disais que dans bien des endroits de France, « la guerre » avait été déclaré par certaines minorités ethniques et que ce n’est pas les pleurs et les jérémiades d’aujourd’hui et les colères feintes contre le gouvernement en place qui changera la situation. Je me souviens de ces ministres de la ville de gauche, je me souviens de ce Bernard Tapie qui tapait le ballon dans les cités, tous ces braves gens allaient s’encanailler dans les banlieues, se frottaient avec les plébéiens d’aujourd’hui comme aime les présenter l’extrême gauche.

Les banlieues furent  arroser de milliards de francs, puis d’euros avec le résultat que l’on connait. La haine d’une jeunesse de la France qui a accueilli leurs pères et mères. J’avais dit que la moindre des choses eut été d’avoir la reconnaissance du ventre en parlant des acteurs et producteurs qui font des films en crachant sur leur pays de naissance. J’avais même dit que les plus défavorisés étaient les enfants de Bamako, d’Alger, de Casablanca, de Dakar et autre Yaoundé que ces français de naissance qui haient leur terre de naissance et ne reconnaissent que la terre mythique de leurs origines au point de s’y faire enterrer en cas de mort brutale. Comme d’habitude, je fus soupçonné de xénophobie au mieux.

Dans ce beau pays de France devenu sourd et aveugle, aucune critique n’est admise dès lors qu’elle met en jeu la folle politique de l’immigration sans contrôle. Dans un autre article, je racontais mon voyage de Roissy-Charles de Gaulle à la Gare du Nord ou je disais que c’était moi l’étranger dans les regards que je croisais. Là aussi, j’ai eu droit aux soupçons.

Ce Mardi matin 25 mai, sur RMC à l’émission des Grandes Gueules je fus surpris d’entendre l’un des invités affirmer qu’il n’y avait pas assez de blancs sur les chantiers de France. Cet invité sera t’il accusé de racisme ? Car, à contrario, cela revient aux même que de dire qu’il y a trop de noirs sur les chantiers ou sur d’autres terrains !

En France il y a des choses qui sont interdites à dire sauf si on les annonce à l’envers semble t’il. Coluche serait enfermé à Fresnes ou interdit des ondes aujourd’hui. sans doute qu'il se serait adapté. Dans tous les cas, il n' y aurait pas eu les restaurants du coeur. Son parlé vrai, ses débordements, sa gouaille nous manquent à tous.

Voici ce que dit Yvan Rioufol :

Ca va péter !", mettent en garde les maires des cités-ghettos. Ce week-end, certains d'entre eux ont cosigné une "Lettre à ceux qui ignorent la banlieue", rédigée par Claude Dilain, maire (PS) de Clichy-sous-Bois, commune d'où étaient parties les émeutes de 2005. Il était ce lundi matin sur RTL : "On redoute les émeutes",  a-t-il répété, tandis que François Fillon doit installer, mardi, le nouveau Conseil national des villes qui lancera un énième plan d'aide aux quartiers les plus défavorisés. (...) les maires avouent être dépassés par les faits : augmentation des actes de grande délinquance (une policière municipale vient d'y laisser sa vie) ; communautarisme de plus en plus hostile à la France considérée comme une puissance colonisatrice ; islamisation des quartiers repliés sur eux-mêmes. (...) si le gouvernement réduit ses aides, ce geste sera compris par la population comme une "déclaration de guerre aux quartiers" (dixit François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles).

 

Madame Fadala Amara annonce qu’il faut passer le « Karcher » ! Quelle audace pour cette socialiste de l’ouverture. Elle connait bien la situation des banlieues, elle sait ce qui est en jeu en ce moment. Elle connait les dessous des vrais pouvoirs locaux.

 

Ce n’est pas plus d’argent que ces banlieues ont besoin, c’est plus de république, plus d’école de la république pour être plus clair, de cette école républicaine ou l’enseignement est au centre, le maître ayant toute autorité et des élèves qui apprennent le B-A BA.

De cette école qui a formé des générations de français à être fiers de leur pays et qui en plus, savaient lire, compter et écrire. Cette école de Jean Jaurés qui parlait de la Patrie, celle de Jules Ferry qui voulait de la morale, celle de Mathurin Boscher pour ne citer que les hommes de gauche de cette époque.

De cette école qui formait les élèves à être des citoyens et non des « apprenants en désir  de connaissance ». A être présent en classe et non  fâché de ne pouvoir exprimer ses potentialités de manière interne en s’investissant dans l’espace extérieur ce qui signifie en réalité que l’élève s’ennuie et regarde par la fenêtre !

En effet quelle est cette école ou l’élève est roi, choisi de faire ou non, conteste le programme, réfute les vérités historiques quand ce n’est pas les refuser en fonction de ces croyances religieuses ?

Les maires ne se sont pas imposés à cette époque, ils y voyaient de potentiel et bons électeurs. Aujourd’hui, cela explose. Cette jeunesse là est mal formée, mal encadrée, les valeurs de la république n’ont pas été transmises. Et l’on voudrait que la jeunesse aime ce pays. Et pourquoi donc ?

 

Cette jeunesse est illettrée quand elle n’est pas analphabète pour la plupart. Quand ce n’est pas le cas, c’est par des efforts titanesques, par leur courage personnel, par des familles qui sacrifient tout que certains arrivent à se sortir de cette glue et à avancer dans notre société. Je tire mon chapeau à ces jeunes qui créent des entreprises, s'insèrent mais souvent s'expatrient au Qatar ou ailleurs.

Que dire des salles de classes et des enseignants de bonnes volonté? Quand l’équilibre est à peu prés trouvé en cours d’année, ils arrivent d’autres élèves n’ayant aucune connaissance du français. Il faut repartir de zéro ou presque.

Je suis effaré que d'autres enseignants, pas tous heureusement, osent être fiers et s’imaginent encore avoir l’éducation nationale la plus performante du monde. Ce sont ces gens là, ceux qui décident, sanctionnent, diffusent l’inconnaissance et qui sont responsables de cette gabegie, de cette génération incapable de s’adapter et de réagir.

J’entends, de ci de là, certains à gauche dire que cette situation arrange le pouvoir en place. Que cela va permettre à la droite de garder le pouvoir. Quel cynisme. Quel ignorance surtout.

Car, cette situation va, à terme, dégénérer rapidement et le phénomène n’épargnera personne.  Ni la gauche ni la droite ni même le citoyen lambda. Souvenons-nous des menaces claires et précises d’Houria Boutelja. Elle affirme, et prédit un avenir violent sous le regard badin des présentateurs et invités politiques dans des émissions. Nous voilà revenu à la IIIéme république et à son indécision maladive des années trente.

 La solution passe par l’autorité de la police et de l’armée si besoin est, elle passe par le respect des lois de la république, passe par l’exemplarité des gouvernants de tous niveaux et des responsables politiques, passe par la justice de traitement. On ne peut exiger pour les autres ce que l’on est incapable de s’appliquer.

 

A la racine du mal, je rappellerai cette phrase d’Annah Arend : L’autorité a été abolie par les adultes et cela ne peut signifier qu’une chose : Que les adultes refusent d’assumer la responsabilité du monde dans lequel ils ont placé leurs enfants.

C’est aux adultes de prendre les choses en main et d’appliquer les mesures sans faiblir, sans faillir. Il est inutile de croire que demain, parce que l’on paiera un voyage à quelques jeunes comme beaucoup de maires de villes de banlieue l’on fait, que l’on remettra les pendules à l’heure.

 Ecoutons de nouveau Yvan Rioufol

(...) il est ahurissant de constater l'incapacité de ces maires (de droite comme de gauche), pourtant en premières lignes, à formuler publiquement le moindre début de critique sur la poursuite de cette immigration de peuplement, qui reste largement à la charge de la collectivité et qui rechigne néanmoins, pour une partie d'entre elle, à adhérer aux règles de la société d'accueil. La baignoire déborde, mais personne n'ose toucher aux robinets. Mieux: dès qu'il en a l'occasion, Eric Besson, ministre de l'Immigration, se flatte de poursuivre une politique ouverte et généreuse. Or ces attitudes cherchent d'abord à flatter la terrorisante idéologie antiraciste (...)

                             

Beaucoup de ces Maires ont tenté d’acheter la paix dans les cités en cédant à telles associations, en organisant des voyages d’été gratuit, de mettre sur la circulation des flics sympas qui jouent au foot, de faire des dons de toutes sortes en locaux, en matériels HI-FI, en ordinateur, en subventions, etc. Bref, en permettant de croire à certaines familles et à leurs enfants qu’il suffisait de mettre la pression pour obtenir.

Combien des ces défilés silencieux et lourds de significations pour faire peur aux élus locaux à l’occasion d’une mort ou d’autres chose. Pour avoir et obtenir un statut particulier dans la municipalité, le département.

On n’achète pas l’adhésion à un pays, à ses règles, à son histoire, à ses traditions. Pire, on sème pour l’avenir les graines de la rébellion contre tous les pouvoirs qui paraissent faibles. Les graines sont en pleine gestation. Faut-il attendre la moisson pour réagir ?

Gérard Brazon

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Michel Alain Labet de Bornay 30/05/2010 11:55



C'est bien gérard, mais je ne partage pas du tout ton point de vue, réagir ? Mais c'est trop tard, beaucoup trop tard, alors il y a une solution: Mettre de l'hule sur le feu, ce que je m'évertue
de faire tous les jours. Mais surtout s'organiser en réseau, pour le jour J. Il faut créer un réseau ? Une ligue ? Mais surtout un mouvement fédérateur qui a les yeux ouvert, comme les tiens
c'est du pur communautarisme je te le concède, mais lucide!


Bien à toi Michel