Enfin le CSA réalise que les primaires ont été des abus!

Publié le 16 Octobre 2011

Accusés d'avoir ignoré l'équilibre du temps de parole au cours de la primaire socialiste, les patrons des chaînes d'info sont convoqués lundi devant l'autorité audiovisuelle.

Xavier Bertrand à « Télématin », Jean-François Copé aux « Z'amours » et Raffarin en Miss Météo, voilà peu ou prou à quoi ressemblerait votre programme télé si les chaînes décidaient de rééquilibrer le temps de parole entre droite et gauche d'ici à la fin de l'année. Selon nos informations, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) recevra lundi « à 9 heures pétantes » les patrons des trois chaînes d'information en continu, iTélé, BFM TV et LCI. Outre une sévère leçon de maintien en perspective, les sages pourraient annoncer dès mercredi un panel de sanctions inédites.

Car, tandis que certains comptables évoquent une avance d'environ deux cents heures d'antenne pour le Parti socialiste, l'autorité de régulation du paysage audiovisuel français (PAF) a décidé de régler ses comptes avec ses mauvais élèves, à qui elle assure avoir adressé maints avertissements depuis l'été.

Delanoë décommandé

Imperceptibles pour le téléspectateur lambda, les effets de la menace du CSA ont pourtant déjà quelque peu bouleversé le casting des chaînes cette semaine. Notamment chez iTélé, où l'on s'est empressé de décommander Bertrand Delanoë, remplacé au débotté, jeudi soir, par la ministre UMP Nadine Morano. « Le sujet est tabou, et l'ambiance, un peu tendue », confirme l'une des présentatrices de la chaîne du groupe Canal+.

Sentant se lever l'orage, l'un de ses dirigeants confesse en « off » une forme d'amateurisme mêlée de contraintes d'Audimat. « Sauf que le phénomène est sans doute moins lié à la primaire qu'à l'affaire DSK. C'était le creux de l'été, il fallait remplir les journaux… et je ne pense pas que cela ait vraiment fait de la pub au PS. Nous ne pouvions quand même pas zapper la primaire… D'ailleurs, ce processus électoral n'existait pas lorsque le CSA a fixé les règles. Mais bon, je sais qu'il y aura remontée de bretelles lundi. »

Et certainement un peu plus. Jointe hier par « Sud Ouest », Christine Kelly ne cache pas son agacement. Selon la numéro deux du CSA, l'écart est historique. « Des chiffres jamais vus, comme cette radio à 148 % de temps de parole pour le PS par rapport à la majorité, des chaînes d'info à plus de 150 %, et même LCI qui atteignait les 200 % en août. C'est d'autant plus intolérable que nous les avions prévenus en amont, lors d'une réunion organisée le 1er juillet. Sans compter tous les mails que je leur ai ensuite envoyés. »

Balayant l'excuse d'une exception dictée par l'actualité, Christine Kelly soupçonne même la préméditation. « Je ne dis pas qu'il ne fallait pas couvrir la primaire, mais cela fait un an que tout le monde a eu le temps de s'y préparer. Certains ont su trouver l'équilibre. Pour les autres, je considère qu'il s'agit d'un dérapage délibéré. Et l'UMP n'est pas le seul parti à en être victime. Les médias n'ont pas à opposer pluralisme et liberté de la presse ; ils doivent les conjuguer. » Parmi les sanctions qui seront décidées mardi dans le secret d'une séance plénière, la conseillère du CSA évoque une graduation allant de simple remontrance jusqu'à de lourdes sanctions financières. « 3 % du chiffre d'affaires, c'est-à-dire des millions, la suppression d'écrans pub ou bien la lecture de communiqués à l'antenne. »

L'UMP en embuscade

Faut-il alors s'attendre à une omniprésence de la majorité présidentielle sur nos écrans dans les semaines à venir ? Rongeant son frein tout en fomentant sa riposte, l'entourage de Nicolas Sarkozy aurait entre autres discrètement proposé à France 2 d'organiser un débriefing 100 % UMP. « J'espère qu'ils n'ont pas osé, car ce serait un non radical », promet Élise Lucet. Reconnaissant avoir elle aussi sous-estimé l'engouement pour la primaire, la présentatrice du 13 Heures admet en revanche qu'un léger service après-vente s'impose. « Je pense que David [Pujadas] est en train de préparer quelque chose. Dans mon journal, nous avons anticipé en invitant plus de politiques de droite depuis une semaine. Pour le reste, on fera notre boulot de journalistes, mais nous ne rééquilibrerons pas artificiellement le temps de parole. »

Trop tard par rapport à l'ampleur du déficit, reconnaît de toute façon le CSA, où l'on assure par ailleurs ne pas souhaiter, à l'inverse, un rattrapage forcené. « Nous serons tolérants si la droite est légèrement surexposée dans les JT, mais pas plus. Pour les magazines - dont les trois débats faisaient partie - c'est différent, le délai pour l'équilibre passe de trois à six mois. »

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Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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francis Claude 16/10/2011 21:54



on nous prends vraiment pours des cons, mais qui a laisser les socialos deblaterer leurs conneries a longueur de journées le csa ils ne l'ont pas vu cette disfonction? (peut etre en rtt?) et le
PAF ils n'ont cas ce le mettre ou je pense...on ce moque bien des Français et cela doit leur plaire!!! 



Vanpyperzele 16/10/2011 11:03



A croire que ces médias sont a la botte des socialistes!!!



raymond 16/10/2011 11:02



c'est vrai que sur toutes les chaines ,ca n'etait que le grand guignol des primaires soso, c'etait a vomir  voir et revoir ces clowns,indigestion de fromages.on est pas gene de savoir
l'orientation politique de ces chaines"des grands journaleux independants",un grand nettoyage ferait du bien a toutes nos chaines au moins qu'ils ne soient pas tous aplaventistes.