En ces temps difficiles, une manifestation des employés du Sénat...avorte

Publié le 15 Décembre 2012

Scandale au Sénat !

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On a évité de justesse, jeudi une manifestation qui aurait arraché des larmes aux Français. Et dans l’état dépressif où ils sont, hein, pas la peine d’en rajouter.

Les employés du Sénat avaient en effet prévu de se rassembler devant l’auguste maison pour protester contre un projet inadmissible et révoltant d’atteinte à leurs avantages acquis, soit la réduction de leur « prime de chauffage ». Une prime qui se monte à 4 623 euros nets par an, ayant doublé sur les dix dernières années vu qu’elle est indexée sur le prix du pétrole.

Ah ! Ah ! me direz-vous, une prime de chauffage ! Serait-ce que les fonctionnaires de notre État failli sont obligés d’allumer leur brasero le matin en arrivant au boulot ? Ou la lampe à pétrole qu’ils alimentent avec leur petit bidon ? Non. La prime, c’est pour se chauffer à la maison et pouvoir monter les seaux de charbon depuis la cave jusqu’au sixième sans ascenseur avant de casser la glace du saut hygiénique qui a gelé pendant la nuit. Allo Zola, si tu m’entends…

Il est vrai que le métier d’administrateur (salaire mensuel moyen : 6 000 euros nets), chauffeur de sénateur (5 000 euros nets), ou même huissier (4 000 euros nets) mérite bien une petite prime. Surtout pour le dernier qui souffre de devoir porter une chaîne au cou sur un habit démodé et, pire encore, de devoir ouvrir les portes avec déférence à de gros bedonnants. Sans parler des cadences infernales : le Sénat compte 1 120 fonctionnaires pour 348 sénateurs, soit 3,21 employés par élu. L’enfer, on vous dit.

Mais on aurait tort de rigoler. En effet, comme l’a confié à RTL M. Salvador, délégué syndical des personnels du Sénat, leur but est altruiste. C’est « protéger les nouveaux entrants » et, mieux, « protéger la jeunesse ». Car la chose a été évoquée du bout des lèvres : en plus de la réduction de la prime existante, le Sénat aurait envisagé sa suppression à terme pour tout nouvel entrant sous les lustres de la République. Il est vrai qu’avec des salaires de départ à 2 800 euros plus les garanties de la fonction publique, les petits jeunes ont besoin d’être soutenus.

L’abolition des privilèges fut votée dans la nuit du 4 août 1789. A l’évidence, on ne les a pas tous fait sauter. Surtout dans la fonction publique. Exemple parmi d’autres : il y a quelques années, les fonctionnaires du ministère de la Justice recevaient encore deux fois par an une coupe de 3 mètres d’une magnifique serge blanche pour se faire des blouses. Les couturières et la blouse ayant disparu des rayons, on peut imaginer que le tissu a été converti en espèces…

Les fonctionnaires du Sénat ont finalement renoncé à leur manif. Peut-être la peur de se faire casser la gueule par des Français qui voulaient se réchauffer ?

Marie Delarue, le 10 décembre 2012 // Boulevard Voltaire

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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DURADUPIF 15/12/2012 14:34


Délégué local maison. Vive "l'ancien régime". Même pas adhérents à des Syndicats ouvriers ou cadres. Chez eux ils se réchaufferont...en tremblant.

Marie-claire Muller 15/12/2012 14:23


A leur place je ferais profil bas parce que sans chauffage ça pourrait chauffer côté rue .La cocotte est prête à exploser de fait de l'accumulation des atteintes à nos droits ,nos libertés et à
nos revenus!!