Égypte : Morsi, un président sous surveillance. Préface de Jean-François Touzé

Publié le 24 Juin 2012

Préface de Jean-Francois Touzé : 

Le moins que l'on puisse dire est que l' élection du Frère musulman Mohamed Morsi à la présidence de la République égyptienne n'est pas une bonne nouvelle pour le monde occidental ni sans doute d'ailleurs pour les Egyptiens eux mêmes.

 Comme nous l'avions écrit et dit dès les débuts de ce faux printemps arabe qui est en réalité l'hiver des libertés et malgré les digues que le pouvoir militaire tente de mettre en place pour en contenir la poussée, les Frères musulmans prennent peu à peu le contrôle du pays.

 L'islamisme radical étend son ombre petit à petit et aux frontières de l'Egypte, le Hamas, émanation de la Confrérie se sent à nouveau pousser des ailes qui sont, à vrai dire, celles des ténèbres.

 Plus que jamais dans ces conditions l'alliance sans faille de l'occident autour du lien atlantique renforcé d'un volet européen puissant, et la solidarité indéfectible avec Israël sont nécessaires.

 

 Les Nouveaux Républicains ne cesseront de le rappeler et de se battre pour que ces principes redeviennent réalités politiques.

 Jean-François Touzé Président des Nouveaux Républicains

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AFP/ Le Point.fr

Le Frère musulman a été déclaré vainqueur de la présidentielle égyptienne, dimanche, par le président de la commission électorale.

 

Mohamed Morsi.



Mohammed Morsi / Photo Marwan Naamani
Le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi, a été déclaré dimanche vainqueur de l'élection présidentielle en Égypte, devenant ainsi le premier islamiste à parvenir à la tête du pays le plus peuplé du monde arabe. Il a obtenu 13,2 millions de voix, contre 12,3 millions à son rival Ahmad Chafiq, ultime Premier ministre d'Hosni Moubarak, a déclaré le président de la commission électorale, Farouk Soltan. Selon la commission électorale, le taux de participation s'est élevé à 51 % pour le second tour de cette présidentielle qui s'est tenu les 16 et 17 juin, contre 46 % lors du premier tour les 23 et 24 mai.

Mohamed Morsi, un ingénieur de 60 ans diplômé d'une université américaine, est le premier président élu depuis la chute de M. Moubarak, contraint à la démission par une révolte populaire en février 2011. Sa victoire a été saluée par une explosion de joie place Tahrir au Caire, où des dizaines de milliers de ses partisans ont crié "Allah akbar" (Dieu est le plus grand), lancé des feux d'artifice et scandé "À bas le pouvoir militaire !" "L'ancien régime est parti. C'est bon pour l'Égypte et les Égyptiens", a réagi l'un d'eux, Khaled Abdel Satar. "C'est une victoire pour la révolution égyptienne", a commenté à l'AFP un autre manifestant, Mohammed Abdel Ghafar, avocat. Son ami, Ahmed Shabrawi se félicite, quant à lui, du transfert prochain du pouvoir à un président civil.

Marge de manoeuvre très réduite

Le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis la chute de l'ancien raïs, a promis de remettre le pouvoir exécutif au nouveau président avant la fin du mois. Son chef, le maréchal Hussein Tantaoui, a adressé ses félicitations dimanche à M. Morsi. Fort d'une légitimité acquise lors d'une élection où les Égyptiens ont pu pour la première fois choisir leur président librement, le futur chef de l'État disposera toutefois d'une marge de manoeuvre très réduite face au Conseil militaire. L'armée a en effet récupéré le pouvoir législatif après la dissolution à la mi-juin de l'Assemblée, contrôlée par les islamistes, en vertu d'un jugement déclarant illégal le mode de scrutin. Toute réforme restera donc, jusqu'à l'élection d'une nouvelle chambre des députés à une date non précisée, soumise au contrôle des militaires. L'armée garde également un droit de regard sur la rédaction de la future Constitution du pays, ainsi que des prérogatives importantes en matière de sécurité et de maintien de l'ordre dans ce pays de quelque 82 millions d'habitants.

À l'annonce des résultats, la déception était vive au sein du camp Chafiq, un général en retraite. Plusieurs de ses supportrices ont hurlé, d'autres ont pleuré. "Je ne vois pas comment l'Égypte sera représentée par cet homme (Morsi, NDLR) et son groupe", s'est interrogé Magued, un partisan de M. Chafiq. "C'est un marché conclu entre l'armée et les Frères musulmans", déplore une supportrice qui a refusé de s'identifier. Pour elle, "l'armée a peur que le pays s'engage dans la violence".

Félicitations du Hamas

Chef du Parti de la justice et de la liberté (PLJ), la vitrine politique des Frères musulmans, M. Morsi a bénéficié lors de sa campagne du soutien de l'immense réseau militant de la confrérie, la plus importante et la mieux organisée des forces politiques du pays. M. Chafiq, quant à lui, avait le soutien des réseaux de l'ancien parti de M. Moubarak, d'une très grande partie de la communauté chrétienne copte et de nombreux Égyptiens séduits par son discours de retour à la sécurité après une transition politique chaotique. L'annonce des résultats, attendue jeudi dernier, avait été reportée par la commission électorale, qui a indiqué qu'elle avait besoin de temps pour examiner les recours présentés par les candidats. Durant plusieurs jours, MM. Morsi et Chafiq se sont engagés dans une bataille de déclarations et de communiqués, chacun revendiquant la victoire.

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir à Gaza, a salué la victoire "historique" de Mohamed Morsi, y voyant un "revers" pour ceux qui tentent de coopérer avec "l'ennemi" israélien. Sa victoire a été accueillie à Gaza par des cris de joie, des klaxons et des rafales d'armes automatiques en l'air. Les Émirats arabes unis ont "favorablement accueilli" cette élection et exprimé l'espoir de voir l'Égypte regagner sa "stabilité".

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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