Et les journalistes fêtèrent leur poulain Hollande comme Gorgias fit l’éloge d’Hélène…

Publié le 11 Mai 2012

 on 10 mai 2012 

Entre le sophiste et le journaliste, il n’y a plus rien. C’est-à-dire qu’il n’y a rien. Rien qu’une machine auto-subsistante, application conscientieuse et méthodique de la même idéologie, destruction encore plus méthodique du politiquement incorrect et de la curiosité individuelle du citoyen. Terra Nova, le think thank du PS, a raison : « la formation des journalistes est un objectif prioritaire ». Une méthode qui paye. Depuis le 6 mai 2012, et après une campagne anti-sarkozyste d’une violence inouïe, la gauche a tous les pouvoirs. Car elle avait déjà le plus important : cette forme de totalitarisme occidental qu’est le journalisme de gauche.

 

Le sophiste sait convaincre n’importe qui de quoi que ce soit. Lorsque le sophiste Gorgias fait l’éloge d’Hélène, il défend certes l’indéfendable – celle qui a causé la terrible guerre de Troie, mais plus encore, il élève son auditeur à ses propres points de vue sans avoir à le convaincre.  Non pas en accompagnant sa pensée, mais en la manipulant, en exercant un pouvoir sur la manière même dont les idées de son auditeur doivent se manifester – elle touche à la logique de l’idée : c’est-à-dire à l’idéologie. Et Gorgias le sait : « le discours est un tyran très puissant« . Il rend celui qui le maitrise tout puissant, ajoute le Gorgias de Platon, au-dessus des artisans les plus qualifiés et des politiques les plus puissant. Car il s’adresse aux idées elles mêmes et à leur logique de déploiement. Le journaliste ne permet pas que la pensée de son lecteur se déploie d’elle-même : il cherche plutôt à en contrôler le déploiement. Finalement, les médias sont à la victoire de Hollande ce que Gorgias est à la guerre de Troie : leur justification la plus profonde et leur défense la plus acharnée.

Socrate du peuple face au sophiste de la com’. Une défense qui n’a pas hésité  à ostraciser (renaud Camus par exemple), à banir (Ivan Rioufol par exemple), à insulter (Sarkozy et certains membres de son gouvernement). Nul n’est désormais en mesure d’être totalement libre face au dogme de la bienpensance et de ses inquisiteurs. Socrate, qui s’est justement opposé aux rhéteurs, en offrant sa vie au réel plutôt que de se laisser prendre par les techniques d’abrigation et de manipulation du réel, en fit les frais. Nombreux sont ceux qui en firent les frais. Nombreux sont ceux qui en font encore les frais. Et pendant que certains pleurent, d’autres sont en joie. Ces mêmes inquisiteurs peuvent maintenant , après avoir été militants, et collaborateurs, s’arroger en tout droit la palme de la victoire. Le peuple n’en sera plus dupe pour longtemps. Pour autant que des Socrate ne se laisseront pas prendre au jeu.

Hollande, médias de gaucheQuelques lignes fictives, comme l’éloge d’Hélène, trouvée chez nos confrères duRouge et le Noir  qui en disent bien long sur l’auto-satisfecit (justifié) des rédactions après la victoire de Hollande. Fictives, elles le sont – mais elles signifient beaucoup…

Richard-François Katz, journaliste, écrivain, rédacteur en chef de l’hebdomadaire et site internet Bastille89 :

« La vérité, c’est que mes amis et moi sommes bien embêtés. Nous travaillons depuis cinq ans à voir l’avènement de la gauche à l’Elysée et au Parlement… Pourtant, Nicolas Sarkozy était un si bon client ! Grâce à lui, nous avions des « unes » toutes faites chaque semaine ! Nous ne pourrons faire de même avec le nouveau régime, avec lequel nous sommes déjà liés… Allez, je l’avoue, ces cinq années m’ont fait rajeunir : grâce à Sarko, j’ai pu enfin jouer au résistant, ressuscitant le Conseil national de Jean Moulin et écrivant des appels à la désobéissance civile sans me faire arrêter… Mais c’est « off », bien sûr ! »

Deborah Gump, essayiste, journaliste, chroniqueuse au Monde et au Nouvel Obs, auteur de La laïcité républicaine contre les religions homophobes, maître de conférences à Sciences Po :

« Evidemment, l’élection de François Hollande, que nous avons méthodiquement soutenu, est une bonne nouvelle, car elle permettra la réalisation de causes pour lesquelles nous nous battons : le mariage entre personnes de même sexe, l’adoption pour les homosexuels, l’euthanasie, les mères porteuses, la laïcité dans la Constitution, le droit de vote des immigrés… Toutefois, sachez que nous ne sommes pas des militants socialistes : nous sommes au-dessus du peuple. Nous sommes des journalistes auréolés du prestige de notre corporation. Nous sommes des universitaires, des maîtres qui délivrent la Vérité, des experts autoproclamés mais respectés comme tels. Nous sommes des personnages n’existant que grâce aux médias, mais nous sommes les médias. Nous sommes intouchables, vous comprenez ? Que la France soit à gauche ou à droite, nous sommes là, et nous œuvrons avec la même constance pour nos idées.

Finalement, la présence de notre obligé à l’Elysée ne changera rien : nous serons toujours là, à l’affût, prêts à crier au fascisme dès qu’il sera question d’immigration et d’islam, à l’homophobie quand le sens de l’Histoire n’ira pas assez vite, au conservatisme lorsque les barrières de la société traditionnelle feront mine de résister, au populisme si quelqu’un se met sur notre route. C’est nous qui donnons les diplômes de bonne conduite. Nous ne serons jamais contents. La gauche ne sera pas épargnée, et nous la critiquerons quand il le faudra. Vous voyez : quel que soit le régime, nous sommes gagnants, et c’est ce qui compte pour survivre.  »

Vivien Hoch, pour itinerarium 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Islamisation française

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