Est-ce cela le "Printemps arabe"? vu du Maghreb.

Publié le 16 Septembre 2011

Le parti islamiste Tunisien propose une "avancée" forte qui consiste tout simplement à nier les avancées démocratiques du Président Bourguiba. Des avancées perverties certes par Ben Ali mais toujours présentes au moins pour les libertés féminines. Si l'Ennahda, le parti islamique tunisien devient majoritaire, il fera passer la Tunisie de territoire de la modernité, de la démocratie, des droits de la femme tunisienne à la pénombre islamique au nom d'Allah. 

Printemps arabe? Sur ce site, je disais cet été mes doutes et mes certitudes. Le Maghreb (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie) vont passer du statut de dictature civile à celui de dictature religieuse avec la bénédiction des pays occidentaux. La question est: comment se débarrasser d'une dictature religieuse puisque le virus est dans la tête. La plupart de ces peuples qui abordaient l'équivalant de notre renaissance et pour d'autres étaient déjà au 20 siècle comme la Tunisie, vont se retrouver plongés en plein Moyen Âge. A quand les lapidations et pendaisons sur les différentes "places des libertés" de ces pays?

Gérard Brazon

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ELECTION DE LA CONSTITUANTE EN TUNISIE

Ennahda veut une démocratie basée sur les valeurs de l'islam

Le mouvement islamiste tunisien Ennahda, grand favori de l'élection du 23 octobre, veut construire «un régime démocratique basé sur les valeurs de l'islam», a déclaré hier son président Rached Ghannouchi lors d'un congrès de présentation de son programme à Tunis.
Devant plus d'un millier de personnes réunies au palais des Congrès, la direction du mouvement a présenté un programme intitulé «pour une Tunisie de la liberté, de la Justice et du développement».
«La Tunisie d'aujourd'hui et de demain doit s'appuyer sur son identité arabo-musulmane», a déclaré M. Ghannouchi en énumérant les priorités de son parti: instauration d'un régime parlementaire, lutte contre le chômage et la corruption, indépendance de la justice, respect de l'égalité homme/femme.
«Nous proposons aux Tunisiens la mise en place d'un système politique qui extirpe les racines de la dictature», selon un programme en 50 pages distribué par Ennahda, mouvement qui fut durement réprimé sous le régime Ben Ali. «Notre programme vise à mettre en place un modèle de développement national ayant comme points de repère les valeurs islamiques», ajoute Ennahda, qui revendique souvent sa proximité idéologique avec l'AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie. Face aux inquiétudes qu'ils suscitent, notamment dans les milieux intellectuels et laïques tunisiens, les islamistes s'engagent à «garantir la liberté de croyance et de pensée» et «les droits des minorités religieuses», et à «préserver les acquis de la femme», qui jouit d'un des statuts les plus avancés dans le monde arabo-musulman.
Le texte entend notamment «protéger la liberté de la femme contre toute imposition de style vestimentaire» et garantir son «droit au travail». Dans le volet consacré à la famille, il prévoit «de remédier au problème des mariages tardifs et endiguer les causes du divorce», sans plus de précisions. Sur le plan économique et social, Ennahda se donne pour objectif de «ramener le taux de chômage à 8,5% à l'horizon 2016 en créant 590.000 emplois au cours du prochain quinquennat».
Le taux de chômage actuel est de 19%, selon les derniers chiffres officiels. Ennahda vise «un taux de croissance annuel moyen de 7% sur la période 2012/2016», alors que l'économie tunisienne est officiellement en récession (-3% au premier semestre 2011).
Le parti entend renforcer les liens avec les pays arabes et accéder au statut de partenaire privilégié de l'Union européenne. Ennahda est régulièrement donné comme grand vainqueur de l'élection d'une assemblée constituante prévue le 23 octobre prochain.
Les sondages - à la fiabilité incertaine toutefois - le créditent de plus de 20% des voix. Dans son programme, le mouvement islamiste préconise la formation d'un gouvernement d'union nationale après l'élection de la constituante et promet qu' «aucun Tunisien ne sera exclu».
Les détracteurs d'Ennahda l'accusent de tenir un «double discours», officiellement modéré mais réactionnaire à la base.


Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Le Nazislamisme

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