« Entre 5000 et 10000 salafistes en France ». Préface Nancy Verdier

Publié le 31 Mars 2012

Femmes françaises portant la burqa.
Femmes françaises portant la burqa. Crédits photo : MIGUEL MEDINA/AFP

Voici un exemple de conformisme scientifique - qui pour donner une teinte plus douce aux évènements dramatiques récents de Toulouse et Montauban -, décrit une branche de l'islam - le salafisme - sur un mode "synchronique" qui se veut proche de la réalité et de la "vérité scientifique", mais qui en tire une conclusion superficielle et atone : "Aucun danger pour nous en France".

Cet article ne reflète en rien le fait que l'islam - plutôt qu'une religion - est un système politico-juridique et il ne tient pas compte de l'histoire de l'islam  qui tirant profit de ses multiples facettes, use d'une tactique graduelle pour pousser ses pions sur l'échiquier des nations afin de mieux les conquérir géographiquement et les dominer sous tous les aspects par la suite. 

Pourtant le chercheur fait bien apparaître trois facettes du salafisme qui correspondent à cette procédure de conquête en trois étapes : la présence furtive et tranquille pour commencer (mais le prosélytisme et la démographie feront le reste graduellement), l'option politique et enfin le djihad. Ces trois aspects sont conformes aux exigences coraniques. 

Bref un article  "scientifique" dont le but et  l'effet sont de calmer le jeu, de rassurer le quidam. Comme pour le nuage de Tchernobyl. "N'ayez crainte braves gens", le seul problème qui se pose - à nous français, sur notre sol -  est la compétition avec nos amis anglo-saxons plus pragmatiques que nous....

Nancy Verdier

 

LE FIGARO: Y a-t-il un risque salafiste en France?

Dominique THOMAS.- Le salafisme , tel qu'il est pratiqué en France n'est pas un danger pour la société. En effet, les musulmans qui se sont radicalisés jusqu'à la violence sont très peu passés par les cercles de ces prédicateurs salafistes. En tant que tel, le salafisme rejette la violence politique. Certes, la mouvance al-Qaida  et les djihadistes se recommandent du salafisme mais ce n'est pas le même salafisme que celui de ces prédicateurs.

Quelles sont les différentes formes de salafisme?

Il y a trois courants. Le premier et le plus important, est «quiétiste», traditionaliste. Il prône un retour aux textes fondamentaux de l'islam et accuse les autres musulmans de dénaturer l'islam. Mais il récuse tout engagement politique. Il a même pour principe que l'on ne peut pas se soulever contre le pouvoir politique musulman. Le deuxième courant est le salafisme «réformiste». Il est en plein développement au sein du printemps arabe. Il encourage au contraire à se constituer en partis politiques - ce qui est récent - en vue de se présenter à des élections. Le troisième courant, salafiste «activiste», djihadiste, est le plus limité. Il revendique la violence pour contester la légitimité des États et mène une lutte contre l'Occident. Ces trois mouvances sont en concurrence entre elles.

En quoi les quatre prédicateurs interdits de séjour ne seraient-ils pas dangereux? Ils sont explicitement antisémites…

Ils ont une vision conservatrice de la société qui peut se révéler difficilement compatible avec les valeurs de la société française. Quant à l'antisémitisme, il faut bien comprendre que ces prédicateurs s'inscrivent dans un contexte arabe dominé par la problématique du conflit israélo-palestinien. Ils surfent sur cette vague pour mobiliser. Ils se solidarisent, par devoir, avec le combat des populations palestiniennes. Tant que cet abcès ne sera pas crevé, ce risque de débordement sera présent.

Ces mesures d'interdiction du territoire seront-elles efficaces?

Ces mesures sont symboliques. Elles ne changeront rien à la présence des salafistes en France. Entre 5000 et 10000 personnes appartiennent à ce courant dans notre pays. Ils sont en progression. À l'ère du numérique, ces téléprédicateurs, connus dans le monde entier, sont accessibles par Internet ou par la télévision par satellite. Ces mesures ne peuvent donc pas contenir leur influence car ils sont très populaires. Abdallah Basfar, par exemple, l'un des six prédicateurs qui était attendu au congrès de l'UOIF, était un habitué de cette rencontre. Sans le drame de Toulouse, la présence de Basfar n'aurait posé aucun problème. Nous sommes en période électorale.

L'interdiction de la venue de ces prédicateurs aura-t-elle des conséquences dans le monde arabe?

La loi contre le foulard a déjà eu un fort impact. Mais il ne faut donc pas surestimer les conséquences négatives de cette affaire. L'enjeu, c'est la nouvelle génération de dirigeants qui émerge dans le monde arabe. Elle se réclame certes de l'islam politique mais il y a toutes les nuances possibles. Cette mesure risque donc d'être perçue comme un signe négatif. La question est la nouvelle cartographie politique du monde arabe. Les Anglo-Saxons, plus pragmatiques que nous, vont en tirer profit. Ainsi les Américains et les Anglais ont déjà pris contact avec beaucoup de ces nouvelles formations politiques qui ont émergé. (faut-il vendre la corde pour se pendre? ndlr Gérard Brazon)

LIRE AUSSI:

» Le djihadisme s'essouffle-t-il? 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Israël: une démocratie

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Bernard LAINÉ 05/04/2012 11:51


Aux responsables de ce BLOG.!


Difficile voire IMPOSSIBLE de joindre G. BRAZON


Pourriez-vous avoir l'amabilité de donner des adresses Mail FIABLES permettant de vous joindre normalement pour vous signaler quelques anomalies éventuelles (ou les rediffusions de vos articles,
si cela vous intéresse .!).


Merci

Claude Germain V 01/04/2012 09:34


Je regrette je n'appelle pas ces "choses" des françaises ......ça ressemble a quoi ça ????????qui c'est ????? ,qu'est ce que c'est ???? on ne sait meme pas si c'est humain ...............