États-Unis : La tentation sécessionniste par Eric Martin

Publié le 16 Novembre 2012

Tandis que l'Europe tente de se fédéraliser au détriment des libertés publiques,  des Nations et des peuples, au détriment de la démocratie et en faveur des puissances financières avec, comme cache sexe habituel, le slogan éculé "L'Europe c'est la paix", les Etats-Unis se posent des questions ou plutôt les peuples des Etats américains remettent en cause certains fondements de leur fédération!

Gérard Brazon

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Par Eric Martin

Des citoyens de la Louisiane, du Texas, du Montana, du Dakota du Nord, de l’Indiana, du Mississippi, du Kentucky, de la Caroline du Nord, de l’Alabama, de la Floride, de la Géorgie, du New Jersey, du Colorado, de l’Oregon, de New York, etc. demandent sur le site « We The People » mis en place par l’administration Obama qu’elle accorde à leur État un retrait pacifique des États-Unis d’Amérique. 40 États sont concernés par ce mouvement inédit qui commence à prendre de l’ampleur : ce mercredi à 18h, plus de 97 000 Texans demandaient la sécession (soit près de 4 fois le nombre minimum pour un examen de la part de la Maison blanche), comme 33 000 Louisianais29 000 Floridiens ou 26 600 Tennesséen ! En Caroline du Sud, l’indépendance est réclamée par 20 000 personnes sur une pétition et plus de 13 000 citoyens sur une autre… Pour l’instant, la Maison blanche n’a pas réagi.

Parce que Tocqueville n’avait pas pensé à protéger la majorité des minorités. Une majorité de Blancs conservateurs sociaux et fiscaux (qui ont construit l’Amérique telle qu’elle a existé jusqu’ici) électoralement dominée par une alliance des minorités progressistes et/ou assistées, un État-providence qui ne cesse de progresser et dont est devenu dépendant un pourcentage trop important de la population, notamment urbaine et des côtes, pour espérer son recul, autant de raisons pour les conservateurs des États du Sud et les libertariens de ceux du centre, les seuls où la démarche est réaliste, de quitter l’Union avant d’être contaminés à leur tour par l’étatisme, le fiscalisme pour les deux, ainsi que le progressisme et l’immigration pour les premiers.

On se croirait dans Looking Backward: 2012-2162 A View from a Future Libertarian Republic de Beth Cody, un roman de politique fiction qui propose au lecteur inquiet de 2012 un saut dans le futur, en 2162. Les États-Unis tels que nous les connaissons n’existent plus : tandis que les États à l’est de l’Iowa et au nord de la Virginie demeurent dans l’escarcelle de Washington, D.C., le Texas est une république indépendante aux impôts faibles et dévolus au financement de son armée, les ex-États confédérés se sont recomposés et sont devenus une république conservatrice. La Californie ainsi que la République de Cascadie (les États actuels de Washington et de l’Oregon) sont devenus des États-providence à l’européenne. Enfin, les États du Midwest sont désormais une république libertarienne minarchiste (les Free States), de même que la république du New Hampshire…

Et si l’utopie était en train de commencer à devenir réalité ?

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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Epicure 16/11/2012 12:18


Je suis absolument ravi de lire une chose que j'avais personnellement pensée, prévue,  depuis déjà plus de 17 ans et dit cela alors, à mes amis aùéricains, qui se foutèrent de moi sans
vergogne...!!!!


Je pense que la séparation ne se fera pas comme il est décrit ici, car elle se fera progressivement (et brutalement aussi) par regroupements des ethnies et des idéologies....


Les Etats unis sont séparés par la Même langue (comme disait B. Shaw de Britanniques et Yankees) et la migration intérieure va donc reprendre intensément si le fédéralisme s'étiole et les Etats
deviennent insistants quant à leur mode de fonctionnement: Etat providence  hispanisation africanisation ou Etat Yankee plus ou moins Liberarien ou bien franchement raciste (moins plausible
aujourd'hui pour diverses bonnes raisons) mais surtout civilisationnellement libéral, libertaire et démocratique au meilleur sens du terme.


Ce n'est pas une utopie ni un risque non plus; c'est un fait. Les Juifs qui en ont eu assez de se voir cracher dessus, et de s'entendre dire : fous le camp dans Ta Palestine, ont opté pour un
Etat Juif et pas pour un état de déréliction minoritaire....Les Américains risquent de faire de même pour un Etat qui cesse peu à peu d'être le leur et devient un méli mélo ingérable qui échappe
à leur volonté culturelle, voire religieuse...(comme nous?)...


Il y a beaucoup à dire sur ce thème compliqué...L'avenir nous le dira au plus juste...