Erdogan essaie de nous embrouiller en amalgamant islamophobie et antisémitisme par Sylvie Montout

Publié le 25 Mars 2011

par Sylvie Montout de Riposte Laïque

Décidément, M. Erdogan poursuit son offensive contre cette Europe qu’il veut tellement intégrer. Selon lui, l’islamophobie présente en Europe (ce mot idiot inventé par les très démocrates ayatollahs iraniens) est un crime contre l’humanité, au même titre que l’antisémitisme.

Un peu d’étymologie donc, M. Erdogan (ainsi que Mme Duflot et tutti quanti).
En ce qui concerne le mot « antisémitisme », vous voudrez bien noter que la référence aux «sémites» vise une notion de peuple ou origine ethnique, et non une religion. Il n’est pas ici question d’anti-judaïsme.
L’interdit visant l’antisémitisme s’applique à la volonté d’éradiquer un peuple, dont il se trouve qu’il est aussi seul porteur d’une religion. Il y a peu d’exemples de cette concordance absolue entre peuple et religion, mais un rapprochement peut cependant être fait avec les Arméniens, que votre pays a génocidés, et qui longtemps ont été porteurs de la seule église autocéphale d’Arménie. Encore se rapprochement est-il approximatif car il existe d’autres églises chrétiennes, et il y a maintenant des arméniens protestants ou catholiques.

Interdiction de l’antisémitisme donc, et non de la critique de la religion juive.
Nous avons parfaitement le droit de critiquer et de ne pas aimer les fondamentalistes de la religion juive pour leur rapport aux femmes, frappées d’impureté et très enfermées dans un carcan d’interdits.
Ce qui n’a rien à voir avec l’antisémitisme, qui se rapporte à la haine et au désir d’éradication d’un peuple, d’ailleurs largement répandu dans l’islam aujourd’hui.

Non , M. Erdogan, l’islam n’est pas un peuple et ne se confond en aucun cas avec une race. C’est une religion qui se veut universaliste, très prosélyte, et comporte donc des adeptes de toutes races et de toutes nations. C’est un corpus d’idées, comme toute religion, que l’on a parfaitement le droit de critiquer et même de ne pas aimer du tout pour sa haine et sa peur pathologiques des femmes, objets de toutes les violences et au mieux mineures perpétuelles à « protéger » et surveiller. Au point qu’on peut se demander ce qu’il resterait de l’islam s’il renonçait à cette haine qui lui sert de colonne vertébrale.
Et ne nous sortez pas le sempiternel « c’est pas l’islam, c’est la société patriarcale ». L’islam, qui a force de loi, consacre la domination de l’homme sur la femme, justifie la « punition » des femmes par les hommes, même s’il prône une certaine retenue. Il laisse donc le champ libre aux pires violences, qu’il se garde bien de punir à l’égal des violences contre les musulmans hommes.

Dans votre doux pays qui veut tant intégrer l’Europe, les « crimes d’honneur » et autres violences faites aux femmes ont dramatiquement réaugmentés depuis que vous et vos amis « islamo-conservateurs » êtes au pouvoir , la religion musulmane « libérée » retournant à ses vieux démons, toute pénétrée qu’elle est du droit de contrôle absolu des hommes sur les femmes.
Dans votre doux pays existe le délit de blasphème, puni de quatre ans de prison. Bon, ce n’est pas la peine de mort comme au Pakistan……mais faut-il vous décerner pour cela un brevet de laïcité et de liberté de pensée ? Certainement pas.
Non M. Erdogan, nous ne voulons pas du délit de blasphème, que vous chercherez à nous imposer, si vous intégrez l’Europe.
Et d’ailleurs, pourquoi vouloir à tout prix intégrer l’Europe, alors que tout vous révulse en elle, et que vous ne voulez y pénétrer que pour la changer ?

L’islam, discret au début, nous a imposé contre notre volonté le voile dans toutes les rues de notre pays, alors que ce voile (même dit simple) viole gravement notre conscience et notre histoire, et nous offense profondément. Et cela dès qu’il s’est senti assez fort, comme il l’a fait toujours et partout. C’est donc notre droit le plus absolu de nous révolter contre ce viol insupportable de nos consciences.

Pour tout vous dire, nous en avons plus que marre de cette attitude « révérencieuse » envers les religions, qu’on cherche à nous imposer de force, y compris une gauche qui fut le fer de lance de la lutte contre l’hégémonie religieuse et qui a retourné sa veste de façon dramatique, par pur opportunisme, et une droite qui fait de même.

Si chacun a le droit de croire, ou de changer de religion (n’est-ce pas, M. Erdogan), de ne pas croire ou de ne plus croire, ce n’est pas une raison pour nous forcer à accepter les aspects totalement réactionnaires de certaines religions, et de la votre en particulier, visant une partie des humains, tels que les femmes (ou les castes inférieures pour d’autres…….Ceci relève du domaine social et politique, et non de la relation à Dieu.
L’islam ne sépare pas la religion du domaine du droit civil, social et politique ? Eh bien ce n’est pas le cas chez nous, et nous n’avons pas l’intention que cela change.

Où s’arrêtera-t-on, à la fin, dans cette révérence envers n’importe quelle horreur, du moment qu’elle est religieuse ?
En cas de renaissance des religions aztèque ou inca (tout est possible après tout), faudra-t-il accepter les sacrifices humains ? Car, ne vous faites pas d’illusions, il y aurait des volontaires pour s’offrir en sacrifice et rejoindre ainsi directement leurs dieux. C’est bien déjà le cas avec les « bombes humaines » islamiques.

Non, M. Erdogan, la critique même virulente de l’islam n’ a rien à voir avec l’antisémitisme et nous prétendons conserver ce droit d’inventaire concernant les religions.

Sylvie Montout

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique étrangère

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