EURABIA: Une entité euro-arabe islamisé.

Publié le 1 Janvier 2011

            Bat Ye' OrPour bien comprendre le monde économique que nous promettent nos dirigeants politiques et économiques, il faut lire EURABIA. Nos politiques proches ignorent ou feignent d'ignorer. Au plus haut niveau, ils savent que c'est nos cultures européennes qu'ils ont délibèrement sacrifiées à EURABIA.

         En lisant cet extrait, vous comprendrez mieux que ce n'est pas de droite ou de gauche mais bien une question de pouvoir et d'économie.

          Bat ye'or, nous explique en détail dans ce livre les tenants et les aboutissants de ce grand projet. Le reste n'est que de la poudre aux yeux pour citoyens endormis.

Gérard Brazon

 

(...)

«Une politique à moyen et à long terme doit être élaborée dès maintenant afin de réaliser une coopération économique par la conjugaison des réserves de main-d'oeuvre et de matières premières arabes, de la technologie et du "management" européens.»

C'est apparemment cette clause qui fut à l'origine, dès les années 1970, de l'immigration arabe massive en Europe, qui semble avoir été liée aux accords économiques de la CEE avec le monde arabe.

Selon M. Declerq, le recyclage des pétrodollars devait réaliser l'interdépendance de l'Europe occidentale et des pays arabes pour «arriver graduellement à une intégration économique aussi complète que possible». Mais cette intégration économique euro-arabe demeurerait théorique si le volet politique n'était pas réalisé, c'est-à-dire le combat contre Israël. Aussi :
«Une volonté politique réelle doit être à la base de projets concrets de coopération et doit se manifester à trois niveaux : au niveau national, au niveau du continent, au niveau mondial.» Dans cette même optique, «la coopération et la solidarité euro-arabes devaient se réaliser à travers les organisations internationales et les conférences internationales.» Des réunions préparatoires communes et des colloques euro-arabes devaient «être multipliés à tous les niveaux, économique, monétaire, commercial, etc., afin d'arriver à des positions communes.»

Les propositions de M. Declerq furent toutes intégrées dans les Résolutions de l'Association Parlementaire pour la Coopération Euro-Arabe, réunie à Strasbourg (7-8 juin 1975) et publiées dans Eurabia. La section politique des Résolutions visait trois domaines : la politique européenne à l'égard d'Israël, la création d'un mouvement d'opinion favorable aux Arabes, l'accueil des immigrés musulmans en Europe.

Concernant Israël, l'Association s'aligna sur les exigences arabes et réclama le retrait d'Israël sur les lignes d'armistice de 1948, contredisant la résolution 242. L'Association réclamait, en outre, des gouvernements européens, la reconnaissance de l'OLP comme le seul représentant des Arabes palestiniens, point fondamental qu'ils devaient imposer, dans les initiatives qu'il leur incombait de prendre dans la politique conjointe euro-arabe. La CE devait forcer Israël à accepter les droits de la nation palestinienne et l'existence d'un Etat palestinien sur toute la rive ouest du Jourdain et à Gaza.

Au niveau de l'Europe, l'Association réclamait une information favorable aux causes arabes et des conditions spéciales pour les immigrés:
«L'Association réclame des gouvernements européens un aménagement des dispositions légales concernant la libre circulation et le respect des droits fondamentaux des travailleurs immigrés en Europe : ces droits doivent être équivalents à ceux des citoyens nationaux.
L'Association considère le règlement politique du conflit israélo-arabe comme une nécessité absolue pour l'établissement d'une réelle coopération euro-arabe ».

Dans le même paragraphe, l'Association estimait que «le développement harmonieux de la coopération entre l'Europe occidentale et la nation arabe» gagnerait à la libre circulation des idées et des citoyens.

La Résolution économique exprimait son inquiétude concernant des choix politiques qui avaient :
«porté préjudice à la coopération euro-arabe, tellles la création de l'Agence Internationale de l'Energie et la signature d'un accord entre la C.E.E. et Israël, avant l'achèvement des négociations entre la C.E.E. et les pays arabes. A ce sujet, elle demande formellement que la coopération économique entre la C.E.E. et Israël ne s'applique pas aux territoires occupés.»

Eurabia, nouvelle entité culturelle

La Résolution culturelle contenait plusieurs affirmations, dont on citera quelques-unes :
«Reconnaissant la contribution historique de la culture arabe au développement européen;
soulignant l'apport que les pays européens peuvent encore attendre de la culture arabe, notamment dans le domaine des valeurs humaines» ;
l'Association réclamait le développement de l'enseignement de la langue et de la culture arabes en Europe :
«Souhaitant que les gouvernements européens facilitent aux pays arabes la création de larges moyens pour la participation des travailleurs immigrants et de leurs familles à la vie culturelle et religieuse arabe.»

L'Association faisait appel à la presse, aux groupes d'amitié et au tourisme pour améliorer l'opinion publique concernant le monde arabe. Elle «demande aux gouvernements des Neuf d'aborder le secteur culturel du dialogue euro-arabe dans un esprit constructif et d'accorder une plus grande priorité à la diffusion de la culture arabe en Europe. Elle demande aux gouvernements arabes de reconnaître les conséquences politiques d'une coopération active avec l'Europe dans le domaine culturel».

La Résolution se terminait par une condamnation et une accusation d'Israël. Elle «condamne, tout en reconnaissant le droit à l'existence de l'État d'Israël, la volonté sioniste de substituer, sur le territoire palestinien, la culture juive à la culture arabe, afin de priver le peuple palestinien de son identité nationale;
Considérant qu'en effectuant des fouilles dans les lieux saints de l'Islam - partie occupée de Jérusalem -, Israël a commis une violation du droit international, malgré la mise en garde de l'Unesco;
Considérant que des fouilles ne pouvaient qu'entraîner l'inévitable destruction de témoins de la culture et de l'histoire arabes ;
Regrette que la décision de l'Unesco de ne pas admettre Israël dans son groupement régional ait été exploitée avec, parfois, un grand manque d'objectivité».

La réunion de Strasbourg fut suivie, quelques jours plus tard, d'un symposium, au Caire, du Comité Mixte d'experts (14 juin 1975) pour une première formulation des principes généraux et objectifs du dialogue euro-arabe. Le Memorandum conjoint de cette réunion précise, dans son Introduction, que «Le dialogue euro-arabe est le fruit d'une volonté politique commune qui s'est dégagée au niveau le plus élevé, et qui a pour objet l'établissement de relations spéciales entre les deux groupes.»

Les deux parties rappelaient que le Dialogue trouvait son origine dans leurs échanges de fin 1973, et notamment dans la déclaration des Neuf, du 6 novembre 1973, concernant la situation au Moyen-Orient. Il y était affirmé que la croissance et l'épanouissement de la coopération économique euro-arabe dans un vaste domaine d'activités se fondaient sur cette entente politique concernant Israël. Dans le domaine économique, le dialogue avait pour but «d'établir les conditions fondamentales du développement du Monde arabe dans son ensemble et [de] réduire le fossé technologique qui sépare les pays arabes des pays européens.»

Parmi les innombrables domaines de coopération énumérés dans le Memorandum, est mentionnée la coopération dans la technologie nucléaire, dans la finance, la banque et la gestion des capitaux, dans la recherche scientifique, le développement technologique, la formation technique et professionnelle, l'utilisation de l'énergie nucléaire. La formation de personnel spécialisé pour les nombreux projets envisagés se ferait «soit par l'envoi d'équipes d'experts européens, en vue de former la main-d'oeuvre arabe, soit par la formation de cette main-d'oeuvre dans les établissements des pays de la Communauté.» Il était prévu de mettre en place une coopération «effective et d'échanges d'informations entre universités arabes et européennes» dans les méthodes de recherche, divers programmes et projets.

La section concernant la «Coopération dans les domaines de la culture et de la civilisation» précisait que son principal objectif était la consolidation et l'approfondissement des bases de la compréhension culturelle et du rapprochement intellectuel entre les deux régions.

À cette fin, diverses mesures étaient prévues, dont la création d'une institution culturelle euro-arabe commune, des échanges d'experts, le développement des rapports dans les domaines de l'éducation et du tourisme. Enfin, les problèmes de main-d'oeuvre des travailleurs émigrés devaient être réglés par l'égalité de traitement concernant :1. la situation de l'emploi; 2. les conditions de vie et de travail ; 3. les régimes de sécurité sociale.

Après presque trois décennies, quel fut l'impact, sur le continent Europe, de cette politique qui scelle, en un seul bloc lié au monde arabe, des secteurs en principe indépendants: l'économie, l'immigration, la politique et la culture?

L'engrenage : l'instrumentalisation arabe de la Communauté européenne

Dans cette corrélation entre secteurs économique et politique, l'on constate tout d'abord la différence de niveaux entre les perspectives de la CE et celles de la Ligue Arabe. La CE recherche le rendement économique, le profit, par une stratégie d'expansion sur les marchés pétroliers, commerciaux, industriels. Son action se caractérise uniquement par un pragmatisme affairiste de gestionnaires-technocrates qui élaborent des programmes d'assistance et de développement régionaux, et réalisent des ventes massives d'armes, d'équipements nucléaires (Osirak en Irak) et industriels, dans la course au profit.

La partie arabe, par contre, exploite l'économie comme le moyen radical d'instrumentaliser la CE dans une stratégie politique à long terme visant Israël, l'Europe et l'Amérique. L'emprise politique arabe sur l'économie de la CE imposera rapidement à cette dernière les directives politiques arabes concernant Israël. L'un des délégués arabes exprimait bien l'esprit du Dialogue, lors de la réunion d'experts de la Coopération Euro-Arabe, à Amsterdam, en 1975 :

«Les Européens et les Arabes peuvent, par une stratégie d'interdépendance, faire progresser la suppression de la source d'irritation constante dans leurs flancs - le problème israélien - et s'atteler à la tâche herculéenne qui est devant d'eux.» (10)

Les accords économiques entre la CE et le monde arabe sortant de la sphère des traités commerciaux conduisirent à une inféodation progressive de l'Europe aux objectifs politiques arabes. Le DEA [Dialogue Euro-Arabe] devint - surtout avec la France - une diplomatie associative dans les forums internationaux, où la CE s'alignait sur les positions antisionistes arabes. Véhicule de légitimation et de propagande de l'OLP, le DEA lui procura une reconnaissance diplomatique internationale et conféra à Arafat et à son mouvement terroriste une honorabilité et une stature internationales. C'est au sein du DEA que se construisit toute la politique de guerre contre Israël, aux niveaux nationaux et internationaux de la CE, dans les syndicats, les médias et les universités. Le DEA fut le porte-voix qui diffusa et popularisa dans toute l'Europe la démonisation et la diffamation d'Israël. La France, la Belgique et le Luxembourg furent les agents les plus actifs du DEA.

En Europe même, la stratégie arabe se développa principalement dans trois directions :

1) obtenir la parité économique et industrielle avec l'Occident par le transfert des technologies modernes, notamment nucléaires et militaires;

2) implanter sur le sol européen une large population musulmane jouissant de tous les droits politiques, culturels, sociaux et religieux des pays d'accueil ;

3) imposer la marque politique, culturelle et religieuse de l'arabo-islamisme dans l'espace européen par une immigration qui demeurerait politiquement et culturellement attachée aux pays d'origine. Les pays arabes demandaient un transfert de technologie, la coopération dans le développement nucléaire et le développement industriel.

Au niveau géostratégique, la Coopération Euro-Arabe fut un instrument politique d'anti-américanisme en Europe, visant à séparer et affaiblir les deux continents par l'incitation à l'hostilité réciproque et par le dénigrement permanent de la politique américaine au Moyen-Orient.

La synchronisation de l'importation de main-d'oeuvre islamique en Europe avec l'exportation de produits européens dans les pays arabes, permit l'implantation définitive de plusieurs millions d'immigrés musulmans, processus dont la rapidité et l'ampleur sont uniques dans l'histoire. Même au cours de la colonisation européenne, l'émigration d'Européens vers les colonies procédait à un rythme infiniment plus ralenti. Le nombre de colons européens, descendance comprise, même après un ou deux siècles maximum, fut incomparablement inférieur à celui des immigrés musulmans actuels dans chacun des pays d'Europe, après trois décennies seulement.

Le laxisme politique des gouvernements européens fut aggravé par l'octroi aux pays arabes de la faculté d'exporter, avec leur population, leur culture et leur moeurs (Déclaration du DEA [Dialogue Euro-Arabe], à Damas, 11 sept. 1978). Cette implantation culturelle en Europe, intégrée dans l'immigration, c'est-à-dire le transfert de millions de musulmans d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie, avec leur culture d'origine, dans les pays d'accueil, avait déjà été planifiée au cours du séminaire Euro-Arabe tenu à l'Université de Venise (28-30 mars 1977), sur «Les moyens et les formes de la coopération pour la diffusion, en Europe, de la langue arabe et de sa civilisation littéraire.» Le Séminaire fut organisé par l'Instituto per l'Oriente, à Rome, et la Faculté de Langues étrangères, section de littérature arabe, de l'Université de Venise. Les participants comptaient 14 universitaires des pays arabes, 19 arabisants des universités européennes, de nombreuses autres personnalités liées au monde musulman, ainsi que le représentant de l'Institut Pontifical des Etudes Arabes, à Rome. Le séminaire était intégré au Dialogue Euro-Arabe, c'est-à-dire avec l'assentiment du Président de la CE et des ministres des Affaires étrangères de chaque pays qui y était représenté. Les participants arabes représentaient l'Algérie, l'Arabie Saoudite, l'Egypte, l'Irak, la Jordanie, le Qatar, le Soudan et la Tunisie. (11)

Parmi les sujets abordés durant les quatre sessions de travail, les rapporteurs européens présentèrent leurs rapports sur la diffusion et la connaissance de l'arabe et de la civilisation des Arabes dans leurs pays respectifs. Les délégués arabes, de leur côté, exposèrent les méthodes d'enseignement facilité de l'arabe pour les non-Arabes, qu'ils pratiquaient dans leur pays. Le Séminaire se conclut par l'adoption de nombreuses Recommandations. On ne peut les reproduire toutes ici, mais leur teneur générale préconise la création, dans les capitales européennes, de Centres de diffusion de la langue et de la culture arabes dans tous les pays européens, en coordination avec les pays arabes. Ce projet prévoit l'installation, dans les Instituts et les Universités européens, de professeurs arabes spécialisés dans l'enseignement aux Européens.

«Les participants à ce séminaire présentent unanimement les recommandations suivantes à l'attention des gouvernements des Etats membres de la Communauté Européenne et de la Ligue des États Arabes:

1. Coordination des efforts faits par les pays arabes pour diffuser la langue et la culture arabes en Europe et trouver la forme appropriée de coopération, parmi les Institutions arabes opérant dans ce domaine.

2. Création, dans les capitales européennes, de Centres Culturels Euro-Arabes jumelés, qui entreprendront la diffusion de la langue et de la culture arabes.

3. Encouragement, au niveau universitaire ou à d'autres niveaux, des institutions européennes concernées par l'enseignement de la langue arabe et la diffusion de la culture arabe et islamique.

4. Soutien aux projets jumelés de coopération entre des institutions européennes et arabes dans la recherche linguistique et l'enseignement de la langue arabe aux Européens». (12)

La 10e recommandation stipule que l'enseignement de l'arabe doit être lié à la culture arabo-islamique et aux préoccupations arabes actuelles. La 11e souligne la nécessité de coopération entre les spécialistes européens et arabes afin de présenter un tableau objectif de la civilisation arabo-islamique et des problèmes contemporains arabes aux étudiants et au public éduqué européen, afin d’attirer [ce dernier] vers les études arabes. Les résolutions suivantes définissent les formes de coopération entre universités arabes et européennes et leurs spécialistes respectifs, ainsi que l'organisation du financement nécessaire à ce projet d'arabisation dans la CE.

La 19e et dernière recommandation considère comme nécessaire l'établissement d'un comité permanent d'experts arabes et européens, chargés de contrôler le suivi et l'application des décisions concernant la diffusion de l'arabe et de la culture arabe en Europe, dans le cadre du Dialogue Euro-Arabe. Ce cadre traduisait l'approbation des ministres des Affaires étrangères des pays de la CE et de sa présidence, en relation avec le Secrétaire de la Ligue des pays arabes, ainsi que les autres diplomates représentés dans la Commission Générale, dont les travaux se déroulaient à huis-clos et sans procès-verbaux.

Bat Ye'or

Rédigé par Gérard Brazon

Publié dans #Politique Française

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