Etre contre les religions n’est qu’une opinion... pas un délit.

Publié le 29 Novembre 2012

Par Obraska 

Mr Morsi, le président élu de l’Egypte, qui fut considéré comme un « islamiste modéré », cache mal son projet d’introduire la charia dans son pays. Pour cela il tente de concentrer dans ses mains tous les pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire, mais en affirmant à ses partisans en réaction aux manifestations des opposants, de ne le faire que pour être fidèle à la révolution (à laquelle, me semble-t-il, il n’avait pas participé) et de préserver la liberté et la démocratie. Déclaration surréaliste, à moins qu’il ne s’agisse que d’humour islamiste.

Je me souviens d’un dessin humoristique paru, je crois, dans le Canard où un groupe d’hommes entourait une femme, chacun ayant dans la main une pierre pour la lapider, l’un d’eux serrait une pierre moins grosse que celles tenues par ses voisins mâles et une flèche l’indiquait avec la mention : « islamiste modéré ».

 

Je crois que le terme « islamiste modéré » est un oxymore. Un islamiste, dont l’idéologie est celle d’instaurer une théocratie issue du haut Moyen Âge, n’est modéré que quand il ne peut pas faire autrement en raison des circonstances qui l’obligent à l’être ou à donner le change, du moins pour un temps.

 

Depuis l’expansion de l’islamisme sur la planète et dans la tête des gens, on assiste à un glissement sémantique, amplement favorisé par les médias, entre le terme de musulman et celui d’islamiste, comme il existe une confusion entre la religion musulmane et l’ethnie qui la pratique. Comme dans toutes les religions, toutes les nuances existent entre les musulmans par tradition et peu pratiquants et les fanatiques, mais, paradoxalement, c’est la condamnation des excès et du terrorisme des islamistes, suivie des actions guerrières par rétorsion, qui ont conduit à augmenter par réaction le nombre des pratiquants et des fanatiques.

 

L’islamophobie, qui n’a rien à voir avec un racisme mais avec une méfiance ou une hostilité à l’égard d’une religion restée totalitaire, n’ayant pas encore séparé le spirituel du temporel et dont les mœurs peuvent heurter la culture européenne. Totalitaire au point de vouloir détruire la production  artistique des autres religions. Un chef salafiste égyptien, qui se vante d’avoir participé à la destruction des bouddhas en Afghanistan, a récemment menacé de détruire également les pyramides et le sphinx, « sujets d’idolâtrie » contraires à l’Islam  (Les chrétiens de l’Antiquité ont eu une attitude semblable vis-à-vis des temples grecs et romains, mais le plus souvent en les récupérant sans les détruire, ce qui prouve le retard évolutif des musulmans intégristes). Mr Morsi, « islamiste modéré », n’a, pour l’instant, aucunement réagi à cette déclaration imbécile faite sur une chaîne de télévision (Le Point du 22/11/12).

 

Mettre tous les musulmans dans le même sac fait le jeu des islamistes, et est un des facteurs du succès de leur recrutement, mais la distinction devient de plus en plus difficile, car même les musulmans non fanatiques font preuve d’un prosélytisme irritant dans un pays qui tient à sa laïcité et parfois sous le couvert de la lutte contre l’islamophobie (voir l’affiche : « une famille française » montrant le mari souriant et modestement barbu, la femme, non pas un voile, mais un fichu sur la tête, et deux petites jumelles blondes).

 

Des musulmans et des chrétiens (comme Bush après l’attentat de New-York) n’hésitent pas à utiliser un autre oxymore : « Islam-religion d’amour », les premiers pour séduire, les seconds pour ne pas être accusés d’islamophobie en faisant rentrer en quelque sorte l’Islam dans le giron du Christianisme qui l’est en théorie.

 

Et pourquoi n’a-t-on pas le droit de critiquer et de se moquer de l’Islam comme on peut le faire de toute autre religion ? Quelle régression depuis le siècle des Lumières ! Etre contre les religions n’est qu’une opinion si elle n’est pas agressive, être athée n’est pas encore un délit, et l’islamophobie (le rejet d’une croyance et de ses conséquences) ne devrait pas le devenir, à condition de séparer l’être et sa croyance, amalgame auquel tiennent les musulmans car il leur permet de se plaindre de racisme lorsque l’on discute leur religion.

Obraska 

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Point de vue

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