Egypte : le "renouveau" islamique, un retour vers le Moyen-âge

Publié le 20 Octobre 2012

Egypte-islamistes  

Dans une Lettre ouverte aux États-Unis d'Amérique récemment publiée dans le magazine Foreign Policy, l'égyptien Mahmoud Salem (alias Sandmonkey) prévenait que  l'Égypte ressemble de plus en plus au Pakistan. L'article ci-dessous du Washington Postfournit une illustration de ses propos.

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FA’OOS, Égypte - Hamdi Gamal a été interrogé par un Procureur local la semaine dernière pour savoir s’il croit en dieu. La famille de sa petite amie avait demandé avec insistance que le couple soit accusé de promouvoir l’athéisme après que les tourtereaux ont été vus se promenant ensemble en public – un acte considéré par la famille comme une atteinte à leur honneur dans cette ville de plus en plus conservatrice.

Quand bien même l’athéisme n’est pas techniquement un crime en Égypte, Gamal et sa petite amie pourraient être inculpés pour athéisme. Vingt mois après un soulèvement populaire qui a mis fin au régime autoritaire du président Hosni Moubarak, l'Egypte n'a toujours pas de système judiciaire indépendant, impartial et clairement encadré par la loi.

Devant l’absence de justice et de sécurité dans les rues d’Égypte, les directives des forces de l’ordre qui jadis venaient d’en haut, viennent désormais de plus en plus de la base, la population enhardie par la force de la révolution cherchant à définir une nouvelle société avec ou sans le soutien du gouvernement. Sa quête de justice est imprégnée de la religiosité croissante qui s’est emparée de l’Égypte depuis la chute de Moubarak. Les islamistes dominent l'assemblée chargée de rédiger la nouvelle constitution du pays.

Tout se passe en dehors des officines gouvernementales : dans les rues, les mosquées, les écoles et les tribunaux, le renouveau islamiste égyptien est en train de redéfinir les droits et responsabilités des citoyens ordinaires. Les procès pour blasphème se multiplient : de un à deux par année sous Moubarak, ils sont passés à au moins 18 au cours de la dernière année et demie, a  déclaré Amr Gharbeia, directeur des libertés publiques à l'Initiative égyptienne pour les droits individuels, une ONG basée au Caire.

Le Code pénal égyptien est vague sur la question du blasphème : seules les idées religieuses extrêmes « incitant à la discorde » sont criminalisées. Toutefois, de plus en plus, les accusations en vertu du Code pénal découlent non pas d’une violation manifeste de ses dispositions mais plutôt d’une « mobilisation» des voisins, de la famille et de foules stimulées par le renouveau islamique et le pouvoir populaire issu de la révolution, affirme Gharbeia. « Nous avons également vu des foules importantes devant des palais de justice exercer une pression énorme sur les avocats, les accusés, et même sur les juges ». Dans un cas, les avocats de son organisation ont été chassés d'un procès parce que la communauté locale avait déjà rendu son propre verdict.

Pour Hamdi Gamal, qui se décrit comme musulman, l'impact du conservatisme grandissant de sa ville a été une douche froide.  Sa petite amie, Basma, avait récemment cessé de porter son foulard et le couple s’est promené en public, suscitant la colère de la famille de la jeune fille, traitée de« prostituée » par les voisins. «Politiquement, l'islam a toujours été présent, mais aujourd’hui les islamistes cherchent à se mettre en avant, dit Gamal. Ils se chicanent avec tout le monde et tentent de dominer la société ».

Les parents de Basma ont d’abord tenté de la soumettre en la battant, a indiqué Gamal. Puis ils ont incité le Procureur à les interroger tous les deux sur leurs croyances religieuses. « Au lieu de comparaitre devant un tribunal organisé, je me suis retrouvé au Moyen Age», a dit Gamal. Au bout de cinq heures, le couple a été libéré sous caution. Gamal, 17 ans, a demandé que le nom de famille de Basma ne soit pas divulgué. Il n’a pas entendu parler d’elle depuis lors et craint pour sa sécurité.

Une semaine après l’arrestation de Gamal et de Basma dans la ville de Fa’oos dans le Delta du Nil, le Procureur qui les a interrogés semblait encore incertain quant à savoir s’ils avaient enfreint la loi. L'affaire est toujours sous enquête. Les parents de Basma n’ont pu être joints pour commentaires. [   ]

« L’islam change le système : ça ne descend plus du haut vers la base, ça part de la base et remonte vers le haut », a déclaré Islam Ahmed, fils de l’un des prédicateurs salafistes les plus éminents et au franc-parler d’Égypte. Son père et lui subissent un procès pour avoir prétendument violé la loi sur le blasphème en brûlant une Bible lors d’une manifestation – un rare cas de blasphème envers une religion autre que l’islam. Ahmed est toutefois convaincu que la société – et donc le tribunal – se prononcera en sa faveur.

« Le peuple veut l’islam, et il le veut sérieusement », a-t-il dit. Récemment, ses voisins l’ont supplié d’appliquer la loi islamique en coupant la main d’un voleur local. Il a plutôt remis le voleur à la police, disant toutefois que le changement social qu’ils réclament est inévitable. Les policiers ont commencé à laisser pousser leur barbe, et les soldats de l'armée sont désormais autorisés à prier pendant leur formation.

Ahmed n’attache pas d’importance à la nouvelle constitution de l’Égypte. «Nous avons essayé la démocratie. Nous avons essayé le terrorisme. On a tout essayé. Le peuple veut appliquer l’islam et rien ne l’arrêtera », a-t-il conclu.

Source : Egypt’s Islamist revival most evident at the grass roots , par Abigail Hauslohner, Washington Post, 16 octobre 2012. Extrait traduit par Poste de veille

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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Charles Martel 20/10/2012 18:31


L'islamisation, c'est pas un retour au Moyen Age mais un retour à l'âge de pierre avec la barbarie en plus. Les populations arabo-musulmanes n'ont pratiquement rien inventé, mais recopié
ce que d'autres civilisations ont inventé. Les chiffres arabes viennent d'un peuple d'Asie, l'algébre et l'architecture de la Grêce et de Rome, etc... Et même le couscous, c'est nous les
'méchants' colonisateurs qui leur avons appris. Ils étaient même contre l'imprimerie qui leur est bien utile maintenant pour inonder la planète de leurs écrits barbares. Leur 'religion' est
contre tout progrès puisque le but de tout musulman est d'aller au paradis. D'ailleurs, ils le disent eux mêmes : "Nous aimons la Mort, plus que vous, vous aimez la Vie" ( comme l'a rappelé un
certain Merah ). Dans leurs pays, pratiquement tout est construit par des compagnies étrangères : électricité, routes, bâtiments, téléphonie, voitures, etc..... Ils sont rentrés dans l'ère
moderne grâce aux pétro-dollars. Que se passerait-il si l'islamisation se produisait sur toute la planète ? Plus de routes, plus d'électricité, plus de téléphone, plus de télévision, plus
d'internet, plus de livres, plus de voitures, etc... La censure serait totale. La Police islamiste battrait à coups de bâton ceux qui rigolent ou sourient dans la rue ou ceux qui font ou écoutent
de la musique comme cela se fait en Afghanistan... Bref, on envierait les hommes qui vivaient à l'ère préhistorique...