En solidarité avec le "P'tit Hebdo": Question/Réponse.

Publié le 12 Septembre 2011

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Une info, une question, leur avis

 

Toujours  au cœur de l'actualité, le P'tit Hebdo a souhaité  interroger  les candidats à l’élection de député à l’Assemblée nationale représentant des français d’Israël, ainsi que des journalistes et différentes personnalités d'Israël et d'ailleurs. 
Afin de connaître leur opinion, nous avons donc adressé à chacun d'eux, selon notre nouvelle formule hebdomadaire, une information - une question. Leur avis sera diffusé sur notre site internet, Facebook et les médias partenaires (jssnews, jerusalemplus tv, desinfos.com, terre d'Israël, etc.). L'heure de vérité a sonné !

 

Une info: Dans la nuit du 4 au 5 septembre, trois maisons ont été détruites dans l'implantation de Migrone dans le Binyamin.

Une question: Quel message le gouvernement israélien a-t-il voulu faire passer par une telle action à quelques jours de la déclaration unilatérale de Mahmoud Abbas à l'ONU?

 

Philippe Karsenty : Maire-adjoint de Neuilly-Sur-Seine Candidat aux élections législatives de la 8ème circonscription des Français de l’étranger.

Je vous remercie de m’avoir posé cette question. Néanmoins, je n’y répondrai pas car elle relève de la politique intérieure israélienne. En tant que futur député français, à l’Assemblée Nationale française, je n’ai pas à m’en mêler.  Je suis contre l’ingérence des personnalités politiques françaises en Israël, je ne vais pas m’y mettre moi aussi, avant même d’avoir été élu.

 

Michel Garroté : Journaliste

Le 2 août, la Cour suprême demande l'expulsion des habitants de cette implantation. Elle donne aux autorités jusqu'à mars 2012 pour appliquer cette décision. Or, la décision est appliquée la nuit du 4 au 5 août 2011.  Ce n'est donc pas un hasard. Abbas veut un "Etat palestinien", ce mois de septembre. Et le gouvernement israélien fait un geste de "bonne volonté". Ce n'est pas très intelligent.

 

 

Jonathan-Simon Sellem :  jssnews.com

Je doute qu'il y ait un réel message derrière ce genre d'action. Et s'il y en a un, vers qui se tourne t-il réellement ? La communauté internationale ? Sûrement pas dans la mesure où personne en dehors des frontières d'Israël ne sait qu'il y a eu démentellement. Aux palestiniens ? Quelques maisons ici ou là ne changeront rien à leurs plans, c'est toute la Judée-Samarie, voire toute la Palestine Mandataire qu'il faudrait raser. A l'opposition politique israélienne ? Ce n'est pas ça qui fera que Livni retournera au gouvernement.

Je pense surtout que ces destructions sont simplement un ordre de plus donné par la cour suprême dont on connaît les facéties.

Le gouvernement n'a rien a gagner avec ces destructions. D'ailleurs, détruire trois maisons ne fera rien avancer, tant sur le plan diplomatique que sur celui de la politique intérieure. S'il voulait donner un message, il en aurait détruit bien plus... Et encore, les résultats restent à prouver tant la destruction de logements de Juifs dans ces régions n'ont jamais changé la donne.

 

Guy Millière : Ecrivain

Si le gouvernement israélien a voulu faire passer un message en détruisant des maisons à Migron, ce message ne me paraît ni très positif, ni très fructueux. S’il s’agit d’espérer ramener l’Autorité Palestinienne à la table des négociations, il est évident que cet espoir est vain, et que l’Autorité Palestinienne ne reculera pas et ne prendra pas cela en compte. S’il s’agit de montrer à l’administration Obama qu’Israël est prêt à des concessions, il est tout aussi évident que les résultats seront nuls : l’administration Obama a clairement énoncé ses positions en parlant de négociations sur les « frontières » de 1967, et elle ne changera pas de position. Obama n’est pas un homme à l’échine souple, façon Clinton, c’est un dogmatique, et rien ne fera fléchir son hostilité à Israël, sinon l’action du Congrès. Tout en continuant à tenir le discours requis par la diplomatie, le gouvernement israélien gagnerait à ne plus adopter de positions défensives et à affirmer ses principes. Le village de Migron est un village israélien en Judée-Samarie. La plainte contre Migron a été déposée par une organisation gauchiste. Les décisions juridiques prises contre Migron auraient dû faire l’objet de recours, et non déboucher sur une action précipitée, injuste, et contre-productive.

 

Michel Gurfinkiel : Journaliste, Président de l'Institut Jean-Jacques Rousseau

 

Mon sentiment est que le gouvernement Nethanyahu, dans un contexte difficile (« face aux soixante-dix loups »), joue la carte du droit international.
Le droit international, à terme, valide toutes les demandes israéliennes essentielles. Et peut même, dans certaines circonstances, valider des actions israéliennes immédiates. Encore faut-il le savoir. Et vouloir jouer cette carte. La plupart des gouvernements israéliens ont été mal informés à cet égard, ou prudents (pour ne pas dire timorés). Nethanyahu sait de quoi il en retourne. Et je crois qu'il comprend l’importance de cette carte.
Mais le recours au droit international implique, à court terme, des mesures qui vont, ou semblent aller, contre des actions menées par les plus patriotiques des Israéliens. Dans l’affaire des maisons de Migron, c’est probablement le cas.

Je crois que l’on ne peut comparer, en l’occurrence, la décision de Nethanyahu (ou d’un de ses ministres, mais le premier ministre doit assumer les actes de son cabinet) à celles de son prédécesseur Ehud Olmert. Le cabinet Olmert – y compris sa ministre des Affaires étrangères, Tsipi Livni - persécutait les communautés israéliennes de Judée-Samarie parce qu’il avait abandonné l’idée même d’un droit du peuple juif sur ces territoires. Le cabinet Nethanyahu s’en tient à la lettre du droit international, et accessoirement de la Cour suprême israélienne de justice.

Le gouvernement Nethanyahu, dans sa composition actuelle, n’abandonne pas et n’abandonnera pas l’idée des droits du peuple juif sur Eretz-Israël. Il se bat contre les « soixante-dix loups », avec les moyens dont il peut disposer.

 

Edward Amiach Candidat aux élections législatives de la 8ème circonscription des Français de l’étranger. Initiative Démocratique Indépendante Libérale et Solidaire

 

En préambule je dirais qu’on évoque un faux problème. Chaque fois que la presse occidentale révèle des constructions en cours en Judée-Samarie, nous assistons à une « levée de boucliers »et à de profondes consternations, comme si la Paix du Monde était en danger.

Relativisons les choses. Sous la pression du lobby arabe la presse occidentale a fait sienne l’idéologie selon laquelle Israël est une entrave à la Paix. Jamais n’est rappelé que depuis sa création, Israël recherche un partenaire pour la Paix. Jamais n’est apparu, chez les Arabes de Judée-Samarie, un homme courageux, charismatique soucieux du bien-être de son peuple et capable de signer une Paix avec Israël. Ni Abbas, ni Arafat avant lui, n’ont eu cette volonté. Pour le démontrer il eut fallu qu’ils déclarent Israël : Etat Juif. Cette simple déclaration aurait ouvert les portes aux espoirs les plus extraordinaires que cette région du Monde peut espérer. Las, les desseins des arabes sont tout autres.

Les maisons détruites de Migrone – ou d’ailleurs- ne portent aucun message quant à la déclaration unilatérale de M. Abbas à l’ONU. Tout au plus indiquent-elles, au Monde qu’Israël est un Etat de Droit et que rien ne peut entraver ce qui reste un des fondements de la Société Israélienne. Ce Droit qui permet au Monde moderne d’établir des Sociétés Libres, Démocratiques et Prospères.

Mais, le Monde, les Arabes en ont-ils cure ?

 

Jean-Patrick Grumberg :  Site drzz.fr

Si le gouvernement (et pas uniquement le gouvernement présent) était capable de faire passer le moindre message, cela se saurait.  Il ne serait pas là à courir le monde comme un lapin pour trouver des soutiens in extremis contre la création d’un Etat Palestinien en septembre à l’ONU. 

Si je me souviens, moi, que Salam Fayyad, le 26 août 2009, a dévoilé son plan détaillé pour la création d’un Etat palestinien sous deux ans (force est de saluer son strict respect du planning qu'il s'est imposé), j’aurais aimé que le gouvernement s’en souvienne avant l’été 2011. 

Si donc le gouvernement a fait passer un message, c'est de révéler qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer.

Hélas, les questions qui se posent avec le drame humain des maisons détruites sont celles-ci :

Pourquoi acceptons-nous une si faible sécurité juridique, qui fait que l’établissement d’un droit de propriété dépende de la couleur politique d’un juge, ou d’un caprice du gouvernement, ou encore de la religiosité de son détenteur ?

Pourquoi acceptons-nous le pire système démocratique qui soit, et qui permet à toute micro-minorité électorale de peser d’un poids qui défie cette même idée démocratique ?

Pourquoi acceptons-nous que des groupuscules gauchistes soient financés par des Etats et des organisations hostiles, lesquels nous traineraient devant les tribunaux internationaux pour ingérence, si nous, Israéliens, osions financer des organismes qui leurs sont hostiles ?

Pour ces questions, et bien d’autres qui occupent nos campeurs, il faudra bien un jour cesser de nombriliser sur notre devoir moral de construire une société exemplaire, une société plus juste au sein des nations, et se retrousser les manches à la tâche.

On pourra toujours, d’ici là, soulever quelques aspects plus techniques.

Comme par exemple se demander pourquoi les destructions de maisons juives doivent obéir à une dictature des quotas, par rapport aux destructions de maisons arabes, et non à la stricte application du droit.

Ou pourquoi la justice est vouée à dépendre de celui qui, à gauche ou à droite, atteindra le premier les postes clefs des tribunaux.

Les gauchistes, qu’ils soient au gouvernement, à la cour suprême, dans nos médias, ou dans les ONG anti-sionistes, sont acharnés contre les habitants de ces villages. Ils sont loin d’être aussi zélés contre les villageois arabes. A qui la faute si nous leurs laissons une autoroute libre pour détruire notre pays. Pourquoi se priveraient-ils ?

Arrêtons de rejeter la faute sur les autres, et déterrons nos ennemis.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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