État islamique en Irak : vrais ou faux islam ? Menaces sur l’Europe - Par GUILLAUME FAYE

Publié le 15 Août 2014

     Source: GFaye.com  

Les atrocités et les actes de barbarie commis par les bandes armées djihadistes en Irak qui persécutent, chassent et massacrent les chrétiens, les Kurdes et les autres minorités ne sont évidemment pas le lot de l’immense majorité des musulmans. Néanmoins, il est erroné de dire, comme tout le monde le répète à l’envi (surtout les autorités et intellectuels musulmans) que tout cela ” n’a rigoureusement rien à voir avec l’islam authentique”. Malheureusement, si.

Cette intolérance absolue, cette fascination pour la mort (châtiment des autres et sacrifice de soi en martyr), cette obligation menaçante des conversions, cette infériorisation de tout ce qui n’est pas sunnite intégriste, cette conception dictatoriale et théocratique du pouvoir sont fondamentalement et virtuellement inscrites dans les sourates coraniques. Elles correspondent d’ailleurs aux comportements du premier dhihad, à partir du VIIe siècle. Porter la foi par la guerre fait partie des fondamentaux de l’islam, qui a toujours été fasciné par la violence – au service de la paix finale, bien entendu. La conversion ne se fait pas par la persuasion mais par la contrainte et la peur, peur d’abord d’un Dieu unique, impitoyable avant d’être miséricordieux. Le totalitarisme chimiquement pur a été inventé par cette ”religion–idéologie” et non pas, comme le soutenait faussement Hannah Arendt, par le communisme, le nazisme et le fascisme.

Par définition, l’islam est violent, invasif, universaliste, prosélyte, intolérant – davantage encore que les formes les plus aigues du christianisme offensif jusqu’au XVIIe siècle. Fondé sur la culture arabe ancestrale, il ne met entre parenthèses cette caractéristique que face à une force supérieure. Là, il fait le dos rond, ploie, recule provisoirement et pratique la ruse. À part dans le soufisme (branche minoritaire et schismatique), il repose sur l’affrontement – celui qu’implique la croyance en une Vérité absolue à imposer à tous – et non pas sur l’intériorité, la réflexion et la foi personnelles. La différence (psychologique et théologique) est majeure avec le judaïsme : ce dernier, bien que persuadé de détenir la Vérité, ne fait pas de prosélytisme, pas de conversions par la violence, mais demeure une religion ethnique et fermée. La sécurité, l’influence du peuple juif, qui se pense comme éternellement minoritaire et à part, sont des priorités ; à l’inverse de l’islam d’origine arabe, qui veut régenter toute l’humanité et impose les concepts délirants d’ ”infidèles” et de ”mécréants”. Position totalement étrangère aux cultes polythéistes et à toute la culture européenne, que le christianisme a d’ailleurs fini par abandonner ; position fanatique, mentalement régressive et stérilisante. 

Même s’il est évident que dans le monde arabo-musulman de nombreux États luttent contre l’islamisme intégriste, on notera qu’ils le font – comme le nouveau régime d’Al Sissi en Égypte contre les Frères musulmans –  avec une brutalité inouïe. Cette dernière semble inscrite dans l’atavisme ethno-culturel de toutes ces populations. De plus, l’anti islamisme dans le monde musulman est très fragile et toujours provisoire. On y peut changer d’avis très vite, les retournements d’alliances sont incessants. Rien n’est jamais acquis. 

L’ambassadeur d’Israël en France, Yossi Gal, rappelle que le nouvel État islamique en Irak, le Hamas qui provoque Israël en lançant des roquettes, le Hezbollah, Al Qaïda, les tueurs de Boko Haram au Nigéria « ne font qu’un ». (Le Figaro, 13 août 2014). On pourrait ajouter les Frères musulmans en Égypte, provisoirement neutralisés, les groupes djihadistes en Lybie et dans tout le Maghreb, au Mali et une kyrielle de mouvements similaires en Asie centrale et en Extrême-Orient. Toute cette mouvance islamiste internationale ne vise pas seulement à unifier un Moyen-Orient débarrassé d’Israël sous un ”califat” totalitaire, le règne de la terreur et de l’obscurantisme régressif (exactement comme les talibans d’Afghanistan), mais il cherche à faire basculer progressivement l’ensemble du monde musulman et à s’en prendre par la suite à l’Europe en voie d’islamisation. Ils ne perdent pas de vue leur objectif final, qui est exactement celui de l’islam : le ”califat universel”. Bien entendu, ce dernier est une utopie irréalisable, ne serait-ce qu’à cause de la guerre endémique entre sunnites et chiites. Cette utopie de conquête universelle totalitaire, ressemble, en version archaïque donc paradoxalement plus puissante, aux objectifs du trotskisme et du marxisme-léninisme soviétique au XXe siècle. (1)

Mais le problème, c’est que cet islamisme de djihad impitoyable fascine en sourdine toute une jeunesse dans l’ensemble du monde musulman, qui risque de basculer progressivement. Et en particulier chez les musulmans installés en Europe et en pleine croissance numérique. Le danger, chez nous, n’est pas tant les attentats (dont les effets sont plus psychologiques et médiatiques que réels) qu’un soulèvement insurrectionnel islamique au cours du XXIe siècle : le djihad en Europe, dès que la balance démographique sera favorable, est une hypothèse à envisager. D’autant plus que rien ne nous dit que l’Afrique du Nord et saharienne ne finira pas par tomber entre les mains de régimes islamistes.  

L’actuel gouvernement israélien a commis une erreur stratégique majeure. Alors que le Hamas terroriste était en pleine perte de vitesse auprès des Palestiniens de Gaza par ses provocations qui contribuent à entretenir le blocus (tirs de roquettes, raids par tunnels offensifs en territoire hébreu), par le détournement de l’aide européenne au profit de la corruption et de l’achat d’armements, la riposte israélienne, mal ciblée, trop brutale a retourné l’opinion internationale. (2) La ruse du Hamas a réalisé son objectif provocateur : obtenir un maximum de morts et de destructions parmi la population civile, notamment en l’utilisant comme bouclier. La riposte israélienne militairement mal conçue risque de contribuer à fanatiser les Palestiniens et les musulmans du monde entier, toujours prompts à se poser en martyrs pour justifier le djihad. La bataille de Gaza atténue ainsi les effets négatifs des exactions islamiques commises en Irak.

En tout cas, tous ces épisodes nous font entrevoir qu’en dépit d’oppositions et d’alliances mouvantes et extrêmement compliquées, où les camps n’apparaissent pas toujours clairement, l’islam, dans son ensemble, sera un des principaux facteurs de tensions et de guerres dans le monde du XXIe siècle. Le choc des civilisations est au programme contre le rêve occidental stupide de ”fin de l’histoire”.

La France et l’Europe sont aux premières loges, à cause de la proportion croissante de musulmans en leur sein. La Chine, l’Inde, les USA sont concernés aussi, mais peut-être moins intensément. Le djihad, guerre de conquête religieuse mais aussi ethnique, prendra toutes les formes, souterraines, rusées ou violentes, souriantes et enjôleuses, agressives et intolérantes. (3) Cela est parfaitement conforme à l’essence de l’islam qui ne détermine pas son comportement en fonction de principes intangibles, mais en fonction des circonstances, des rapports de forces. D’où une duplicité permanente.  

Ce qu’on observe aujourd’hui au Moyen-Orient avec la barbarie du djihad islamique peut parfaitement au XXIe siècle se produire en France et en Europe si l’on n’y prend garde. Et si l’on continue à négliger, avec folie douce, l’immigration hors contrôle et les bilans démographiques intérieurs, qui sont les clés de tout.  Au moins, l’avantage de la guerre ouverte, c’est le réveil.   

(1) D’où la trouble sympathie des milieux trotskistes et gauchistes pour l’islam, de manière psychanalytique refoulée.

(2) En Israël même, la violence de la réaction militaire a jeté des troubles dans l’opinion publique, surtout avec la médiatisation internationale des victimes. Il existe un risque d’une rupture de consensus au sein de la société israélienne, déjà très divisée.

(3) Une propagande, issue des intellectuels islamiques du style de Tarik Ramadan,  persuade certains milieux ignorants que le ”djihad” serait une ”conquête intérieure”, un ”effort sur soi-même” et non pas du tout une guerre sainte. C’est une plaisanterie.

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Histoire d'Islam

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ESSYLU 16/08/2014 17:36


Selon vous


1-Qu'aurait du faire Israël: se laisser tirer dessus sans réagir ?


2- Pourquoi n'envisagez vous pas une insurrection armée d'une partie  des français de souche ?

Pivoine 15/08/2014 21:19


Comme je l'ai dit ailleurs sur ce site, en entendant Fabius parler du danger jihadiste en Irak, et dire que notre civilisation pourrait être aussi en danger, je crois que certains politiques
commencent à comprendre qu'en encourageant une telle immigration musulmane, ils ont fait entrer le loup dans la bergerie. Le problème est qu'ils ne peuvent pas le dire franchement, d'abord parce
que ce serait reconnaitre que Jean-Marie Le Pen avait raison, ensuite parce qu'ils craignent la réaction de tous ces immigrés. Ils se trouvent dans une impasse !