Essai de décodage du projet de sortie de l’U.E par la Grande Bretagne. Par Michel Cataneo

Publié le 31 Janvier 2013

 Par Michel Cataneo Pour "Puteaux-Libre"

Essai de décodage du projet de sortie de l’U.E par la Grande Bretagne Ca y est, la Grande Bretagne s’apprêterait à  quitter l’Union Européenne : S’agit il d’une promesse électorale de Cameron à la veille de nouvelles élections (et qui, au-delà de la surenchère verbale pour tenir les rangs de la droite, n’aura probablement pas vocation à se réaliser par la suite) ou d’une nouvelle étape cruciale de la diplomatie Britannique ?

La Grande Bretagne, par définition insulaire, a toujours dû faire le grand écart entre d’un coté son alliance atlantiste avec son ancienne colonie d’Amérique du nord et de l’autre son implication historique au sein de la vieille Europe continentale.

En ce qui concerne l’Europe, la Grande-Bretagne tout au long des siècles a toujours cherché à diviser pour régner, dans les pas de Machiavel : Ainsi elle a multiplié jadis les alliances tantôt avec l’Allemagne pour affaiblir son cousin Français, tantôt avec la France pour contrer une Allemagne trop puissante…

Or, du moins symboliquement, l’union européenne s’est officiellement construite sur les bases de la réconciliation Franco-allemande et ces deux pays ont toujours recherché par la suite à demeurer l’ossature de ce projet de construction européenne (avec des hauts et des bas).

Cet « axe » serait donc directement visé par la manœuvre.

Si l’on observe rétrospectivement ces dernières décennies, il apparaît que l’Allemagne réunifiée est de plus en plus dominante économiquement en Europe continentale et donc la Grande Bretagne, si elle va jusqu’au bout de la logique décrite ci-dessus, pourrait amoindrir la puissance économique Allemande sur le continent en quittant l’union européenne, car, au-delà de sa symbolique politique cet acte pourrait entrainer d’autres pays sur cette voie en créant un précédent par un effet boule de neige ( sans parler de la fin probable de l’Euro, déjà affaibli par les dernières crises financières).

Concernant à présent le monde anglo-saxon, la Grande Bretagne est un fidèle allié des Etats-Unis et leader du Common wealth.

Acteur majeur de l’ultra libéralisme depuis les années Reagan et Thatcher, elle veille depuis son adhésion …rendu possible seulement après le décès de De Gaulle, à ce que la logique du marché l’emporte sur la logique des institutions politiques en Europe.

Le lobbying américain, initié à Bilderberg, par le biais des banques d’affaires, des multinationales et des cabinets d’affaires anglo-saxons a œuvré pour créer et diffuser les normes juridiques internationales destinées à crée les conditions du mondialisme économique auquel nous sommes soumis et qui lui a  largement profité jusqu’à nos jours.

Les Anglo-saxons ont tant et si  bien réussi leur manœuvre que la dilution (acceptation de nouveaux membres en nombre, rendant ingérables les institutions)  est devenue la norme européenne, plutôt que le choix de l’approfondissement vers une Europe politique entre Etats voisins peu nombreux avec une économie homogène.

Pourtant, dans une vision démocratique et humaniste remettant l’homme au centre, il est inconcevable que les marchés priment sur l’intérêt du citoyen et, de ce point de vue, une sortie de l’Angleterre de l’Union Européenne pourrait permettre une salutaire remise à plat des traités ultralibéraux qui lient les Etats membres et les empêchent de pratiquer des politiques efficaces à leur échelle pour le bien être des populations concernées, notamment pour lutter contre le chômage, qui n’a fait qu’augmenter.

Ainsi, la France et d’autres pays pourraient également proposer un referendum à leurs nationaux, qui ont été bâillonnés au sujet de la construction de l’Europe.

Par contre ne nous leurrons pas concernant le cas de la Grande Bretagne, au-delà de la forme (le referendum) qui peut être retenue, sur le fond son but est de conserver le volet économique tel quel, c’est à dire un grand marché ultralibéral détruisant peu à peu les pays et les législations pour mettre les populations à la merci des banquiers et autres multinationales.

Il y a cependant là une ambigüité que les Etats-Unis eux-mêmes semblent avoir relevé : la Grande Bretagne pourrait-elle conserver la même influence en dehors des structures européennes ? Une sortie permettrait elle d’affaiblir l’Europe sans effet boomerang ? (les USA sont déjà préoccupés par le pacifique et la Chine).

Car la Grande Bretagne tout comme l’Allemagne tiennent à conserver un pouvoir régalien et une certaine indépendance politique.

Quoi qu’il en soit, si la Grande Bretagne sort effectivement dans les mois ou prochaines années de l’Union Européenne, espérons que la France saisira cette chance pour consulter le peuple par référendum et construire une Europe des Nations dans une confédération librement consentie, respectueuse des Etats Nations et replaçant le bonheur du citoyen et l’épanouissement dans le travail au centre des préoccupations européennes, pour le profit à long terme de tous.

Michel Cataneo

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Michel Cataneo

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island girl 01/02/2013 08:28


C'est le commencement de la fin ...de l'europe ...

Epicure 31/01/2013 12:56


La guerre, sous uen forme ou une autre...., reste bien au programme....