Education Nationale: Pourquoi un prof démissionne!

Publié le 8 Septembre 2011

Signalé par Bonapartine.


Après deux ans de souffrance, Claire Dubos a rendu son tablier à l'Education nationale. Elle dénonce des conditions de travail abominables.

 

La rentrée se fait aujourd'hui sans Claire Dubos. Elle n'a pas eu le courage d'y retourner. La jeune professeur des écoles de 24 ans a jeté l'éponge. Après deux premières années d'enseignement, elle a démissionné.
« Depuis deux ans, je vis un enfer. Je souffre de plus en plus, j'ai des insomnies, des angoisses. Je ne voulais pas finir comme certaines collègues de promotion qui, à mon âge, sont déjà en arrêt maladie. Arrêtées avant même la rentrée. Certaines anciennes m'ont dit : pars tant que tu n'as pas d'enfants, après tu ne le feras plus. »


Pourtant, elle y tenait à son métier Claire. Après un diplôme universitaire obtenu à la Sorbonne, la Rémoise avait bossé dur pour obtenir le concours de l'IUFM. « Je l'ai eu du premier coup. J'ai fini 22e sur Reims ». Elle avait hâte d'enseigner. Elle est vite redescendue de son nuage.
« Sortie de l'école, j'ai été nommée pour un an en CM2, à l'école Blanche-Cavarrot, en Zep*. Sans expérience pratique, sans soutien, je me suis retrouvée du jour au lendemain dans un climat de violence incroyable. De la violence verbale, de la violence physique, je ne savais pas comment faire. J'étais dans l'une des écoles les pires de Reims. Les parents me tombaient dessus. Un jour, l'un d'eux est venu me voir pour me dire que j'avais mal regardé sa fille et qu'il fallait que je fasse très attention à moi. J'ai vite constaté que ma formation ne m'avait pas préparé à tout cela. »


« Les parents me disaient qu'ils allaient me tuer »


Les insomnies, l'angoisse et la fatigue nerveuse se sont vite installées. « Je me sentais seule. J'ai eu la visite d'un conseiller pédagogique en novembre. Il a pointé tout ce qui n'allait pas mais ne m'a été d'aucune aide. Il a dit qu'il reviendrait mais n'est jamais revenu ».


La deuxième année a été pire. « Comme nous étions en surnombre dans l'académie, je n'ai pas eu d'affectation au début de l'année. On m'a mise en doublon dans l'école Université près de chez moi. Je passais mes journées à déprimer dans la salle des maîtres ou bien on m'envoyait faire un cours au pied levé sans avoir pu préparer quoi que ce soit ». Ensuite, Claire a fait plusieurs remplacements de Dormans à Sainte-Ménehould : « Je me suis retrouvée dans un village d'Argonne dans une classe à double niveau avec des cas de violence et d'enfants maltraités ». Puis ce fut la grande section de la maternelle Croix-Rouge jusqu'à la fin de l'année : « Il y avait une super équipe mais les conditions de travail étaient abominables. J'avais 31 élèves dont beaucoup ne parlaient pas un mot de français. J'avais des cas d'autisme très lourds. Des parents me surveillaient depuis le balcon et me criaient qu'ils allaient me tuer ». Fin juin, Claire a appris qu'elle allait devoir se partager entre Sézanne et une classe difficile de Connantre à la rentrée, à plus d'une heure de chez elle. Elle a craqué.


« Je parle aujourd'hui pour tous les jeunes qui sont encore à ma place et qui souffrent. Eux ne peuvent rien dire. On les met là où personne ne veut aller, là où c'est le plus dur. Les enfants vont me manquer mais l'Éducation nationale est une machine à broyer l'enthousiasme, je ne veux plus m'en approcher. » Claire va reprendre des études et chercher une autre voie d'enseignement. Bonne rentrée aux autres.

*Zone d'éducation prioritaire

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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LA GAULOISE 09/09/2011 08:58



Cette jeune prof drvrait ecrire ce qu elle a vecu, mais surtout en n ayant pas peur de donner "TOUS" les détails comme preuves à l appui. De plus, cela lui servirait , peut etre , de thérapie.



Bonapartine 08/09/2011 19:33



Bonsoir,


L'"expérience" cette jeune enseignante n'est malheureusement pas exceptionnelle même si l'opinion publique n'a pas forcément massivement connaissance de la multiplication sur le territoire
national et dans les DOM TOM de ce situations terrifiantes qui se terminent, dans les cas les plus extrêmes par des dépressions avec incapacité totale d'exercer voire de suicides dont l'Education
nationale se garde bien de parler et pour cause !


Pour autant, il faudra bien, à un moment ou à un autre et le plus tôt sera le mieux, que les autorités de l'Education nationale se demandent pouquoi le nombre de candidats aux différents concours
d'enseignants est désormais en baisse.


Sans témoigner d'un pessimisme excessif mais en faisant simplement preuve de réalisme, je pense que ce qu'est devenue la dure réalité du vécu du métier enseignant, longtemps circonscrit à un
département comme la Seine-Saint-Denis ou à certains "coins" bien localisés de Marseille ou Strasbourg, se rencontre désormais sur nombre de localités du territoire nationale et d'Oute-Mer. Tout
ceci laisse présager de la guerre civile qui va déchirer la France et l'Europe, au rythme où vont les choses : explosion de la délinquance, pays de la zone euro lourdement endettés, crise
économlique et montée du chômage, des choix politiques qui vont fragiliser les plus fragiles (notamment avec l'augmentation des mutuelles de santé) et considérabelement baisser le pouvoir d'achat
des classes moyennes déjà bien amputé depuis quelques années. Voilà ce que je crois. Quant aux classes les plus aisées de ce pays, je pense qu'il vaudrait mieux qu'elles comprennent rapidement
que de soutenir le Système tel qu'il est, à l'agonie, est une lourde erreur car le jour où il va s'écrouler, elles seront les premières à tout perdre, notamment avec l'écroulement du système
bancaire. Comment ne pas voir l'évidence ? Comment ne pas comprendre que la France (et d'autres de nos voisins) ne va pas pouvoir continuer à vivre pendant des années et des années encore à fonds
perdus ?


Bonapartine.