En finir avec le « Droit au Retour » des palestiniens. Par Daniel Pipes. Traduit par Nancy Verdier

Publié le 18 Janvier 2012


par  Daniel Pipes
National Review Online
January 17, 2012

http://www.danielpipes.org/10524/palestinian-right-of-return

Traduction de Nancy VERDIER

Entre 1967 et 1993, seules quelques centaines de palestiniens de la Rive Ouest de Gaza eurent  le droit de vivre en Israël du fait de leur mariage avec des arabes israéliens (qui constituent  presque 1/5 de la population d’Israël) et de ce fait  obtinrent  la citoyenneté israélienne. Puis les accords d’Oslo ont offert une option de regroupement familial,  un petit ruisseau qui s’est transformé en fleuve. 137.000 résidents de l’Autorité palestinienne (AP) se sont installés en Israël de 1994 à 2002, certains d’entre eux engagés dans des mariages blancs ou polygames.

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Le bâtiment de la Cour Suprême de Justice israélienne à Jerusalem.

 

Israël a deux raisons majeures de craindre cette immigration incontrôlée. Tout d’abord, elle présente un danger sécuritaire. Yuval Diskin, le chef du service de sécurité Shin Bet a fait remarquer qu’en 2005 sur 225 arabes israéliens impliqués dans des actions terroristes à l’encontre d’Israël, 25 d’entre eux, soit 11% avaient légalement pénétré le territoire israélien sous couvert de regroupement familial.  Ils en ont profité pour tuer 19 israéliens et pour en blesser 83; et plus notable, fut le cas de Shadi Tubasi la bombe- suicide du restaurant Matza à Haïfa en 2002  qui était membre du Hamas et fit 15 morts.

Ensuite, cela conforte un processus furtif  de “Droit au Retour” palestinien qui mine la nature juive de l’état d’Israël. Ces 137.000 nouveaux citoyens  constituent environ  2% de la population d’Israël, ce qui n’est pas négligeable. Yuval Steinitz, l’actuel ministre des finances, avait en 2003 bien compris que l’encouragement de AP pour le regroupement familial était une « stratégie délibérée » pour augmenter le nombre de palestiniens en Israël et miner son caractère juif. Ahmed Qurei, un négociateur palestinien majeur, plus tard confirma cette crainte: "Si  Israël continue à rejeter nos propositions concernant les frontières d’un état palestinien, nous pourrions exiger la citoyenneté israélienne »

En réponse à ces deux dangers, le parlement israélien en juillet 2003 adopta la  « loi de citoyenneté et d’entrée sur le territoire israélien ». Cette loi interdit à une famille palestinienne d’obtenir automatiquement la résidence ou la citoyenneté israélienne avec des exemptions temporaires ou limitées impliquant de faire une demande spécifique de certification auprès du ministre de l’intérieur prouvant que les requérants sont « compatibles avec les intérêts d’Israël » ou utiles d’une manière ou d’une autre. Face à de sévères critiques le premier Ministre de l’époque Ariel Sharon avait affirmé en 2005 que  « l’état d’Israël a tous les droits pour maintenir et protéger son caractère juif, même si cela implique une modification de sa politique de citoyenneté. »


Sur les 3000 demandes d’exemptions, selon Sawsan Zaher, un avocat en désaccord avec cette loi, 33 ont été approuvées.  Israël est loin d’être le seul pays à durcir ses lois contre le regroupement familial. Le Danemark, par exemple, a eu des lois semblables pendant 10 ans excluant un mari israélien du pays et les Pays bas et l’Autriche ont fait de même.

La semaine dernière, la Cour suprême d’Israël par un vote de 6 à 5 a maintenu cette loi, et l’a rendue permanente. Tout en reconnaissant le droit à une personne de se marier, la cour n’a pas reconnu que cela impliquait le droit de résidence. Le président désigné de la Cour, Asher Dan Grunis, écrivit que selon l’opinion majoritaire   « les droits de l’homme ne sont pas un passeport pour le suicide national »

Ce schéma de l’émigration palestinienne en direction des juifs remonte à 1882, quand les juifs européens commencèrent leur aliyah (Hébreux "montée" signifiant immigration vers la terre d’Israël). En 1939, par exemple, Winston Churchill avait remarqué que l’immigration juive en Palestine avait stimulé en même temps une immigration arabe :   « Ainsi, loin d’être persécutés les arabes se sont rassemblés massivement et se sont multipliés faisant croître leur population. » 

En bref, il n’était pas nécessaire d’être juif pour profiter du haut niveau de vie des sionistes et des lois en cours dans cette société. Un étudiant de cette période, Joan Peters, estime qu’une double immigration juive et arabe « en proportions égales »  a eu lieu entre 1893 et 1948. Il n’y a rien d’étonnant à cela : d’autres états modernes installés sur des terres sous-peuplées  (Australie ou Afrique) ont aussi crée des sociétés qui ont attiré des populations indigènes.

 

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Gay Parade à Tel Aviv en 2010 : combien de palestiniens parmi eux ? 

Ce schéma palestinien d’ aliyah n’a pas cessé depuis la naissance de l’état d’Israël. Aussi antisionistes qu’ils soient, les migrants économiques, les dissidents politiques, les  homosexuels, les informateurs et les gens ordinaires sont des pragmatiques qui démontrent ainsi que leur préférence est pour un Moyen Orient résolument moderne et  libéral plutôt que pour une Autorité Palestinienne ou un Trou d’Enfer dirigé par le Hamas. Et remarquez combien peu d’arabes israéliens vont vivre sur la Rive Occidentale ou à Gaza avec leur épouse, bien qu’il n’y ait aucun obstacle à ce qu’ils le fassent.

La décision de la Cour Suprême a des implications fortes et à long terme. Comme l’écrit Eli Hazan dans Israel Hayom, « La Cour a rappelé  de jure mais aussi de facto que l’état d’Israël est un état juif et a mis fin à un débat qui durait depuis des années ». En claquant la porte de service au « droit  de retour palestinien », la Cour sécurise  l’entité sioniste et l’identité future d’Israël.

Mr. Pipes (www.DanielPipes.org) is president of the Middle East Forum and Taube distinguished visiting fellow at the Hoover Institution of Stanford University. © 2012 by Daniel Pipes. All rights reserved.

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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23bixente23 18/01/2012 22:50


très bonne chose ! il faut faire de même en Europe, à commencer par la France, c'est urgent !! ça sera autant moins de gens àç foutre dehors quand le peuple reprendra le pouvoir et réparera les
dégâts causés par des années de politique pro-immigrationnistes criminelles...