Epître aux Européen - Par Michel Geoffroy

Publié le 25 Mars 2011

Epître aux Européens

En vérité je vous le dis, mes frères européens, vous êtes comme des enfants. Vous ne savez pas distinguer le bien du mal, le beau du laid, le juste de l'injuste, le vrai du faux. 
Il suffit de visiter vos musées ou de parcourir vos villes pour s'en rendre compte. Vous vivez dans un chaos.
Vous ne savez plus organiser ce chaos car on a embrouillé votre esprit. C'est pourquoi votre monde vous est devenu incompréhensible.

Vous avez suivi l'enseignement de mauvais maîtres qui vont ont inculqué le poison du relativisme et qui vous ont fait croire que toutes choses avaient une valeur égale. Ils ont aussi prétendu qu'il pouvait exister une morale commune à tous les hommes et que cette morale serait justement la vôtre. Ils ont prétendu que les différences n'existaient pas plus entre les hommes qu'entre les sexes. Ces erreurs, vous les avez à votre tour enseignées à vos enfants, en rompant avec l'héritage de vos ancêtres. Puis, vous avez laissé vos enfants livrés à eux-mêmes, par peur de l'autorité. Vous ne leur enseignez plus rien. Vous avez dilapidé par facilité le capital de votre civilisation, mes frères. Et cela en pure perte car, en vérité, ces mauvais bergers vous ont conduits sur la voie du nihilisme.

Vous allez maintenant devoir réapprendre tout ce que vous avez oublié et cet apprentissage sera douloureux, mes frères.

Vous allez devoir réapprendre que les hommes sont divers et que leur valeur repose justement sur leurs différences et non sur ce qu'ils peuvent avoir en commun. Ils n'ont d'ailleurs que bien peu de choses en commun, même pas leur nature. Cela aussi on vous l'a caché, mais ce que l'on nomme aujourd'hui immigration vous oblige à le redécouvrir. Ce qui fonde la valeur de la condition humaine réside dans ce qui n'est pas commun à tous les hommes. Car seule l'animalité est commune à tous.

Vous allez devoir réapprendre que l'homme n'est pas la mesure de toute chose. Vous avez divinisé l'homme et instauré son culte. Pour vos ancêtres les dieux se faisaient hommes. Mais vous avez inversé le panthéon européen, en prétendant que l'homme était supérieur à tout, même aux dieux. Vous serez châtiés pour cela, mes frères.

Vous découvrez aujourd'hui avec effroi qu'un monde réduit au seul horizon de la vie humaine, la vôtre, est vide de sens et désespérant ; que l'oubli des dieux et des héros vous conduit au néant ; que la domination du Veau d'or a rétréci non pas le monde, comme vous le croyez naïvement, mais seulement l'horizon de votre triste vie. Vos vies ont perdu tout sens et vous avez été condamnés, au surplus, à vivre de plus en plus longtemps. C'est cela l'enfer, mes frères.

Ceux que vous nommez les terroristes vont vous faire redécouvrir qu'il y a des choses qui ont bien plus de valeur en ce monde que le maintien de votre pauvre vie, mes frères. Car ce sont vos soldats, et eux seuls, qui ont peur de mourir à la guerre désormais. Il suffit de voir comment ils s'équipent, même quand ils combattent des enfants.

Vous prétendez vous êtes affranchis des dieux et de ne croire qu'à la raison. Mais en réalité vous cédez aujourd'hui partout devant ceux qui ont su garder leur foi dans ce qui dépasse la dimension humaine.

Vos mauvais bergers ont promis, avec leurs paroles mielleuses, de vous conduire vers le paradis terrestre. Mais le paradis ne peut exister sur terre. Le paradis se situe non dans l'avenir mais dans le passé, et vous en avez été chassés pour toujours. Le paradis terrestre des mauvais bergers n'est qu'un enfer et, une nouvelle fois, vous allez en faire la dure expérience, mes frères.

Votre vie s'est réduite à sa dimension matérielle, donc à l'obsolescence et à la consomption dans les flammes du besoin Car le système économique que vous avez mis en place repose sur le renouvellement permanent de la consommation de marchandises. Vous n'êtes plus qu'un rouage de l'économie, un pouvoir d'achat et une force de travail au service des marchands. Et encore, à la condition qu'ils ne trouvent pas ailleurs dans le monde une main d'œuvre moins chère ou plus docile.

Vous découvrez maintenant que vous êtes aussi devenus jetables, comme les biens matériels que vous ne cessez d'acheter sans but, seulement parce que vous obéissez aux commandements de la réclame. En vérité, vous êtes devenus des marchandises vous-mêmes. Votre vie n'a de valeur qu'à condition d'être monnayable.

Malheur aux pauvres car ils ont perdu toute possibilité d'exister dans cet enfer économique !

En vérité je vous le dis, vous avez perdu la mémoire de l'homme.

Vous croyez être les premiers hommes. Vous croyez que l'histoire a débuté avec vous. Mais vous êtes ignorants et présomptueux à la fois, mes frères.

Les civilisations humaines sont plus anciennes que la vôtre. D'autres ont existé avant et le souvenir s'en est perdu. Comme s'est évanouie la mémoire des cataclysmes et des tribulations qui les ont frappées.

Vous avez aussi oublié la nature de l'homme et sa violence. Mais cet oubli ne vous protégera pas du jugement de l'histoire. Car vous subirez la violence des autres hommes, contre laquelle vous n'avez pas su vous protéger. Vos mauvais bergers prétendent assurer partout votre sécurité alors qu'ils ont détruit les frontières, les Etats, les institutions, les cultures et les disciplines qui seules peuvent protéger les hommes contre eux-mêmes.

Vous vivez dans l'illusion d'être en mesure d'imposer, avec ce que vous pensez être votre supériorité matérielle, à tous les peuples de la terre vos croyances bizarres. Mais cette illusion aussi se dissipera, mes frères. Car vos mauvais bergers vous cachent que vous êtes de moins en moins nombreux, que votre civilisation a vieilli et que vous n'êtes plus en mesure d'imposer quoi que ce soit. Car les autres peuples ne croient plus en vous et ne vous craignent plus. Ils s'installent déjà chez vous sans réaction de votre part. Vous n'avez plus le monopole du savoir. Et encore moins celui de la force.

En vérité vous êtes comme des esclaves.

Vous n'avez plus ni patrie, ni famille, ni identité : vous n'avez que des maîtres. Mais vous aimez encore votre servitude car vous croyez qu'elle vous garantira l'aisance matérielle. Cette illusion aussi se dissipera !

Vos mauvais bergers prétendent que vous êtes de plus en plus libres, mais c'est pour vous perdre. Car ils vous ont seulement livrés aux lois impitoyables de l'économie et à l'égoïsme de ceux qui la dirigent. Ils vous ont soumis aux lois de la matière, en obscurcissant votre esprit et en détruisant tout ce qui pouvait vous protéger. C'est ce qu'ils nomment la liberté. Mais ce qu'ils nomment aujourd'hui démocratie n'est que le masque de l'esclavage politique, du servage économique et de l'abjection morale, mes frères. Car ces mauvais prophètes vous ont transformés en individus, atomes humains qui s'agitent en croyant trouver en eux-mêmes leur seule raison de vivre. Cette illusion se dissipera aussi.

En vérité, elle se dissipe déjà mais vos yeux ne le voient pas, vos oreilles ne l'entendent pas. Car vous ne voyez plus le monde qu'au travers des écrans que vos mauvais bergers ont dressés autour de vous, pour vous cacher la vérité.

En vérité, vous vivez dans la caverne : vous prenez les ombres qui se reflètent sur les murs pour la réalité. Vous êtes devenus idolâtres car vous prenez les images pour la réalité des choses.

Il n'y a pas d'autre solution que de sortir de la caverne et de briser toutes ces idoles, mes frères ! Prenez votre marteau et frappez fort !

Michel Geoffroy de Polémia

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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