Éducation Nationale : Enjeu ou démon pour les Législatives ? Par Jean Marie Avadian

Publié le 16 Juin 2012

Par Jean Marie Avadian

 

Paradoxe allemand  : Avec moins d’enseignants le pays a de meilleurs résultats  !

Pour faire mieux Hollande promet d’ajouter des enseignants car, législatives obligent, il lui faut une majorité à l’Assemblée.

Il est possible que le problème soit ailleurs, peut-être que notre système éducatif est inadapté et que plutôt que renforcer ses défauts on devrait le changer en profondeur, mais quelle que soit sa pertinence, cette question qui pourrait fâcher certains électeurs socialistes, ne semble pas d’actualité.

 

Le piège de Hollande pour la fonction publique

Il a promis de créer 60 000 postes dans l’Éducation Nationale

Il a promis de créer 5 000 postes dans la police

Il a promis de créer 1 000 postes dans la justice

Il a promis de le faire sans augmentation globale,

en réduisant de 66 000 le nombre de fonctionnaires ailleurs.

 

Sur la base de ces promesses  : Vous l’élisez, lui l’Élysée.

Bien, mais si Hollande tient ses promesses –et rien n’est moins sûr— que va-t-il réellement se passer  ?

Le tableau ci-dessous reprend les données officielles de l’INSEE pour 2006, 2007 et 2008, leurs prévisions pour 2009 et la situation projetée lorsque les promesses de Hollande auront été mises en œuvre . . .

Dans les "Domaines à réduire"  65% des départs en retraite soit environ 2 sur 3 ne seront pas remplacés.

 

Les changements promis par Hollande sont-ils justifiés  ?

Pour l’Éducation Nationale, le tableau ci-dessous montre comment le nombre de fonctionnaires a évolué sur les 10 dernières années (il n’y a pas encore de statistiques officielles pour 2010-2011 et 2011-2012).

On voit ici que ce ratio avait augmenté entre 2002 et 2007 et qu’il s’est stabilisé ensuite.

Pour juger du besoin on peut regarder avec quels moyens une éducation comparable est délivrée dans d’autres pays.

 

(En suivant, vous allez assister à une démonstration par l'absurde et l'humour caustique que la France n'a pas besoin de plus de professeurs mais de changer son sytème éducatif. En clair, en ayant moins on a plus. Ndlr Gérard Brazon)

 

Nombre moyen d’élèves par enseignant dans l’enseignement secondaire 2009-2010

Comparaisons internationales 2008  (source : Ministère de l’Éducation Nationale)

Les trois premiers pays de la liste ceux qui ont l’encadrement le moins étoffé sont des pays enviables au plan de la réussite économique alors que les quatre derniers dont en France —qui sont les seuls de langues latines—utilisent 50% d’enseignants en plus par élève que les premiers.

Plusieurs raisons peuvent expliquer ces différences dans les besoins d’encadrement, par exemple :

·         Les élèves des pays latins sont moins doués et/ou moins motivés.

·         Les enseignants des pays latins sont moins capables et/ ou moins bien formés/compétents.

·         Dans les pays latins la proportion de fonctionnaires qui n’enseignent pas est très (trop  ?) élevée.

·         Les langues latines font obstacle à une bonne éducation.

·         Quand le ratio d’élèves par enseignant est faible l’éducation reçue est nettement meilleure (ce qui ne se voit pas dans la performance comparée des nations concernées).

·         L’enseignement dans les pays latins est plus orientée vers la formation de chômeurs de longue durée alors que dans les autres pays on recherche plus une adéquation entre le savoir et l’usage qu’on peut en faire.

 

Pour apprécier la conséquence globale et le bien fondé de cette réforme de l’Éducation Nationale il faudrait savoir comment les économies annoncées (non-remplacement de 2 fonctionnaires sur 3 partants à la retraite) vont affecter le service public. Les domaines concernés étant  :

·         Économie, Finances et Industrie

·         Équipement, transports, écologie

·         Agriculture

·         Affaires sanitaires et sociales, solidarités

·         Affaires étrangères

·         Culture

·         Services du Premier Ministre

·         Ministère de la Défense (y compris anciens combattants)

 

Certes il y a beaucoup de domaines où une réforme structurelle intelligente pourrait entraîner une réduction significative des besoins en personnel donc des économies substantielles. Un projet intelligent aurait pu consister à  :

1.       Étudier ces réformes et identifier les domaines où on pourrait se passer de fonctionnaires –sans exclure de l’étude l’Éducation Nationale—

2.       Engager les réformes avec non remplacement des départs en retraite correspondants.

Mais nous ne sommes pas confrontés à des réformes structurelles intelligentes, nous sommes confrontés à des promesses électorales présidentielles et à un scrutin législatif  !

 

Donc à nous de voter.

 

Sources  :

 

INSEE Fonction Publique  :

http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=3&sous_theme=4&type=1

et notamment  : http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATnon03141

 

Éducation Nationale  :

http://www.education.gouv.fr/pid338/l-education-nationale-en-chiffres.html

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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