En quittant la Syrie, le Hamas confirme ses liens avec le réseau des Frères Musulmans.

Publié le 3 Mars 2012

Point de Bascule  

Les médias rapportent que les leaders du Hamas ont quitté la Syrie vers ce qui semble être un nouvel emplacement permanent. L’Associated Press (27 février 2012) rapporte ce qui suit :

Le numéro 2 du Hamas a confirmé que lui-même et d’autres leaders de l’organisation ont quitté la Syrie en raison de la répression brutale exercée par le régime contre ses opposants. Vendredi dernier, le premier ministre du Hamas à Gaza Ismail Haniyeh a fait une sortie contre Bachar el-Assad et salué la «lutte héroïque du peuple syrien pour la démocratie» durant un rassemblement à la mosquée al-Azhar du Caire. Dimanche, Moussa Abou Marzook a également déclaré à l’Associated Press que plusieurs désaccords empêchaient qu’une entente ne soit conclue entre le Hamas et son rival, le président palestinien Mahmoud Abbas et ce, malgré que les deux parties se soient récemment déclarées optimistes. Il a déclaré que le Hamas désirait maintenir ses liens avec l’Iran mais qu’il avait résisté à Téhéran en refusant de supporter Assad. «Les Iraniens ne sont pas contents de notre position envers la Syrie et, quand ils ne sont pas contents, ils ne font pas affaire avec vous de la même manière», a-t-il déclaré en faisant allusion à la diminution de l’aide iranienne au Hamas. Abou Marzook n’a pas précisé le montant d’argent que le Hamas reçoit de l’Iran.

Les responsables du Hamas ont minimisé les rapports selon lesquels le Hamas a quitté la Syrie, son lieu d’exil depuis longtemps. Cependant, Abou Marzook a confirmé qu’ «à toutes fins pratiques, nous ne sommes plus en Syrie», même si le Hamas y maintient toujours des bureaux. Abou Marzook vit désormais au Caire. Il a déclaré que son principal leader Khaled Mashaal et ses assistants ont déménagé à Doha (Qatar). Dans les derniers mois, le Hamas s’est considérablement éloigné de ses anciens commanditaires, l’Iran et la Syrie, en partie à cause de la campagne sanglante que mène Assad contre ses opposants. Au même moment, le Hamas s’est rapproché de son organisation-mère, les Frères Musulmans, qui ont fait des gains importants lors du printemps arabe et qui tentent de se présenter comme ouverts d’esprit pour augmenter leur attrait auprès des électeurs.

GMBDR poursuit en ajoutant ses propres commentaires :

Un article de GMBDR publié à la fin de 2011 rapportait l’appui de M. Mashaal au président syrien

En «se rapprochant» des Frères Musulmans, le Hamas contribue à dissiper le mythe que les Frères ont simplement donnés naissance au Hamas. La charte de l'organisation précise depuis longtemps que c’est «une des ailes des Frères Musulmans en Palestine». Il est bon de noter également que, selon un rapport du Hudson Institute, Moussa Abou Marzook était le responsable du Comité Palestine des Frères Musulmans aux États-Unis. Il est décrit de la façon suivante : «Moussa Abou Marzook, vraisemblablement un membre du conseil de direction (Shura Council) des Frères Musulmans aux États-Unis en 1988, était un dirigeant haut placé du Hamas. Il est décrit par le gouvernement américain comme le second responsable du bureau politique du Hamas à Damas (Syrie). Il s’occupe, notamment, de diriger et de coordonner les attentats terroristes du Hamas contre des soldats et des civils en Israël, en Cisjordanie et à Gaza».

Le départ de M. Mashaal vers le Qatar est une autre indication de l’importance de ce pays pour les Frères Musulmans. Récemment, une série d’événements importants ont été organisés par le réseau des Frères au Qatar (conférence sur Jérusalem, lancement d’un nouveau centre de recherche sur la charia, etc.)

Le 28 octobre 2011, sur les ondes d’Al-Quds TV, un autre leader du Hamas, Mahmoud al-Zahhar (Wikipedia – GMBDR), a rappelé que l’offensive de son organisation au Moyen-Orient n’est qu’une partie d’un combat plus vaste pour imposer les principes du « grand et glorieux islam » à la planète entière. Quand des non-musulmans évoquent ce genre de vérités élémentaires, ils sont qualifiés de racistes et d’islamophobes par les alliés du Hamas opérant en Occident.

La vidéo de l’intervention du leader du Hamas a été sous-titrée par MEMRI en anglais et archivée par Jihadwatch :

(Traduction PdeB) «Aujourd’hui, nous tenons à souligner que notre plan ne se limite pas à la libération de la Palestine. (...) Notre plan vise à guérir tous les maux de la civilisation occidentale qui ne sait que repousser ou tuer, contrôler ou détruire, entrer en conflit avec le peuple ou le restreindre.»

«Cette civilisation sera incapable de résister au grand et glorieux islam et à son programme humanitaire.»

(…) «La nation arabe a commencé à récolter les fruits d’un chaud printemps arabe. Hier, les islamistes l’ont emporté en Tunisie. Demain, ils triompheront en Égypte, puis en Libye et ce, jusqu’à ce que l’islam, qui règne en conformité avec les règles du Coran, prévale sur la planète entière.»

Au Canada, les liens de plusieurs organisations des Frères Musulmans avec le Hamas peuvent être démontrés en examinant les contributions que ces organisations ont faites dans le passé à IRFAN-Canada, le principal collecteur de fonds du Hamas au pays jusqu’à ce que l’Agence de revenu du Canada ne révoque son statut d’organisme de bienfaisance pour avoir financé le terrorisme.

Références supplémentaires

Point de Bascule (18 janvier 2012) : Tariq Ramadan dirigera un nouveau centre de recherche sur la charia financé par le Qatar et endossé par Youssef Qaradawi

Point de Bascule (10 janvier 2012) : Des organisations islamistes subventionnées ont transféré des centaines de milliers de dollars vers le collecteur de fonds du Hamas au Canada

Point de Bascule : Le projet de conquête islamique

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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