En Turquie comme en France, la laïcité est battue en brèche !

Publié le 11 Octobre 2013

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Redah Karzan

Atatürk doit se retourner dans le mausolée où son corps repose depuis 1953. Le père de la République de Turquie voit en effet son travail mis à sac depuis des années par le Premier ministre Erdoğan et ses partisans de l’AKP. L’agenda politique de l’exécutif turc est clair comme de l’eau de roche, et pourtant aucune voix forte ne vient remettre en cause les avancées islamistes d’un pays qui se veut le chantre de la modernité en Asie mineure.

Un agenda clair mais pour s’éviter de trop nombreuses critiques, la Turquie place des paravents et surfe avec un certain succès sur le soft power. Quoi de mieux, en effet, que de mettre devant des yeux étrangers l’image d’une Turquie moderne, libre et ouverte sur le monde ? Les séries télévisées turques jouent ce rôle avec succès depuis des années auprès d’un large public arabe épris de liberté. En un mot, la liberté par procuration. C’est aussi ce qui attend les Turcs eux-mêmes, car à deux pas des studios télé, les islamistes sont à la manœuvre. Erdoğan a pour projet de faire de l’islam la seule et unique référence culturelle et politique qui doit gouverner les normes sociales en Turquie.

Les attaques contre la laïcité ne sont pas nouvelles. L’embrigadement islamiste de la jeunesse a été et reste un objectif du pouvoir. Mais n’est-ce pas une chose louable quand cela est la seule solution pour éviter une« jeunesse droguée » ? Argument culotté auquel il fallait penser ! Le dernier coup, et pas des moindres, donné par les islamistes turcs est la fin du principe de laïcité dans la fonction publique. Les femmes ont désormais le droit de porter le foulard dans les institutions publiques. Cela n’est pas vrai dans tous les corps publics (police, armée, justice sont pour le moment épargnées), mais le ver est dans le fruit et ce dernier ne devrait pas tarder à pourrir.

Les choses sont quelque peu différentes en France. Hollande n’est pas un islamiste (même s’il les aide allègrement en Syrie) et la laïcité lui tient très à cœur, en tout cas en paroles. La réalité est tout autre. Mettre un joli paravent pour les yeux du public – comme en Turquie – et en profiter pour renier les principes constitutifs de notre République. La laïcité est battue en brèche et rien n’est fait par le gouvernement pour répondre à ces attaques. Le foulard à l’université ? Les Français sont contre à une écrasante majorité. Peu importe la voix du peuple. Pour Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur, le port du foulard « n’est pas un sujet ». Fin du débat, les Français sont bafoués et la laïcité bien mal-en-point.

Peut-on toutefois s’étonner d’un laxisme coupable de la part de socialistes dirigés il n’y a pas longtemps encore par une Martine Aubry qui réservait des horaires spécifiques pour les femmes dans les piscines municipales de Lille ? Les principes d’égalité et de laïcité ont du plomb dans l’aile avec de tels personnages. Allez demander à Jean-Louis Bianco, grand ami de François Hollande, devenu président de l’Observatoire de la laïcité par la grâce présidentielle, si les choses tournent rond en ce moment. La réponse sera surprenante pour les moins avertis, car dans la joyeuse France hollandaise, le problème, c’est le peuple, rien d’autre.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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