Education et Révolte en Milieu Tribal et Musulman - Par Albert Soued

Publié le 8 Avril 2011

Par Albert Soued, écrivain, http://soued.chez.com pour www.nuitdorient.com


           Point n'est besoin d'être un "psy" pour concevoir qu'un enfant musulman à qui son imam ne cesse de répéter les versets iniques du Coran, dans les classes entre 3 et 16 ans, puisse avoir de la haine pour autrui. Or l'imam "salafi" subventionné parl'Arabie wahabite sévit aussi bien au Caire ou à Karashi qu'à Malmö ou à Cavaillon.

         Une étude menée sous la houlette de l'ex-ministre de la Justice de Basse Saxe, Christian Pfeiffer, directeur de l'Institut de Recherche en Criminologie par l'Université allemande de Basse Saxe auprès de 45 000 adolescents entre 14 et 16 ans montre que les "enfants élevés dans des familles religieuses musulmanes sont nettement plus violents que leurs camarades …, et même en tenant compte d'autres facteurs sociaux, il y a une forte corrélation entre la religiosité musulmane et l'acte violent". (1)

L'étude montre 3 différences notables de comportement entre les adolescents ayant reçu une éducation laïque ou judéo-chrétienne et ceux qui ont reçu une éducation musulmane chez eux ou dans une école musulmane ou une "madrassa".

- Provoqué ou critiqué, l'Occidental a tendance à se contrôler, à objectiver pour ne pas montrer une faiblesse. L'adolescent qui a reçu une éducation musulmane montrera sa colère pour "ne pas perdre la face", montrer qu'il est courageux et fier et défendre son "honneur". Il évitera ainsi tout débat intellectuel et se conduira en "victime violente".

- Dans la société, dans les choix de la vie, un Occidental se sentira responsable de ses actes, allant même jusqu'à se sentir coupable d'avoir mal fait, cherchera à corriger la faute, cherchera à progresser. L'adolescent qui a reçu une éducation musulmane n'a pas la notion de libre arbitre puisque Dieu ou son représentant régit sa conduite. Devant une difficulté, il se sentira toujours une victime puisque "c'est l'autre qui est responsable". L'Occidental défie l'autorité, alors que le Musulman lui est soumis et en a peur. L'irresponsabilité et la peur mènent à la violence.

- Dans les rapports avec un individu extérieur à sa famille ou à son environnement, l'Occidental prône la liberté, l'égalité et la fraternité, ayant été élevé dans un relativisme culturel. L'adolescent qui a reçu une éducation musulmane est fidèle à son clan, sa tribu, la "oumma" (nation-mère) islamique et il rejette l'autre. Et vis-à-vis de celui qui est vraiment différent, l'infidèle, le Coran lui enseigne que "ne pas tuer, ne pas voler et témoigner de la vérité" sont des commandements relatifs qui ne s'appliquent pas à l'infidèle. La haine de l'autre mène à la violence. L'Occident recherche l'égalité des sexes, malgré leurs spécificités, alors qu'en Islam la femme est la propriété de l'homme et souvent l'objet de son mépris.

Comme de nombreuses personnes m'ont demandé comment allaient se terminer les révoltes en cours au Proche et Moyen Orient, comme si j'étais un devin, j'ai cherché à montrer d'abord les différences de comportement entre l'Occidental et le Musulman, selon le type d'éducation, afin d'éviter des extrapolations et les conclusions hâtives. Il faut ensuite parler du contexte socio-politique.

La plupart des nations musulmanes du Moyen Orient sont nées après les 2 guerres mondiales du 20ème siècle, issues d'une occupation, colonisation ou protection de la France, de la Grande Bretagne ou de l'Italie, nations occidentales qui se sont substituées en 1918 à un califat ottoman et à une nation-mère islamique, en pleine déconfiture devant "la modernité et l'efficacité" de leurs adversaires.

La Turquie est devenue un pays laïc, grâce à une révolution précoce, mais depuis 10 ans un islamisme rampant a eu raison de cette nouvelle orientation. L'Iran est resté indépendant sous l'égide d'un empereur laïc, vite remplacé par un régime autocratique islamiste et musclé, à l'occasion d'une révolte des petits commerçants du bazar, qui ne cherchaient pourtant qu'à se libérer du joug économique d'une oligarchie pesante. Le Liban multiethnique et proche d'une démocratie a connu une douloureuse guerre civile et il est revenu après maintes secousses dans le giron politique de l'Iran via la Syrie et sous l'obédience religieuse de la minorité shiite du Hezbollah, milice armée et terroriste. L'économie algérienne s'est effondrée après le départ précipité de la France et le pays a subi plusieurs coups d'état, ainsi qu'une répression sanglante des islamistes, une véritable guerre civile qui a duré une vingtaine d'années et coûté des centaines de milliers de vies humaines. Après 2 dictatures, la révolte tunisienne d'une bourgeoisie éclairée cherche à asseoir une démocratie, non sans d'énormes difficultés, flanquée d'un parti islamiste qui semble attendre son heure avec patience.

Les nations musulmanes nées au siècle dernier au Proche et Moyen Orient sont souvent des sociétés formées de familles, clans, tribus que le protecteur ou le colonisateur occidental avait cherché à modeler à l'image de sa propre organisation socio-politique, avec un succès mitigé. Indépendantes, elles se sont vite transformées en dictatures oligarchiques, c'est-à-dire que moins d'une personne sur 1000 détient la majeure partie des richesses du pays et du pouvoir. Avec à la tête un monarque de droit divin ou un dirigeant politique qui a réussi à se hisser au rang de monarque absolu, cherchant même à instituer une dynastie héréditaire.

Nous avons toujours affirmé que le régime le plus adapté à ces sociétés orientales était la monarchie constitutionnelle éclairée, en paix avec l'Occident. Le roi de droit divin est le seul qui puisse obtenir l'allégeance et le respect des clans et des tribus. Pour gouverner il a besoin d'un parlement élu légalement, avec un partage des pouvoirs. L'Egypte est une des rares sociétés du Moyen Orient qui ne soit pas tribale. Ce pays n'a jamais été aussi florissant que dans les années 20/30 du siècle dernier, pendant le règne de Fouad, roi éclairé qui a su s'entourer de vraies compétences locales ou étrangères. L'Egypte s'est effondrée après la chute de la royauté et l'émergence d'une dictature national-socialiste.

Si des royaumes tels que le Maroc, la Jordanie, Koweit, Bahrein libéralisent leur Constitution à temps, favorisant le renforcement et l'extension d'une classe moyenne éclairée et libérée, ils retrouveront rapidement une certaine stabilité et une prospérité. Le sultanat évolué d'Oman doit pouvoir résoudre aisément les problèmes économiques qui lui ont valu des émeutes. Le renversement des monarchies en Libye, en Irak, en Iran et même en Egypte et au Yémen a été le début de désordres socio-politiques de grande envergure. Il est difficile d'y envisager le retour d'un roi pour le moment. L'oligarchie tribale saoudienne n'est pas à l'abri d'une révolte, qu'elle soit une révolte de palais, d'éléments radicaux ou une rébellion de la minorité shiite. Cette oligarchie est lente à se réformer au grand dam de la gente féminine et des intellectuels et universitaires évolués. Mais les héritiers du trône dépassent souvent un âge canonique. L'oligarchie islamiste des ayatollahs d'Iran est à la merci d'une révolte des ethnies excentrées ou d'une population appauvrie et excédée, pour peu que l'Occident leur tende la main. L'oligarchie alaouite syrienne est fondée sur le parti Baath, les services de sécurité et l'armée qui sont entre les mains de cette minorité shiite (10% de la population), très liée aux ayatollahs d'Iran. Comme l'a été la société oligarchique irakienne de Saddam Hussein, le régime syrien ne peut être démantelé que par une intervention étrangère. Mais la Syrie est pauvre, n'a pas de pétrole et personne ne viendra au secours d'une opposition, basée surtout à l'étranger. A Damas, la police a le droit de tirer à balle réelle sans autorisation…, et elle l'a montré dans le passé à Hama où au moins 20 000 citoyens sont morts, et ceci explique pourquoi personne n'entend parler de révolte en Syrie.

Le Yémen et la Libye sont aussi des nations tribales. Un peu à part et ayant flirté avec le socialisme, elles sont vouées aujourd'hui à la violence extrême. Les problèmes politiques suivent les clivages tribaux. En Libye occidentale, on trouve autour de Tripoli les tenants de l'oligarchie anti-religieuse Khadafi et du livre vert, avec un dirigeant pour le moins dérangé, capable de la répression la plus sanglante. En Libye orientale on trouve, autour de Bengazi, les tenants du roi séroussi déchu qui veulent prendre leur revanche et installer un régime proche de la religion. Au Yémen septentrional, à la frontière saoudienne, les tribus shiites "houthi" sont en rébellion avec l'appui de l'Iran. Le sud a vécu une période socialiste et il revendique de plus grandes libertés d'expression, un partage du pouvoir. Le tout saupoudré d'agents d'al Qaeda et formant un excellent cocktail explosif (2).

Depuis la succession de Mahomet, la violence n'a jamais cessé en Islam. 80% des événements liés à la terreur dans le monde impliquent un Musulman. La majorité des détenus dans les prisons européennes sont des Musulmans. Grâce aux réseaux télévisés et à internet, l'islamisme se développe sur la planète. Grâce à ces mêmes médias et aux "réseaux sociaux", les classes moyennes musulmanes qui ont réussi à émerger malgré les oligarchies dictatoriales cherchent aujourd'hui un avenir plus moderne et plus sûr. Elles sont descendues dans la rue pour réclamer la liberté et un futur. Pour peu que les monarchies régnantes répondent à leurs vœux et à leurs besoins, tout en contrôlant la minorité islamiste aux aguets, la violence y sera limitée. La route vers la liberté et la quiétude en Tunisie, en Egypte et en Irak sera longue et semée d'embûches. La Libye et le Yémen où tous les habitants sont armés sont sur la voie de la guerre civile et de l'explosion. Le feu couve à Téhéran comme à Riyad où les régimes d'oligarchies religieuses et autoritaires finiront par tomber. Ne sont-ils par les deux nids de vipères islamiques, vipères ennemies depuis le début de l'Islam, qui empoisonnent le Moyen Orient et le monde entier par leur volonté d'hégémonie et qui ne subsistent que grâce au pétrole, aux armes et à une foi extrémiste qui opprime leurs peuples ?

Notes

(1) Voir http://frontpagemag.com/2011/03/04/a-muslim-upbringing-and-terrorism/

(2) Voir "le Yémen, une république en plein chaos"

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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