Eric Zemmour est-il un cas d'école pour les matheux et les probabilités?

Publié le 7 Avril 2010

             C'est un courriel d'une amie qui me signale, concernant "l'affaire Eric Zemmour" qu'il y a au moins deux façons d'aborder le "cas". Celle basique qui plaît à nos défenseurs des droits de l'homme qui aiment et recherchent le "propos scandaleux" forcément "nauséabond" selon la terminologie habituelle de ces nouveaux dictateurs de la pensée.

Et celle d'un prof de math Jean-Michel Claverie qui décortique et énonce des théorèmes comme celui de Thomas Bayes que je ne connais vraiment pas.

Voici donc le commentaire du prof. Je ferai le mien ensuite.

 

           Ce n'est pas tous les jours qu'être un peu "matheux" peut aider à défendre la liberté d'expression. Tiens, on va aider Zemmour, même s'il n'est pas toujours sympathique, à se dépêtrer de la Licra qui décidément tire sur tout ce qui bouge, des pigistes du Figaro aux humoristes anarchistes (on se souvient du procès contre Siné).

              M. Zemmour donc, se retrouve condamné par toutes les bonnes consciences pour avoir proféré ces paroles sacrilèges : "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes". Mon conseil à Zemmour est de prendre comme avocat un prof de math (d'abord ils sont moins chers) qui seul pourra irréfutablement démontrer à la cour que ses propos ne constituent pas une attaque raciste. Car ce qui est condamnable, ce n'est pas de constater statistiquement que "la plupart des trafiquants sont noirs et arabes", mais de prétendre en déduire, comme le font ses accusateurs, que "la plupart des Noirs et des Arabes sont des trafiquants", un propos qui, lui, tombe clairement sous le coup de la loi.

            Or, comme l'a démontré le peu médiatique Thomas Bayes, un pasteur et mathématicien qui vécut à Londres dans les années 1750, le premier énoncé n'implique absolument pas l'autre, loin s'en faut.

             Dans le cours que je donne chaque année à mes étudiants, je leur montre, en utilisant le fameux théorème de Bayes, que la proportion des émigrés parmi les délinquants peut largement dépasser 50 % (propos de Zemmour) sans que la proportion des délinquants parmi les émigrés (le propos raciste) soit beaucoup plus élevée qu'elle ne l'est parmi la population des Français "de souche", chère à Gérard Longuet.(techniquement la "probabilité conditionnelle").

              Et si l'on introduit, en plus, le fait avéré que le taux de délinquance est plus fort parmi les tranches de population à bas revenus, on peut même trouver des situations où les émigrés sont simplement plus vertueux que les franchouillards, dans toutes les tranches !

La formule (de Bayes) qui relaxe immédiatement Zemmour, la voici : p (trafiquants/émigrés) =  p(émigrés/trafiquants) x p (trafiquants) / p (émigrés) soit: A = B x C / D

Application numérique : avec B=1/2, C=1/10 000 et D = 1/10,

La proportion des trafiquants parmi les émigrés est de 1/2 000 ! Pas de quoi justifier de renvoyer chez eux les 1 999 autres qui ne font rien de répréhensible. Une autre chose que montre ce calcul, c'est l'influence terriblement négative que peut avoir une infime fraction de délinquants sur la perception de la minorité dont ils sont issus. Pour garder votre souplesse d'esprit, pratiquez le "retournement bayésien" une fois pas jour !

Jean-Michel Claverie est professeur de génomique et bioinformatique médicale, faculté de médecine, Université de la Méditerranée, Marseille.  Il est aussi directeur du laboratoire "information génomique & structurale"

                 

                Si vous avez suivi le raisonnement de ce prof très raisonnable et ma foi juste dans la morale de l'histoire vous avez sûrement fait la même déduction que moi. Car il y a un bémol de taille dans la formule. Pour la résoudre il nous faut absolument connaître une valeur primordiale c'est à dire, le nombre d'étrangers, immigrés ou non, en France. Nous n'avons aucun chiffre absolu puisqu'il est toujours interdit de connaître la population vivant en France en la classant par ethnie contrairement à ce qui ce fait en Europe.

            Nous savons le nombre de naturalisations par an, (100 000 en 2008, idem en 2009) nous connaissons le nombre de clandestins régularisés, (30 000 en 2009). Nous avons une petite idée du nombre de clandestins réels par recoupement, mais nous restons dans l'ignorance du nombre total d'immigrés clandestins vivant sur notre sol.

             De plus, puisqu'il s'agit des terminologies Noir et Arabe, cela implique automatiquement les nationaux y compris ceux qui ont toujours été français (Les antillais, les Réunionnais, Mayotte, Tahiti, etc.). Ceux qui ont été naturalisés, ceux qui sont issus de parents immigrés mais qui n'ont pas encore choisi leur nationalité et ceux qui sont nés français de facto parce que leurs parents sont français. En conséquence, le pasteur Thomas Bayes en 1750 ne pouvait pas le savoir mais un prof de math d'aujourd'hui le sait y compris un prof de Marseille !

Gérard Brazon

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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Gérard Brazon 07/04/2010 20:29



Les sociologues nous mentent? Ou déguisent-ils la vérité? Mais pourquoi donc? Tout
simplement parce que la marche est haute entre le formatage qu'ils ont subi et la réalité des faits qui sont têtus le plus souvent. Alors ils mettent des marches intermédiaires. N'osent imaginer
qu'ils va falloir revoir leur cursus et progresser sur des chemins qui jusqu'à présent étaient et restent encore interdits pour la plupart. Ces chemins forcément noirs et nauséabond comme ils
disent. Ils ne peuvent pas être des chemins ou la vérité pourrait éventuellement fleurir. C'est impossible!
Que dire du fait que le mot "éducation" n'ait pas la même signification pour une famille africaine, une famille maghrébine et une européenne et singulièrement française. La famille ne recoupe pas
les mêmes périmètres. Le père la mère n'ont pas les mêmes prérogatives et surtout le collectif, le village n'a pas un droit de regard sur l'enfant comme en Afrique ni même l'oncle, la tante, etc.
La culture est la clef de tout. Ils reconstruisent un petit village dans l'appartement et quand il n' y a pas de place, les enfants sortent et vivent dehors.Sauf que dehors il n' y a plus le
village où chacun regarde et intervient. Ce n'est pas la couleur qui fait l'éducation, ce n'est pas le désert, mais c'est la culture et malheureusement, le fait culturel est négligé en France par
peur de paraître vouloir imposer notre culture française sous prétexte d'une précédente colonisation des âmes.
C'est donc l'invité qui dicte et non l'invitant qui affirme ses règles. C'est l'invitant qui n'ose pas dire que l'on ne peut pas mettre les pieds sur le canapé chez lui de peur de vexer l'invité.
Lui qui n'a pas retiré ses chaussures.
Il faut revenir à des règles simples. des règles d'écoute et de bonne éducation. Ce que les sociologues n'osent pas dire puisqu'ils sont encore sous le schéma des blancs colonisateurs et anciens
esclavagistes dont on nous rebat les oreilles depuis 20 ans. Jusqu'à la nausée
C'est sur ce complexe qu'ils bâtissent un monde en dehors de la réalité. On ne peut pas dire en France qu'un noir, un arabe est un délinquant aussi facilement que l'on peut le dire d'un blancs
voire et surtout un français de souche! Les sociologues sont dans une impasse idéologique profonde et ils ne le savent pas encore tant la prise de conscience signifierait pour eux une descente
aux enfers. Une déconstruction de leurs états d'âmes.


 Gérard Brazon



El borak 07/04/2010 20:00



Je propose tout simplement aux gens qui se posent des questions,une promenade nocturne dans les cités du 93,ils prennent leur calepin et pourront faire leur propre équation sans partie
pris,scientifique et mathematique, sans politique.


C'est au pied du mur que l'ont voit mieux le mur.


 



brevail 07/04/2010 19:15



Le raisonnement est très bon mais l'une de ses hypothétiques conséquences se voit démentie par l'étude suivante.


http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2007/07/21/une-etude-sur-la-delinquance-des-jeunes.html#comments


Les populations d'origines africaines seraient donc sur-délinquantes dans toutes les catégories sociales. Résultats gênants qui expliquent peut-être sa faible médiatisation et l'ostracisation de
ses auteurs.



Philippe 07/04/2010 19:10



Dans le cas de Zemmour, "celui qui dit la vérité doit être exécuté !"


J'aime beaucoup le personnage et je prends naturellement fait et cause pour lui mais je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose cloche dans le paysage.


Depuis le temps que le trublion Zemmour se place dans des postures sémantiques à faire frissonner d'aise un le Pen de base, je me demande comment, depuis que dure ce manège , nos vertueuses assoc
antiracistes ne l'ont-il pas plus tôt cloué sur une croix.


A moins d'une complicité active du pouvoir ? Je m'interroge, mais peutêtre suis je parano !!