ENFANTS VENDUS AUX ENCHÈRES EN ÉGYPTE – LES ARABES ACHÈTENT

Publié le 15 Février 2011

Point de Bascule

22 Janvier 2008 par Annie LessardMarc Lebuis 

              Adjugé, vendu. C’est un commerce en pleine expansion qui rappelle les marchés d’esclaves d’antan. À la saison touristique, des milliers d’Arabes viennent passer leurs vacances en Égypte et en profitent pour consommer un mariage temporaire islamique. Puis ils disparaissent dans la nature, laissant derrière eux le fruit de quelques nuits d’amour et une femme désemparée ne sachant quoi faire de cet enfant, qu’elle finit par vendre au plus offrant.

 

Avec l’institution des mariages temporaires (chiites) ou sans obligations (sunnites), du coup le tourisme sexuel islamiquement correct (halal) devient possible et il connaît une vogue grandissante. Malheureusement il ne tombe pas sous le coup de la loi puisqu’il s’agit de mariage légal en bonne et due forme respectant en tous points la charia.

 

L’Égypte connaît une vague sans précédent d’enfants abandonnés. Les mères victimes de ces mariages temporaires (contractés le plus souvent avec des saoudiens se dépêchent d’abandonner leurs bébés peu de temps après la naissance. D’autres se font littéralement acheter leur nouveaux-nés pendant leur séjour en maternité, c’est souvent les infirmières qui servent d’intermédiaires dans ce commerce d’enfants. Les destinataires sont habituellement des femmes arabes aisées de l’Arabie saoudite, du Koweït ou des Émirats. Atteintes de stérilité, elles vivent dans la hantise de voir leur mari épouser une seconde femme. Elles feignent donc d’être enceintes, prétextent un voyage d’agrément ou pour passer des examens médicaux, se rendent en Égypte où elles se procurent à bon compte un bébé nouveau-né (un garçon dans la totalité des cas) qu’elles enregistrent à leur nom (les certificats de naissance de complaisance s’achètent) et le tour est joué.

 

Ce n’est ni plus ni moins que le rapt d’enfants et la fraude érigés en système.
D’autres sont vendus aux enchères, loués, cédés au plus offrant, dans un commerce qui rappelle lesmarchés d’esclaves d’antan.
Extraits de l’article « Nulle part ailleurs, 30 000 L.E., adjugé, vendu », par Chahinaz Gheith, paru dans Al-Haram Hebdo, le 24 octobre 2007

 


C’est comme si l’on était en train de remonter la machine du temps et revenir plusieurs siècles en arrière lorsque l’esclavage était un système admis. A Mégharbéline, au quartier de la Citadelle, et à Bawabet Al-Métouali se tenaient des marchés d’esclaves, si l’on croit les chroniques médiévales où l’on évoquait ces maîtres qui exposaient leurs plus belles marchandises : jolies femmes, destinées aux harems et noirs bien bâtis et même des enfants. Pour attirer leur clientèle, ils élevaient la voix, faisant l’éloge de chacun, vantant la beauté de l’une et tâtant les muscles de l’autre pour les vendre aux plus offrants. De nos jours, l’image n’a pas beaucoup changé, la scène est la même et l’on continue d’exhiber du « cheptel humain », comme si l’esclavage n’a jamais été aboli. Mais désormais, il ne s’agit plus de noirs ou de belles femmes, mais d’enfants proposés par leurs géniteurs et non par des marchands.

 

Ce n’est pas de la fiction. La dernière édition 2007 vient de le prouver : une des plus insolites ventes aux enchères a eu lieu à Port-Saïd. Un père de famille a aligné ses quatre filles sur la place publique pour les vendre aux plus offrants. « Des visages candides à vendre, des enfants à la fleur de l’âge : Arzaq (10 ans), Karima (8 ans), Badr (6 ans) et Badawiya (4 ans). Brunes et blanches de peau, vous avez l’embarras du choix. Payez sans marchander, les prix sont entre 3 000 et 30 000 L.E., suivant l’âge », répète à haute voix Mohamad Ismaïl tout en larmes. N’ayant pas trouvé de quoi subvenir aux besoins de sa famille, il n’a pas trouvé d’autres solutions que de vendre sa propre chair. « Que puis-je faire d’autre ? Même les chats sont capables de trouver leur nourriture, je n’arrive plus à nourrir mes propres enfants. Pas même avec du pain sec. Je ne peux pas aussi les livrer à la mendicité ou les abandonner dans la rue. Peut-être auront-elles la chance de tomber sur quelqu’un de bien qui pourra assurer leur avenir », poursuit-il. Lui et ses quatre filles tiennent dans leurs mains des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Enfants à vendre ! Où sont les droits de l’homme ? ».

 

(…)

 

Les Arabes du Golfe, premiers acheteurs

 

Or, ces deux cas ne sont pas exceptionnels, les pages des faits divers rapportent chaque jour des ventes de ce genre. Une marchande de légumes a vendu pour 5 000 L.E. son enfant à une femme aisée du Golfe. Parfois, ce n’est pas la misère qui pousse à se défaire de l’un de ses enfants. Un homme a cédé sa fille pour 30 000 L.E. pour avoir suffisamment d’argent pour une seconde épouse et pouvoir exaucer son vœu, celui d’avoir un garçon.

 

Dans la région des cimetières des juifs à Bassatine, Samah a vendu son neveu pour acheter son trousseau de mariage. Elle a prétendu à sa sœur que son fils a trouvé la mort écrasé par un microbus. Tous les maux sociaux semblent se terminer par ces tristes marchés de chair humaine. Un kiosque s’est spécialisé dans la traite des blanches : son propriétaire récupère les filles de la rue tombées enceintes, attend qu’elles accouchent, puis récupère leurs bébés pour les vendre. Un troisième au Fayoum a signé un acte de vente de 3 000 L.E., somme qui équivaut au prix de son fils.

 

La justice impuissante

 

(…) Bref, un commerce en pleine expansion, mais avec des formes actuelles diverses et surtout choquantes : actes de vente, de location, désistement et même mise en dépôt qui risquent tous de créer un marché des esclaves. Ce phénomène se répand de plus en plus aussi bien dans les quartiers huppés que les plus pauvres comme Madinet Nasr, Doqqi, Gamaliya et Vieux-Caire, puis dans d’autres gouvernorats : Alexandrie, Ménoufiya et Ismaïliya, comme le précise une étude effectuée par le Centre des droits de l’enfant égyptien. Les prix diffèrent d’un quartier à un autre et d’une région à l’autre. Cette étude note en outre, les principales causes de ce phénomène telles que la pauvreté, le divorce, le mariage orfi (temporaire) et le problème des filles de la rue.

 

(…)

 

Des parents n’acceptant plus d’assumer leurs responsabilités. Des mères dépourvues d’instinct maternel n’hésitent pas à brader leurs enfants. Pire encore, selon la sociologue, ces gens n’encourent aucune peine, puisqu’il n’est pas venu à l’idée des législateurs que ce genre de commerce pouvait avoir lieu et que le parent pouvait se comporter avec son enfant comme un maître avec son esclave.

 

La responsabilité de l’Etat

 

Hani Hilal, président du Centre des droits de l’enfant égyptien, met en accusation le gouvernement à cause de la situation économique désastreuse qui sévit dans le pays et la hausse du coût de vie. (…)

 

Mais s’agit-il d’actes spontanés et irréfléchis ? Des ventes sauvages si l’on y songe Evidemment pas. Un commerce a ses magnats. Derrière celui-ci se trouve un réseau bien organisé. Et du vendeur à l’acheteur, une liste de gens en tirent des profits : des infirmières, des femmes de ménage et des commissionnaires. D’un côté, les proies, à savoir des filles de la rue (sur 40 000 enfants de la rue, 30 % sont des filles) ou des filles mères abandonnées à leur sort ou ayant été roulées en faisant un mariage orfi. De l’autre, les intéressées : des femmes stériles prêtes à claquer de l’argent pour avoir un enfant. Un commerce fructueux où tout le monde trouve son compte.

 

(…)

 

Une vente sans aucune garantie

 

Or, les filles de la rue ne sont pas la seule source pour alimenter ce commerce. Il y a aussi la traite des blanches et les mariages orfi. Chaque été à la saison touristique, des milliers d’Arabes viennent passer leurs vacances et profitent pour consommer un mariage orfi, puis disparaissent dans la nature, laissant derrière eux le fruit de quelques nuits d’amour et une femme désemparée ne sachant quoi faire de cet enfant. Incapable de trouver le père pour lui donner son nom, elle se presse pour s’en débarrasser.

 

Et c’est à ce moment-là que les intermédiaires entrent en jeu, exploitant ainsi cette situation malheureuse pour tirer le maximum de profits. Les transactions débutent dès le début de la grossesse. Ils prennent en charge ces filles, les dorlotent jusqu’à l’accouchement, puis s’emparent du nouveau-né dont la commande est déjà passée soit par une famille aisée habitant en Egypte ou dans un pays du Golfe. Et ici commence le rôle du second intermédiaire : les femmes de ménage. Zébeida, une Koweïtienne, est stérile. Elle rêve d’avoir un enfant et craint que son mari ne prenne une seconde épouse. Grâce à sa femme de ménage, elle a trouvé une solution à son problème. Elle a fait croire à son mari qu’elle était enceinte et a passé la grande partie de sa grossesse en Egypte, puis est retournée avec un nouveau-né dans son pays. Et quand ce réseau est en manque pour satisfaire une commande, ce sont les infirmières qui se chargent de la mission en volant même un bébé du service. Dans un hôpital, d’un genre que l’on pourrait dire particulier, situé au quartier résidentiel de Garden City, Fayza, infirmière, donne un coup de main efficace au médecin et directeur de l’établissement. Ce dernier offre des séjours gratuits et fait des accouchements à des prostituées n’ayant pas réussi à se faire avorter à temps. En échange, elles doivent lui laisser leur enfant qu’il vendra plus tard en dollars.

 

Après la vente des organes qui a fait un tollé et dont les victimes ont été de pauvres malades, la crainte de voir un jour des marchands ambulants vendre à la criée des enfants, comme ils ont l’habitude de faire pour n’importe quelle marchandise, n’est pas tellement une fiction.

 


Source : Nulle part ailleurs, 30 000 L.E., adjugé, vendu, Al-Haram Hebdo, le 24 octobre 2007

 


Voir aussi sur notre site:

 

Le mariage temporaire en droit islamique - une violence sociale légitimée

 

L’auteur d’un livre sur l’esclavage en terre d’islam reçoit des menaces de mort

 

Les religions n’ont pas toutes le même message : Commentaire sur le christianisme et l’islam

 

Pour les femmes, l’Arabie est pire que Guantanamo

 

Monde - Esclavage en Islam

 

 

Liens externes:

 

 

Tourisme sexuel arabe

 

Les Saoudiens importent des esclaves en Amérique

 

One minor girl, many Arabs

 

Pas d'islam sans esclavage

 

622 au XXe siècle - L'esclavage en terre d'islam

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Jean Valette dit "Johanny" 15/02/2011 12:43



Bonjour Gérard ...


 


Donc il n'y a pas de petit profit dans une saine économie hallal mais une "morale" très très élastique !....