Economie, finance, projets, exceptions et erreurs Françaises...

Publié le 17 Mars 2013

En 1980, alors que je passais mon baccalauréat d’économie, le président Giscard nous annonçait qu’il entrevoyait le « bout du tunnel ».

Tatamis

Aujourd’hui, le président Hollande nous promet la reprise de la croissance pour le troisième trimestre 2013. J’ai passé les trois quart de ma vie dans un pays en voie de sous-développement alors que le monde a connu une croissance sans précédent dans la même période, les pays émergents s’installant en deux décennies comme les futures locomotives de la croissance mondiale. 
 

Tout ça parce ce que nos dirigeants, à gauche comme à droite, s’obstinent à croire à l’existence d’une « troisième voie » qui nous mène pourtant à l’impasse. Ce n’est pas nouveau. Le Général de Gaulle s’efforçait de placer la France en dehors de la sphère d’influence des Etats-Unis et de l’URSS. Depuis, au nom d’une mystérieuse « exception culturelle », les gouvernements français nous ont fait croire que notre pays pouvait échapper aux lois de l’économie, qui, comme le nuage de Tchernobyl, se seraient arrêtées à nos frontières. 
Mais, pas plus que le théorème de Pythagore n’est grec, les lois de l’économie ne sont américaines. Elles sont au cœur de nos comportements, de la nature humaine et du bon sens qui échappent aux élites aveuglées par l’idéologie. Et tous les pays, qui ont niés les lois de l’économie, sont tombés dans la misère, la pénurie et le chômage, tandis que les pays qui les ont acceptés et intégrés ont décollé en quelques décennies. Il n’y a aucune exception à cette règle fatale. 
Le XX° siècle est sans appel : les régimes totalitaires, qui promettaient un monde sans inégalités et sans pauvreté, se sont implosés sous l’effet de leur propre ruine morale et économique. A leur tour, les social-démocraties, sous le poids d’une dette devenue insoutenable, et qui condamne l’avenir même de nos enfants, ont dû entreprendre les réformes indispensables et nécessaires que, seule au monde, la France se refuse à faire. Entre ces deux voies sans issue, il est encore temps de redécouvrir la seule troisième voie qu’il a fallu tant de siècles à découvrir, celle de l’Etat de droit, des institutions de la république sans laquelle une économie de liberté et de responsabilité ne peut s’épanouir. 

Extrait 

Ce livre est le résultat d’une conviction profonde que, ni l’ignorance des masses, ni le mépris des élites, ne pourront ébranler. C’est la conviction que la société française est victime d’un mensonge destructeur, entretenu par un malentendu dramatique qui tourne à la farce en se présentant comme une espérance. Mais cette espérance est illusoire, l’espérance d’une troisième voie qui nous éviterait à avoir à accomplir certaines réformes et certaines adaptations qui seront d’autant plus difficiles à mettre en œuvre qu’elles seront retardées. 
L’économie ne peut fonctionner sans valeurs morales. 
Car l’économie est le résultat de choix réalisés par les individus. Plus précisément, l’économie ne fonctionne plus quand les individus ne veulent plus - ou ne savent plus - choisir. Généralement, les individus agissent en référence à des valeurs lesquelles conditionnent leurs préférences. Ces individus sont tour à tour producteurs, consommateurs, épargnants ou encore investisseurs. Ces catégories ne sont pas des classes ou des sectes composées d’individus intrinsèquement différents et en opposition entre eux. Nous sommes tous, tour à tour dans nos vies, consommateurs et producteurs. Cela dépend de la nature de nos choix. 
Dans tous les cas, ces choix découlent de l’exercice de notre responsabilité laquelle implique l’acceptation des conséquences de notre liberté. 
La liberté est un bien précieux que l’on a vite fait de perdre si l’on se refuse à admettre - et à assumer- les exigences qu’elle impose. La liberté ne se définit pas dans l’absence de contrainte. Un de mes collègues me dit un jour, parlant de notre système universitaire : « nous avons le meilleur système du monde ; car il nous garantit la liberté ». Mais il se trompait. Notre système nous garantit la sécurité de l’emploi qui découle de notre statut, mais certainement pas la liberté. 
Nous sommes par rapport à l’Etat dans la situation que sont des enfants par rapport à leurs parents : comme c’est l’Etat qui nous nourrit, il faut lui demander l’autorisation d’agir en toutes choses. Et ce lien puissant permet d’orienter la production intellectuelle des chercheurs. Il n’y a là aucune liberté ! 
D’une manière générale, soit la société est libre, soit elle est dirigée par le sommet. Il ne peut y avoir de solution intermédiaire. Dans une société totalitaire, l’économie est totalement planifiée et réglementée, la pénurie est sciemment entretenue comme un instrument d’asservissement et l’individu n’a que des devoirs et des contraintes. 
Dans une société libre, l’économie résulte de contrats librement passés entre les individus dont les droits sont légitimes et reconnus. L’offre s’ajuste à la demande si les conditions de fonctionnement des marchés sont respectées. Mais, ces mêmes droits impliquent des devoirs, qui sont la contrepartie de l’exercice et de l’épanouissement de notre liberté. Des droits sans devoirs ne sont que de « faux droits », des chèques sans provision. C’est justement le rôle du contrat, et non de l’Etat, que de préciser les droits et les engagements respectifs des parties prenantes. 

L'auteur : 
Docteur en sciences économiques, maître de conférences à l'université de Perpignan où il est responsable des relations internationales du département « Economie & Management », et directeur du Master professionnalisé « Economiste Financier ». Auteur de trois ouvrages consacrés à l’innovation, il a réalisé plusieurs articles scientifiques dans les revues internationales (Journal of Evolutionary Economics, Economics of Innovation and New Technology) et les revues nationales (Revue d’Economie Industrielle, Revue Innovations) ainsi que de nombreuses contributions dans la presse nationale (Les Echos, Le Monde, Le Figaro, Le Midi-Libre) et internationale (Le Providence à Boston, l’Express de Toronto, L’Echo de Bruxelles). Il a été chroniqueur économique à l’AGEFI, le quotidien suisse de l’économie et des finances. Il participe à de nombreux programmes de coopération académique à l’international (dans la formation et la recherche).

18 euros – 256 pages – 14 x 20 cm

 

Pour se procurer ce livre

- soit par chèque, 20 euros par exemplaire, à l'ordre des Editions Tatamis, 103 rue Albert 1er, 41000 Blois

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Economie-Finance-Industrie

Commenter cet article

Claude Germain V 18/03/2013 00:34


Il est vrai que nous etions a une epoque certaine , les plus grand perceur de tunnels au monde , aujourd'hui en 2013 ce sont les caisses de l'etat voyou qui sont percées ; Là par contre nous
sommes incapable de les reboucher ........ c'est bien français çà , toujours a faire des conneries ,mais incapable de les reparer .....


Parce qu'il ne faut pas oublier brave francais que c'est l' etat voyou qui perce les caisses , et c'est l'etat voyou qui essaye de les reboucher mais toujours avec notre fric.... malheureusement
il n'y parvient JAMAIS...