Eric Zemmour tacle la politique anti-sociale de Delanoë à Paris

Publié le 30 Janvier 2013

Éric Zemmour : Delanoë contre les travailleurs, les familles, les pauvres, les banlieusards et les classes moyennes

Éric Zemmour : Delanoë contre les travailleurs, les familles, les pauvres, les banlieusards et les classes moyennesLe Zemmour du mardi. L’éditorialiste réagit ce matin à la fermeture des voies sur berge de la Rive gauche : « Ne dites pas à Bertrand Delanoë qu’il y a à Paris des gens qui travaillent. Il croit que la ville lumière est uniquement un site somptueux, pour touristes et flâneurs. Ne lui dites pas qu’il y a à Paris des familles, avec enfants en bas âge, que les poussettes ne sont pas vraiment pratiques dans le métro, il croit que les mères déposent leurs bébés sur les porte-bagages de leurs vélos . Ne dites pas à Delanoë que les voitures chassées des quais remonteront au-dessus et provoqueront des embouteillages très polluants. Delanoë ne conduit pas, il n’a pas son permis mais il a un chauffeur. Et ne dites pas à Bertrand Delanoë que Georges Pompidou est mort. Il se voit encore sous les traits du jeune militant socialiste qu’il fut dans les années 70, ferraillant contre le Président qui avait décidé d’adapter Paris à la bagnole. Ah, jeunesse enfouie ! Delanoë prononce de beaux discours sur le Grand Paris mais met les banlieusards à la porte : ‘Ne laissez pas vos sales voitures qui puent polluer l’air si pur de la ville lumière’ ».

« Sans le dire, Delanoë ressuscite l’octroi, qui interdisait sous l’Ancien Régime, d’entrer dans Paris sans payer une taxe. »

L’exemple de Londres et ses péages ? « Delanoë n’ose pas – il est de gauche, que diable ! – assumer les péages à l’entrée de la capitale comme ont déjà instauré en effet les édiles de Londres et Stockholm. Mais les résultats de son action sont les mêmes : non seulement il boucle les quais, mais en plus, il vient de fermer la Place de la République à la circulation, comme pour interdire le centre de la ville aux habitants des quartiers populaires de l’Est parisien. Salauds de pauvres ! Sans le dire, Delanoë ressuscite l’octroi, qui interdisait sous l’Ancien Régime, d’entrer dans Paris sans payer une taxe. Les socialistes reprochaient jadis à Chirac de chasser les pauvres mais toute leur politique, du tramway au quai piétonnier, fait monter les prix de l’immobilier et évacue de la capitale les résidus de classe moyenne qui y subsistaient. Les bureaucrates de la mairie de Paris, enfermés dans l’Hôtel de ville comme des Mandarins dans la Cité interdite, prétendent rendre les quais aux Parisiens. Mais comment leur rendre quelque chose qui ne leur a jamais appartenu ? Historiquement, les quais de la ville étaient avant tout un port où l’on déchargeait les péniches : le vin à Bercy, ailleurs le cuir, le charbon. Seule une petite portion des quais était réservée aux promeneurs, qui n’a d’ailleurs pas souffert de la voie Pompidou. Paris n’a jamais été cette ville verte et silencieuse dont rêve la Mairie de Paris, mais une cité grouillante, bruyante et sale. Et laborieuse. Plus près de Shanghai aujourd’hui que des jardins suspendus de Babylone. Delanoë poursuit un mythe esthétisant qui finira par transformer Paris en Venise, une sublime ville morte. »

 

 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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