Egypte: un génocide sur le modèle du Soudan? Traduction Nancy Verdier

Publié le 6 Janvier 2013

headshotPar Raymond Ibrahim Nancy2013 (2)Traduction Nancy Verdier


FrontPage Magazine
David Horowitz, Editor-in-Chief
Columnist Archives 4 janvier 2013 

 

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Les tensions actuelles en Egypte entre le gouvernement dirigé par les Frères musulmans et une population largement fragmentée entre ceux qui s'opposent à l'islamisation - les modérés, les partisans de la laïcité, et les chrétiens qui ont récemment manifesté en masse place Tahrir et ont même assiégé le palais présidentiel –ne sont que trop familières. Il suffit de regarder le voisin immédiat, le Soudan et son histoire sanglante, pour connaître le chemin que l’Egypte pourrait bien prendre.

La guerre civile au Soudan, qui a vu des millions de morts, était fondamentalement le sous-produit d'un régime islamiste et sa tentative de promouvoir la loi de la charia sur les importantes populations de Soudanais - musulmans, chrétiens et polythéistes - qui  refusaient d'être régis par la loi d'Allah, qui refusaient d’être islamisés. Bien qu’ayant consenti du bout des lèvres au pluralisme et à l'égalité dans les premières années, en 1992, le gouvernement islamiste de Khartoum lança un jihad officiel contre le sud et le Nouba, citant une fatwa (citing a fatwa) des autorités musulmanes du Soudan selon laquelle « un insurgé qui était auparavant un musulman est maintenant considéré comme  apostat ; et un non-musulman est un non-croyant, un rempart contre la propagation de l'islam et l'islam s’accorde la liberté de les tuer l’un comme l’autre ».

En d'autres termes, le gouvernement de Khartoum a décrété que:
1) Il essaie simplement de faire la volonté de Dieu en instituant la Charia islamique;
2) Tout soudanais qui s'oppose, y compris les musulmans, est évidemment un infidèle;
3) Tous les infidèles doivent être éliminés.
Par conséquent, d'innombrables personnes furent massacrées, violées, et asservies, toutes choses légitimes une fois qu’un pays islamique a déclaré le djihad. Alors que le Sud-Soudan a récemment cédé, dans le nord, les monts Nouba continuent d’être bombardés en permanence.

 

Maintenant, observons comment ce modèle – avec fausses promesses de liberté religieuse, suivies d’une poussée de la Charia et une déclaration que toute personne qui s'y oppose, y compris les musulmans, sont des infidèles et des apostats qui doivent être tués, - est précisément celui  qui a cours au nord du Soudan, en Egypte.

Tout d'abord, bien que Mohamed Morsi ait promis à plusieurs reprises lors des élections présidentielles, qu'il serait un président représentatif de «tous les égyptiens » quelques mois après son arrivée au pouvoir, il a montré que son véritable intérêt - qui aurait dû être évident dès le début, étant donné qu'il est le chef de file des Frères musulmans, - était la charia et l'islamisation.

Malgré tout, les Égyptiens n’avaient pas oublié que Morsi, lors des élections présidentielles, avait déclaré ce qui suit dans une interview vidéo (video interview) :

Le peuple égyptien est éveillé et vigilant - musulmans et chrétiens ; et ils savent que, celui qui accède au pouvoir [président égyptien], s’il ne respecte pas la primauté du droit et de la Constitution, le peuple se soulèvera contre lui. Je veux que les gens immédiatement se soulèvent contre moi, si jamais je ne respecte pas la loi et la Constitution.

En conséquence, lorsque Morsi lui-même s’est arrogé des pouvoirs présidentiels sans précédents qu’il a ensuite utilisés pour contourner la loi et peser de tout son poids pour orienter l’Egypte vers une Constitution s’appuyant sur la Charia, de vastes pans de la population égyptienne se sont soulevés contre lui; à un moment donné, il a même dû fuir le palais présidentiel.

Et tout comme au Soudan, les alliés islamistes de Morsi qui, comme lui, lors des élections ont parlé en termes élogieux de l'unité égyptienne – dépeignent explicitement tous les égyptiens qui s’opposent à Morsi, et qui pour la plupart sont des musulmans, comme des opposants à l'islam, des apostats et des hypocrites, et donc des ennemis qui doivent être combattus et tués.

Sur Internet, le religieux radical  Wagdi Ghoneim,(Wagdi Ghoneim) par exemple, a incité les musulmans à mener le djihad et à éliminer toute personne qui proteste contre Morsi, ajoutant que tout musulman  découvert en train de protester est, en fait, un hypocrite apostat, qui veut voir disparaître l'islam de l'Egypte. Il a justifié le jihad contre ces musulmans en citant le Coran 66:9: «Ô Prophète! Mène la lutte contre les infidèles et les hypocrites, et sois rude avec eux. » Il a ajouté que les hypocrites étaient soutenus par « les Croisés chrétiens » (une référence aux Coptes) et« les débauchés »libéraux et laïcs qui, tous, doivent également être combattus et même tués.

En ce qui concerne les musulmans qui protestent, mais restent toujours de «vrais» musulmans, Ghoneim les dépeint comme étant dans l’erreur, et leur demande : «Pourquoi prenez-vous parti aux côtés des croisés et des infidèles contre la Charia? » - Signifiant ainsi qu’il faut les combattre  jusqu'à ce qu'ils reviennent à la raison.

Il a bien souligné que l'Islam interdit aux vrais musulmans de lutter les uns contre les autres, - en dépit du fait que l'histoire (et l’actualité) regorgent d’exemples de musulmans se massacrant les uns les autres -  et il a donné raison à son appel à la lutte contre d’autres musulmans en citant le Coran 49:9: «Si deux factions au sein des croyants se combattent, il faut procéder à un règlement entre les deux. Mais si l'un d'eux opprime l'autre, alors il faut lutter contre le camp de l’oppresseur  jusqu'à ce qu'il revienne à l'ordre d'Allah. »
Dans ce contexte, les musulmans opposés à la Charia sont ceux qui « oppriment l'autre » et Morsi et ses partisans, qui veulent la Charia, c’est à dire, qui veulent le « retour à l'ordre d'Allah. » sont les « vrais musulmans ».

Bien d’autres musulmans ont repris le même raisonnement selon lequel « quiconque proteste contre Morsi, en fait proteste contre l'Islam lui-même », (whoever protests against Morsi, is in fact protesting against Islam itself), (Traduction NV) puisque le rôle de l’un est tout simplement de faire entrer en vigueur l’autre; comme Ghoneim, ils ont émis des fatwas, ou décrets islamiques prônant le combat contre tous les manifestants de ce type, même s’ils sont frères musulmans, conduisant à des attaques violentes et des meurtres pendant les soulèvements contre Morsi, y compris avec les « Chambres de torture de la Fraternité."(Muslim Brotherhood’s Torture Rooms.”)

L'Egypte n'est pas encore le Soudan, mais elle en prend le chemin en suivant le même schéma, en particulier, celui d’un gouvernement islamiste qui cherche à islamiser la société, et à caractériser comme infidèles et apostats tous ceux qui résistent. Sans aucun doute le gouvernement islamiste égyptien va poursuivre l’islamisation de tous les aspects de la vie égyptienne, sans aucun doute, il y aura ceux qui la rejettent. La question est de savoir si leur résistance farouche sera suffisante pour inciter le gouvernement à agir sur les fatwas en question, en déclarant qu’il s’oppose formellement à ce que tous les égyptiens qui rejettent la Charia soient considérés comme des infidèles et des apostats bons à être traqués et éliminés en toute impunité.

 

 

Toute reproduction est libre de droit et même conseillée avec toutefois le signalement de l'auteur Raymond Ibrahim, de la traductrice Nancy Verdier et du site

http://www.gerard-brazon.com/ Merci d'avance  

 

 

 

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Marie-claire Muller 06/01/2013 23:03


Comme des serpents!! ils endorment les gens et ensuite" PAR LA TERREUR"ils les rallient à leur cause!!SE SONT DES DEMONS ET ILS SERVENT BIEN LEUR MAITRE.