Eloge du populisme de Vincent Coussedière, chez Elya éditions

Publié le 14 Mai 2012

Enquêtes et débats

Nous lançons une nouvelle rubrique, “Paradoxes”, et pour la démarrer sur les chapeaux de roues, voici un extrait d’un nouveau livre dont on va entendre parler, Eloge du populisme de Vincent Coussedière, chez Elya éditions, dont c’est aussi le premier livre et la première réussite. L’auteur qui est philosophe explique notamment qu’il est pour le moins paradoxal de refuser aux Français d’origine ce qu’on tolère pour les étrangers d’origine en ce qui concerne l’attachement à ses racines.

“Il faut s’arrêter un instant sur l’expression des adversaires de l’immigration, qui caractérisent celle-ci comme une immigration “de peuplement”. On s’accorde généralement à faire de 1974 un point de bascule quant à la nature de l’immigration, par l’effet du regroupement familial. On passa alors de l’immigration provisoire d’individus, dont les motifs étaient économiques ou de refuge (asile politique), à une immigration d’implantation. Si l’expression “immigration de peuplement” est plus juste encore que ceux qui l’emploient ne le croient, c’est parce qu’elle n’est pas seulement un phénomène quantitatif, mais un phénomène qualitatif : il s’agit effectivement de “faire peuple” à l’intérieur d’un peuple déjà existant. Ce phénomène, qui est loin d’être majoritaire, est en partie nouveau, ne se limite pas à la France, et crée de véritables diasporas à l’intérieur des pays d’accueils[1]. C’est dans la mesure où les immigrés veulent conserver leur similitude avec le peuple du pays d’origine qu’ils refusent l’assimilation au peuple d’accueil, et cela parce qu’il est impossible d’être similaire à deux modèles contradictoires. Il est curieux que l’on déplore comme “populiste” l’attachement du peuple d’accueil à sa similitude, et que l’on encense l’attachement des immigrés à la similitude de leur peuple d’origine.” p. 64-65

[1] Sur les problèmes d’une immigration qui continue à s’identifier au pays d’origine, voir le remarquable article de Riva Kastoryano : “Vers un nationalisme transnational. Redéfinir la nation, le nationalisme et le territoire.” Revue française de Science Politique. Août 2006

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

Commenter cet article

Polux 14/05/2012 18:46


Comme pour certains il est normal qu'un étranger veuille garder ses traditions d'origine, alors qu'un français qui s'insurge contre justement l'imposition de ces traditions étrangères est taxé de
" populiste ", pour ces mêmes personnes, il est normal qu'un immigré porte plainte contre un français ( blanc ) pour racisme alors que le contraire ne peut exister... Les racistes ce sont les
blancs !!! 

mika 14/05/2012 10:53


Extrait de son interview sur la « décomposition sociale
»…


http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2012/05/04/il-ne-faut-pas-confondre-le-populisme-avec-la-demagogie


Sur la « décomposition sociale »…


Il faut parler de la notion de peuple. Certains en font
une définition ethnique, identitaire qui tend à figer le peuple pour l’éternité. D’autres le définissent comme une juxtaposition d’identités individuelles qui vivent ensemble. Aucune de ces deux
notions n’est satisfaisante. Il y a aussi une notion sociologique : l’unité du peuple est basée sur une « ressemblance », une similitude des mœurs, de la culture, de la religion… La laïcité est
un très bon outil pour maintenir la ressemblance. Porter la burka est une façon radicale de se retirer de cette similitude. C’est la symétrie de la nudité : une façon de privatiser à son profit
l’espace public.


Il y a un populisme anti-islam qu’il ne faut pas
rabattre sur l’extrême-droite, car il peut être en partie une réaction saine à un vrai problème. Le populisme, c’est un conservatisme, mais la volonté de conserver son « être social
».


 

mika 14/05/2012 10:46


C'est une évidente contradiction que soulève ce débat.

raymond 14/05/2012 09:07


et l'on nous fait croire que notre attachement a notre culture,a notre nation,bref a notre France ne serait pas normal,merci monsieur Vincent Coussediere de nous rappeler que nous avons encore le
droit et le devoir d'aimer et de defendre notre France,merci